Le mystère plane autour de la Prison des Evêques

Construite aux alentours du XIIIème ou du XIVème siècle, la Prison des Évêques, lieu emblématique de la ville de Saint-Jean Pied de Port, n’a visiblement pas fini de livrer tous ses mystères. Notamment en ce qui concerne sa vocation originelle. Les premières traces concrètes retrouvées autour de sa véritable fonction datent de 1795. A cette époque, elle sert de prison municipale. Puis, dans les années 1800, elle sert de locaux disciplinaires pour les soldats postés à la citadelle ayant refusé de coopérer ou commis une faute. Puis viennent les années 1940 où les allemands y interceptent et y enferment tous ceux qui refusent de partir en service obligatoire. Ces derniers tentaient de s’expatrier en Afrique du nord ou en Espagne. Etablissement pénitentiaire ou lieu de sûreté du XVIIIème au XXème siècle, à quoi pouvait-elle bien servir au Moyen Age ? Mystère !

1. Une première version raconte qu’elle fut reconstruite pour servir d’Hôtel de Ville. Le sous-sol servait de prison, tandis que le rez de chaussé servait au logement d’un concierge et éventuellement de gardes. Le premier étage quant à lui, renfermait les archives de la ville et accueillait les nombreuses délibérations de jurats.

2. Une seconde version rapporte qu’elle servait de salle d’entrepôt pour les draps et les laines provenant d’Espagne. Il est établi qu’au XIIème et XIIIème siècle il existait un important trafic de ces matières vers les régions de Champagne et de Flandres.

3. Une troisième version assure qu’il s’agissait d’une salle de réunion, ou encore d’une halle destinée aux marchands s’ouvrant sur les rues et longeant les remparts.

4. Une quatrième et dernière version clame qu’il s’agissait tout naturellement d’une ancienne chapelle. Cette affirmation repose sur ses ouvertures en ogives, et son orientation d’Est en Ouest, caractéristique des constructions à vocation religieuse.

De nombreuses recherches ont été faites à ce sujet mais aucune n’a pu aboutir à en définir une vocation officielle pré-XIIIème siècle. Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui cet édifice renferme une exposition permanente autour des chemins de Compostelle ainsi que des expositions temporaires aux thématiques riches et variées.

Venez vous imprégner de l’ambiance des lieux et peut-être y trouverez-vous des indices, ou de l’inspiration qui vous conduiront vers une résolution totale ou partielle de ce mystère ! (Si c’est le cas, tenez-nous au courant.)

Pour en savoir plus, contacter la Prison des Évêques.

Crédits photo : Association les amis de la vieille Navarre

 

Rendez-vous sous le porche.

Comme j’ai la chance de pouvoir me poser un peu partout et donc de voir le Pays basque à la loupe, j’ai décidé de vous en faire profiter. Ce soir je vous donne rendez-vous sous un porche basque. Mais lequel ? Pour me rejoindre suivez les indications ci-dessous. J’espère que vous ne me ferez pas attendre trop longtemps, je suis un peu impatiente… Combien de temps mettrez-vous à me retrouver ?

Atterrissage : Je viens d’arriver. Il pleut, je me réfugie au chaud sous le porche en vous attendant. Faites-vite. Vous le reconnaîtrez, il est fait de pierre calcaire.

A l’affût : Je ne vous vois toujours pas. Au fait vous ai-je dit que son portail est étonnant car il n’est pas en harmonie avec le reste de l’édifice ? J’ai hâte de vous voir arriver. Tiens le soleil vient se montrer.

Espoir : Je vois une silhouette planer, et elle ressemble étrangement à la vôtre. Serait-ce vous ? Ah, raté, elle ne fait que passer. Revenons à ce porche, je viens d’apprendre que son tympan est le seul élément d’origine et représente une des scènes les plus courantes dans la sculpture romane : le Christ en Majesté.

Impatience : Depuis le temps que je vous attends, j’ai pu remarquer que le Christ est entouré d’un mandorle symbole de la divinité. Ah ! Et aussi, qu’est ce que je distingue là… il est assis sur un trône une main levée et l’autre tenant un rouleau.

