Antoine d’Abbadie, à fleur de mots

La passion d’Antoine d’Abbadie pour les sciences et les voyages n’est un secret pour personne. Ce que l’on sait moins, c’est que ce savant passionné de géographie et d’astronomie était également un poète dans l’âme. Un scientifique poète… paradoxal me direz-vous ? Pas tant que ça ! Parce que les scientifiques peuvent aussi être à fleur de mots ! Antoine d’Abbadie le prouve en étant à l’initiative de ce qu’il appelle les jeux floraux.

Les jeux floraux kézaco ?
Probablement inspirés des concours poétiques inventés par les occitans au Moyen Age, les jeux floraux sont une sorte de poésie chantée, voire déclamée en langue basque. Ils font leur apparition en 1851 à Elizondo et sont renouvelés chaque année jusqu’en 1896. Ils se tiennent le plus souvent durant des fêtes basques et trouvent leur place entre parties de pelote et autres jeux traditionnels.

Les jeux floraux, kéza(pourquoi) ?
La raison de la mise en place de ces jeux floraux réside dans l’amour d’Antoine d’Abbadie pour la poésie mais aussi pour la langue basque. Il a à cœur de diffuser cette langue et ainsi de maintenir les coutumes de son pays basque natal. C’est pour cette raison qu’il met en place des concours annuels qui connaissent un tel succès qu’ils finissent par s’exporter du côté de la frontière espagnole.

Les jeux floraux, kéza (comment) ?
Ces jeux se déroulaient toujours de la même manière : chaque année, Antoine d’Abbadie élisait la ville dans laquelle les fêtes basques étaient célébrées. Les jeux floraux prenaient la forme de concours auxquels tous les basques (français et espagnols) pouvaient participer. Antoine d’Abbadie, en maître de cérémonie, offrait une once d’or et un makila au vainqueur. Les thèmes abordés au sein de ces poésies reflétaient les inquiétudes et la vie des basques de l’époque : « L’éloge de l’agriculture et de la vie paysanne », « la femme buveuse », la fête du saint patron des peuples »…

Les jeux floraux, kéza (maintenant) ?
Le Bertsolarisme est le digne héritier des jeux floraux. Cet art devenu à la mode est enseigné dès le plus jeune âge dans la majorité des écoles basques. Des compétitions sont également organisées et suivies par de nombreux passionnés. Ces vers chantés ont bien évolués : ils ne sont plus seulement à visée poétique, ils sont à présent conçus pour faire rire, régler des comptes et même faire une déclaration d’amour à l’être convoité.

Envie d’en savoir plus, rendez-vous dans la demeure d’Antoine d’Abbadie :  le Château Observatoire Abbadia.

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