Précisions : Je crois aussi que 4 figures l’entourent, un ange en haut à gauche, un aigle (notre pire cauchemar) en haut à droite, un lion en bas à droite, et un taureau en bas à gauche. Ça vous aide ?

Vertiges : J’ai une vue pigeonnante sur les gens qui entrent et qui sortent. Ça commence à me donner le tournis. En plus le vent commence à souffler dans mes plumes. Où êtes-vous? Ce que ces figures symbolisent? (Depuis le temps que je vous attend j’ai eu le temps de me renseigner) Toutes ensembles, elle se nomment « Tétramorphe », et sont à la fois associées à 4 évangélistes, aux 4 vivants symboles de la création, et aux 4 points cardinaux qui représentent le monde.

Frissons : Il commence à faire froid, en plus d’un sac de graines, habillement chapardé dans un sac de courses près d’ici, j’ai réussi à me procurer ce bout de papier… si ça peut vous aider : 

Désespoir : La lumière du jour devient de plus en plus faible, que puis-je vous dire de plus ? Ah, j’oubliais l’essentiel, c’est peut être pour cela que vous ne m’avez pas trouvé. Le porche est actuellement en cours de restauration (nettoyage + patinage) afin qu’il puisse s’intégrer le mieux possible à l’édifice. Et pour que vous me reconnaissiez, je me suis taillée les griffes et je porte la bague bleue que vous m’avez offerte. C’est qu’il y a du monde ici !

Soulagement :  Ah je crois que je vous vois ! Vous volez à toute allure! Attention le  réverbère…

Réception : Vous voilà enfin ! Mon pauvre petit pigeonneau ! Pas trop sonné ? Où étiez-vous ? Encore sur la place du village à picorer les morceaux de pain égrainés par mamie Denise je parie ! Venez tout contre moi, et gonflez vos plumes. Plus romantique qu’un pigeonnier pour passer la nuit n’est-ce pas ? En plus je trouve que cet endroit a un petit quelque chose de sacré.

Où se sont donnés rendez-vous nos deux petits pigeons ? Vous avez une idée ?

Volez sous la photo pour connaître la réponse :

ǝsıɐlq ʇuıɐs lɐʇıdôɥ,l ǝp ǝsılƃé,l ǝp ǝɥɔɹod : ǝsuodéɹ

Nuit insolite à Saint-Jean Pied de Port : 41 rue de la Citadelle

Qui m’aurait dit qu’en passant à St-Jean Pied de Port, je passerais une nuit en prison ?…

Un week-end de randonnée en Pays Basque, voilà une belle occasion de profiter du grand air et se changer les idées.
Le programme concocté par mon amie Maya : départ de Bayonne au matin, destination Saint-Jean Pied de Port, pour marcher sur les pas des pèlerins de Compostelle.
Une fois la voiture garée, nous voilà partis à l’assaut de la citadelle et des Pyrénées !

Balade dans le village, passage au-dessus du ruisseau Artzuby, traversée des vignes à flanc de montagne… Pause pique-nique. Là, une vue imprenable sur les crêtes des Pyrénées et la vallée…
De retour en fin Prison des Evêques à St-Jean Pied de Portd’après-midi à St-Jean Pied de Port, la tête pleine de merveilleux paysages, nous faisons un tour du village, et tombons face à une grande bâtisse, dont le nom nous intrigue : Prison des Evêques. Maya insiste, elle veut absolument faire la visite ! Nous regardons les horaires de visite, il faut nous dépêcher, car la fermeture est proche… seulement 30 minutes. J’y vais à reculons, moi, je n’aime pas les visites… Ah non, pas de guide ! Nous voilà donc partis en solo !…

Ce monument, la Prison dite des Evêques est entourée de mystères sur ses origines… Le corps de garde, un vaste couloir au rez-de-chaussée qui donne accès aux cellules disciplinaires… finalement, c’est assez spacieux, mais pas très confortable : en guise de couche, une dalle de pierre inclinée. Maya part devant, elle veut absolument voir l’exposition sur les Chemins de Compostelle

Tant de souvenirs sont gravés ici : des chaînes scellées contre les murs, avec un collier. J’imagine ce lieu quand il était prison… au travers des siècles…
Soudain, une porte qui grince, un claquement qui retentit, un bruit de clés, la lumière s’éteint, plus de repères … je crie mais personne ne me répond ! J’avance à tâtons, jusqu’à une porte en bois : fermée ! Me voilà condamné à passer la nuit ici. Peut-être y aurait-il une autre sortie…
Le temps que mes yeux s’habituent à la pénombre, je découvre les lieux à la lueur des lucarnes.
Je m’avance dans le couloir jusqu’à un escalier exigu… j’ai l’impression d’entendre quelque chose en bas, c’est peut-être Maya, mais pourquoi ne me répond-elle pas ? Je descends prudemment, marche après marche. Plus je descends, plus je distingue les sons : comme des coups de marteaux sur la pierre, réguliers, des bruits d’outils, des chuchotements.
J’entre dans une vaste salle voûtée médiévale : vide !

J’observe ce qui m’entoure : les parois intérieures en pierre, d’étranges signes sont gravés sur la voûte ; ce sont certainement ces fameuses marques de tâcherons dont m’a parlé Maya, la signature des tailleurs de pierre du Moyen-Age.
Je poursuis mon exploration, une petite pièce sur le côté… Je fais face à un homme en costume, il me semble immense ! C’est un chevalier, je vois son armure, son épée…
Arrrgh ! Il fonce vers moi… je l’évite de justesse en me jetant au sol. Je me relève, le silence…
Je fais le tour de la salle, on dirait une ancienne porte, mais maintenant murée… De ce côté, pas d’issue.

J’entends un cri à l’étage, je ne sais que faire… Si seulement Maya était là, elle aurait sûrement une idée. Des bruits de chaînes, des plaintes… Je prends mon courage à deux mains et repars vers l’escalier, pénètre dans le couloir sombre. Je file tout droit, sans regarder sur les côtés.
Une grosse porte de bois avec une imposante serrure… des graffitis vestiges de l’histoire du lieu. Je déchiffre deux noms : Joubert, Himelspach… Je me demande de quand ça date, de la seconde guerre mondiale, quand les Allemands enfermaient les fuyards qui tentaient de rejoindre l’Espagne ou du XVIIIe, avec les soldats de la garnison…
Soudain, j’entends des pas, je me jette dans une pièce sur le côté pour me cacher… Je me retourne et là, horreur ! Je me retrouve enfermé dans une cellule, enchaîné avec d’autres prisonniers…
Au secours ! A l’aide !

J’entends une voix au loin, enveloppée de mystère… Peyo, Peyo… réveille toi !
Et soudain, je sens une main sur mon épaule ! C’est Maya qui me secoue. Je suis en nage, elle me regarde, surprise, et me demande de quoi je rêvais pour m’agiter comme ça… Finalement ce n’était qu’un mauvais rêve !
Ce qui est sûr, c’est que je m’en souviendrai de notre escapade à Saint-Jean Pied de Port !

La Villa Arnaga labellisée Maison des Illustres

C’est officiel depuis ce printemps ! La célèbre Villa Arnaga, ancienne demeure d’Edmond Rostand, vient de se voir attribuer le label Maisons des Illustres par le ministère de la Culture et de la Communication. La villa du père de Cyrano de Bergerac rejoint les 170 autres lieux d’histoire et de culture en France.

Logo Maisons des illustresLa distinction Maison des Illustres est destinée à signaler au public les lieux qui conservent et transmettent la mémoire des acteurs politiques, religieux, industriels, scientifiques et artistiques qui les ont habitées. Ces 171 Maisons font le lien entre histoire locale et histoire nationale, saisie de l’intime et grand vent de l’histoire, héritages transmis et création artistique.

Dispositif de valorisation du patrimoine et de l’action culturelle sur l’ensemble du territoire français, il est décerné aux Maisons qui ouvrent leurs portes aux visiteurs plus de quarante jours par an. Il garantit un programme culturel d’excellence adapté à tous les publics, notamment le public scolaire et les personnes en situation de handicap.

Le label Maisons des Illustres est attribué pour une durée de cinq ans au terme d’une procédure instruite poar les directions régionales des affaires culturelles et une commission nationale d’attribution animée par la direction générale des patrimoines.

Le label Maisons des Illustres appartient aux réseaux gérés par le ministère de la Culture et de la Communication : Musées de France, Villes et Pays d’Art et d’histoire, Jardins remarquables, Patrimoine du 20ème siècle.

La Villa Arnaga désormais labellisée rejoint ainsi le Château de la Brède de Montesquieu (Gironde), le Château Abbadia à Hendaye, le Château Musée Henri IV à Nérac (Lot-et-Garonne) ou encore le Château Musée Lafayette (Haute-Loire).

Villa Arnaga

+ Découvrir la Villa Arnaga à Cambo-les-Bains

La maison basque Ortillopitz remonte le temps

Elle est l’âme de tout un peuple, elle est la pierre angulaire de la vie sociale au Pays Basque, la maison basque, l’etxe. A Ortillopitz, on y entend battre le coeur des hommes. Visite guidée.

La maison basque OrtillopitzCe n’est pas un hasard si Jean Elie Tapia, gardien des lieux, reçoit ses visiteurs sous le lorio. Si le porche permettait de travailler à la lumière sans craindre les intempéries, il était également l’entrée officielle de la maison, une signification importante au Pays Basque. Il faut au visiteur quelques secondes d’adaptation en passant la lourde porte d’entrée, dû au contraste de lumière. A Ortillopitz, c’est dans une maison d’armateur que l’on entre, l’homme est sans doute au port de Saint-Jean-de-Luz pour affaires… C’est sa maison qu’on découvrira au fil des pas, au fil des pièces, et notamment son bureau, où trônent encore ses compas, ses livres de compte et sa carte.

C’est par le chai que commence la visite. Intact, en l’état. Petit détail, ou pas, on a oublié d’y refermer le saloir. C’est ici qu’on entrepose les tonneaux de cidre de la production maison, issus des 12 hectares de pommiers d’Ortillopitz. Un bon cidre qui partira sur les navires à quai à Bayonne, où à raison de deux litres par jour et par homme, les marins seront protégés des mauvaises maladies.

A l’étage, que l’on atteint en gravissant de grandes marches de chêne usées par le temps, la sukalde. La cuisine, pièce maîtresse de la maison basque, organisée autour du foyer. En son centre le zuzulu ou zizailu, le banc traditionnel basque dont le dossier protège des courants d’air, quelquefois affublé d’une petite tablette pour le repas. Tout autour, la cheminée, le four à pain, l’évier haut et le vaisselier habillent la sukalde, dont les fenêtres laissent passer quelques rais de lumière qui viennent magnifier ces objets du passé.

Le bureau de la maison basque OrtillopitzIl ne faut pas aller bien loin pour découvrir le bureau de l’armateur. Attenant à la cuisine, comme pour être proche des siens, le propriétaire a opté pour une pièce simple, mais fonctionnelle. Un bureau, une malle, et un peu de décoration, avec cette ancre posée au sol qui n’est pas sans rappeler le métier de l’homme de la maison.

Il faut suivre le couloir pour entrer dans les chambres de la maisonnée. On se projette quelques siècles en amont, en 1630, du temps où les draps de lit étaient faits de lin, tendus sur des matelas de laine. Un vrai bond dans un temps qu’on a du mal à imaginer, et qui pourtant a bien existé.

Il reste encore un étage à gravir avant de quitter cette belle etxe. Pour s’immiser dans le large grenier baigné de lumière. Là-haut l’histoire des hommes est posé à même le sol, suspendu aux poutres de chêne, entassé sous les mansardes. Un passé de culture du piment et du maïs, de travail dans les champs, de dur labeur, les outils sont là pour en témoigner. Mais avant de rebrousser chemin, jetons un oeil à travers les basses ouvertures. Comme pour ajouter à ce tableau paisible et intemporel, le cheval de la maison, couché, confiant, se repose dans l’herbe fraiche du jardin. Un tableau enchanteur ? Pas forcément, un tableau basque, tout simplement.

+ Visiter la Maison Basque de Sare Ortillopitz.
+ Voir les articles du blog liés à la Maison Basque Ortillopitz.

Arnaga, où comment l’écrivain a exprimé ses talents d’architecte

Trois ans seulement auront suffi à transformer la Villa Arnaga en oeuvre majestueuse, pour passer de l’idée à la concrétisation, du rêve à la pose de la dernière pierre. En gérant au millimètre près ce projet, Edmond Rostand nous révèle qu’il n’était pas seulement écrivain, mais aussi un visionnaire capable de décrire et de dessiner avec talent les esquisses de son futur petit Versailles.

Lettre d'Edmond Rostand à son architecture Joseph Tournaire« Cambo, 29 juin 1904
Cher Monsieur Tournaire,
J’ai été enchanté par votre idée de fontaine, ainsi que vous le disait ma dernière lettre, d’autant plus qu’elle complète à merveille un petit ensemble que je rêvais pour la terrasse côté Cambo… ».

Des lettres comme celles-ci, la conservatrice de la Villa Arnaga en compte des dizaines. Pour réaliser les caprices et désiratas du maître, Joseph Tournaire, architecte de renom, entame un grand travail avec Edmond Rostand. Lauréat du Grand Prix de Rome, pensionnaire de la Villa Médicis, architecte officiel de la Ville de Paris, enseignant à l’Ecole des Beaux-Arts… Tournaire est l’homme qu’il faut au poète Edmond Rostand pour exprimer dans la petite ville thermale de Cambo la somptueuse demeure labourdine.

Croquis de la terrasse de la Villa Arnaga« Je désire que vous dalliez une partie de cette terrasse avec des dalles très irrégulières, dont on fixerait l’irrégularité par des croquis comme je le fais ci-joint, parce que l’expérience m’a prouvé que l’irrégularité laissée à la fantaisie des ouvriers est toujours timide… ». Si l’architecte met une véritable armée d’ouvriers à l’oeuvre pour construire la maison, le poète suit de près les travaux. Il en est même l’instigateur, et ses idées sont… des ordres. Edmond Rostand sait ce qu’il veut pour sa maison : ce qu’il imagine en rêve, le plus beau.

Bien qu’une grande partie des matériaux soient acheminés de Paris, Toulouse, Bordeaux, et même d’Angleterre, Arnaga s’élève avec une rapidité surprenante. Le chantier avance à grands pas, les débats passionnés enflamment les deux hommes, qui paraissent mener une course contre la montre. De 1903 à 1906, Edmond Rostand n’a plus qu’Arnaga en tête, la marge de son oeuvre Chanteclerc est criblée de plans, de croquis de balcons, balustrades et pergolas. Pendant quelques mois, l’oeuvre de pierre prend le pas sur l’oeuvre de l’esprit.

Croquis de l'escalier de la Villa ArnagaMais le résultat est à la hauteur. Le gros oeuvre terminé, les journalistes se succèdent sans relâche pour venir admirer « l’immense ferme basque remplie d’ouvriers ». Puis vient le temps de sublimer l’intérieur. Le grand hall et sa frise murale de Gaston Latouche, le cabinet de travail communiquant avec la bibliothèque, à l’étage, les peintures de Jean Veber illustrant des contes de fées. Rostand travaille l’intérieur de sa maison comme un sublime décor de théâtre où rien n’est laissé au hasard, où chaque pièce doit être aussi belle que l’autre. Dans une correspondance envoyée à sa femme Rosemonde en villégiature à Paris pendant quelques semaines, le poète déclarera tout de même, quelque peu inquiet : « Ma chère Rose, c’est fou d’avoir acheté tout ça,… ça m’amuse, j’en rêve, mais aussi je me demande où nous trouverons l’argent pour payer tant de choses, malgré les soit-disantes faveurs de Truffaut ». Epouse, confidente et assistante, Rosemonde suivra son mari pas à pas et consciencieusement tout au long du projet.

Viennent enfin les jardins. De nombreux documents témoignent de l’investissement d’Edmond Rostand pour leur réalisation. L’auteur, qui fourmille d’idées, n’hésite pas à faire transplanter des arbres âgés de 30 ans. Son fils Jean raconte que « De sa main, il avait dessiné chaque parterre, chaque massif, chaque plate-bande, marqué l’emplacement de chaque bosquet d’arbres, de chaque buisson. Il avait longuement réfléchi sur la disposition d’une roseraie, sur la hauteur d’une charmille, sur la taille d’un if, sur la courbe des guirlandes de lierre qui unissaient les platanes de la grande allée. »  Encore une fois le résultat est surprenant : les jardins, à thème, sont une merveille d’effets visuels.

+ Visiter la Villa Arnaga, demeure d’Edmond Rostand
+ Lire l’article « Villa Arnaga : clichés volés ».

Le bestiaire du Château d’Abbadia, ou quand la jungle s’invite sur la côte basque

Crocodiles, serpents, éléphants, singes… une faune exotique habille les murs du Château Observatoire Abbadia, dont l’architecture atypique n’est pas sans rappeler les voyages du savant Antoine d’Abbadie.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore ce manoir irlandais aux allures de conte de fée surplombant les falaises et l’océan, nous vous présentons aujourd’hui quelques habitants du château Abbadia. Des habitants un peu singuliers… un serpent, des crocodiles, des singes, des éléphants, qui côtoient des coquillages dans lesquels on n’attend plus que les visiteurs pour écouter la mer…

Il faut prendre le temps de flâner autour du Château d’Abbadia pour les rencontrer. Au détour d’un mur ou d’une façade, posé délicatement sur un poteau ou un escalier. Les premiers habitants que l’on croise ne sont pas bien loin.  Tels deux gardiens qui semblent protéger l’accès au porche de la maison, les crocodiles en pierre accueillent tous les visiteurs au Château Abbadia. Par leur gueule grande ouverte, mais par une inscription en gaélique également : « Cead Mile Failtce », « Cent Mille Bienvenues », qui rappelle comme le savant aimait à recevoir en sa demeure au Pays Basque.

Ne quittons pas le porche car le chien de la maison a pris ses quartiers en haut de l’escalier. Fier et droit, sur son collier sont gravées les initiales des maitres des lieux : Antoine d’Abbadie et Virginie, son épouse. Au-dessus de lui, la grenouille, sur ses gardes, prête à faire un bond, lui tient compagnie.

Entamons maintenant notre tour du château. Deux serpents nous y attendent : l’un enlacé autour d’un pieu, gueule béante, prêt à mordre et qui semble hurler… Brrrr. L’autre gravissant une façade, ton sur ton, pierre sur pierre, discrètement, dangereusement prêt d’une fenêtre… Méfions-nous.

L’escargot quand à lui n’est pas peu fier. Si le temps a commencé à craqueler sa carapace et son corps de pierre, il garde la tête haute, prêt à braver tous les éléments : froid, neige, vent, pluie, chaleur. Petit, mais costaud ! Jolie rencontre.

Le chat aurait-il attrapé une souris, un rat ? Quel est donc cet animal qui scrute l’océan ? En position de chasse, la patte en avant, ses griffes tiennent fermement une proie, imprégnée dans la pierre à tout jamais. Continuons.

Ou plutôt levons les yeux car au-dessus du lui c’est à un éléphant que nous avons affaire… Avec pour buste une colonne du château, seule sa tête prend du relief, les oreilles plaquées en arrière, face au vent d’ouest qui souffle de l’océan. Et en regardant de plus près, on découvre celui-ci soit affublé d’un joli collier.

Enfin, dernière rencontre, mi-homme mi-singe, quel est donc ce personnage singulier qui se prend pour un astronome ? A moins que ce ne soit un marin ? Perché, inatteignable, avec sa lunette ou sa longue-vue et ses pieds enlacés, ce guetteur serait-il prisonnier du château ?

Découvrez vous aussi les habitants du château, et tous les secrets à l’intérieur de ses murs. Le Château Observatoire Abbadia se visite toute l’année !

Villa Arnaga : clichés volés

Il faut visiter et revisiter la demeure basque d’Edmond Rostand pour l’apprécier à sa juste valeur. La Villa Arnaga se savoure, au gré du temps, de votre humeur, de la lumière… Quelques clichés, comme des visites éclair, à retrouver ensuite au détour d’une chambre, d’un couloir, d’un jardin.

Grand hall de la Villa ArnagaOn n’entre pas dans le Grand Hall de la Villa Arnaga. On y est accueilli. Par la beauté de la pièce, par sa chaleur, ses textures, sa lumière, son histoire. Pensé tout en couleurs, le vaste hall à l’anglaise surprend par sa conception théâtrale. Arceaux de pierre, piliers habillés de marbre et balcons s’imposent dans cette pièce qui occupe toute la largeur de la maison. Sur les murs, en hauteur, des toiles d’artistes renommés jouent avec la lumière du jour qui pénètre par la baie vitrée ouvrant sur la terrasse, donnant elle-même sur les jardins.

 

 

La chambre de Rosemonde, Villa Arnaga

La chambre de Rosemonde est semblable à son ancienne propriétaire : élégante, discrète et d’une grande beauté. On y flâne volontiers pour se souvenir que Madame Rostand était aussi poète et écrivain, en témoignent les ouvrages publiés conservés dans la pièce. Vue sur la chambre communiquante d’Edmond Rostand, grande pièce aux lambris marquetée, dont un jeu de miroirs anime la porte donnant sur le cabinet de toilette.

 

 

 

Décor de la piece de théatre Cyrano-de-BergeracAvec son plafond de chêne clair et sa galerie de circulation à l’étage, la superbe bibliothèque de la Villa Arnaga a conservé les décors d’origine, peints en 1903 par Hélène Dufau. Consacrée à Cyrano de Bergerac, la pièce, bien qu’intime, aligne les richesses acculumées au fil des années : volumes, affiches, photographies, lithographies, lettres de l’auteur, et enregistrements de la pièce de théâtre d’époque… tout ici respire le succès sans précédent de la pièce qui a fait la renommée d’Edmond Rostand.

 

 

 

Affiche La SamaritaineSouvenir de Sarah Bernhardt, la Samaritaine guide le visiteur arrivé au sommet du grand escalier. Depuis le Théâtre de la Renaissance à Paris jusqu’à Cambo-les-Bains au Pays Basque, Edmond Rostand a su poser ses marques. Avec la Samaritaine et son rôle sur mesure pour l’actrice Sarah Bernhardt, l’auteur s’offre alors une double année de succès. Tirée à seulement 25 exemplaires, l’affiche originale est réalisée par le célèbre Alphonse Mucha, peintre précurseur du style Art Nouveau.

 

 

 

Le bureau Empire d'Edmond Rostand à la Villa ArnagaDe style Empire, le bureau d’Edmond Rostand affiche lui aussi esthétisme et richesse. En bois de citronnier avec des incrustations de bronze, le bureau se situe dans une pièce où l’auteur aimait à rappeler ses amis écrivains dont il conservait de nombreux ouvrages. Bustes, dédicaces, pastels, photographies rappellent également le souvenir d’Anna de Noailles, poétesse à laquelle Edmond Rostand était très lié.

+ Lire l’interview inédite d’Edmond Rostand pour Sites et Musées en Pays Basque.
+ Visiter la Villa Arnaga à Cambo-les-Bains.

 

Eglise de l’hôpital Saint-Blaise : mi-romane, mi-mauresque

Nichée discrètement dans la campagne souletine, l’église de l’Hôpital Saint-Blaise étonne par le contraste entre sa simplicité et son originalité. Petite, mais trapue. Discrète, mais présentant des éléments majeurs d’influences hispano-mauresques. Peu connue, mais classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ce qui frappe le plus au premier abord, c’est sans doute la simplicité de l’édifice. Et pourtant, chaque coup d’oeil appuyé permet de repérer rapidement les influences diverses dans la construction, parfois majeures. Hispano-mauresques par exemple, comme sa célèbre coupole. Située à la croisée du transept, elle en est l’exemple le plus impressionnant. Prenez le temps de la regarder en détail, vous y différencierez trois étages différents. C’est cette coupole qui rappelle le plus l’Espagne musulmane. Les connaisseurs y reconnaissent rapidement le style utilisé dans des édifices comme la Mosquée de Cordoue ou l’ancienne mosquée Bâb al-Mardûm de Tolède. Au nord des Pyrénées, seules les églises de l’Hôpital Saint-Blaise et celle de Sainte-Croix d’Oloron possèdent une coupole nervée de ce type.

L’influence hispano-mauresque se ressent également dans la présence de décor sur les Claustra de l'église de l'hôpital Saint-Blaiseouvertures de l’église. Traits caractéristiques, celles-ci sont ornées de claustras : neuf dalles de grès sculptées et ajourées. Motif géométriques ou floraux, entrelacs, gouttes ou étoiles à cinq branches… une telle abondance et une telle variété de motifs dans une église romane sont uniques en France ! L’influence est ici sans appel, c’est bien en Espagne que l’on retrouve le plus de claustras de ce type, comme à l’église de Torres del Rio en Navarre, celle de San Miguel de Lillo dans les Asturies, ou d’autres encore en Aragon.

Comme pour parfaire l’originalité et la mixité du lieu, l’église possède également des éléments baroques. Transformations apportées à partir du 17ème siècle, après les dégradations des guerres de religion. Les amateurs d’art noteront la tribune en bois située au-dessus de la nef, réservée aux hommes comme le veut la société basque qui laisse l’accès au sol de l’église aux femmes, gardiennes du culte des morts. L’influence baroque s’affiche également dans le choeur de l’église, où le retable de style baroque rural naïf (courant dans la région à cette époque) célèbre Saint-Blaise, ancien médecin devenu évêque en Arménie et décédé martyr en 316.

+ Découvrir l’église de l’Hôpital Saint-Blaise

Les Journées du patrimoine au Pays Basque

Invitation à la découverte et à la curiosité, la 29ème édition des Journées du Patrimoine les 15 et 16 septembre prochains, se déclinera sous le thème des « Patrimoines cachés ». Comme partout en France, les Journées du patrimoine en Pays Basque sont l’occasion d’offrir l’accès à la culture à tous, mais également de permettre aux locaux de redécouvrir leur territoire. Sites et Musées en Pays Basque vous ouvrent leurs portes.

Hildegarde von bingenChâteau d’Urtubie à Urrugne
A l’occasion des Journées du Patrimoine, le Château d’Urtubie ouvrira ses portes pour une visite guidée spéciale à tarif réduit. La visite du château se fera alors en deux parties :
>> La visite du parc avec sa chapelle du 17ème, sa salle de bain du 19ème et son orangerie du 18ème où se tient une exposition sur « Les Plantes qui soignent » d’après l’œuvre de Hildegarde de Bingen, abbesse allemande vivant au XIIème siècle.
>> La visite des remparts avec l’explication de l’architecture du château et de son histoire, suivie de la visite intérieure des 4 salons.
Durée : 1 heure environ
Tarif réduit pour les adultes : 5€ au lieu de 6,50€
Gratuit pour les enfants de moins de 16 ans.
Horaires des visites : de 10h30 à 12h30 et de 14h à 18h30.
+ Renseignements auprès du Château d’Urtubie.

Coupole de l'église de l'Hopital Saint-BlaiseEglise de l’Hôpital Saint-Blaise
Bien trop souvent, l’accès au patrimoine se fait au niveau du sol, et à cette occasion, l’église de l’Hôpital Saint-Blaise vous invite à gagner en altitude pour découvrir un élément de son architecture rarement accessible: son clocher.

Les visites auront lieu toutes les heures de 10h à 18h (départ de la dernière visite) et commenceront par un voyage dans le temps avec un Spectacle « Son et Lumière » à l’intérieur de l’église. La découverte se poursuivra par la visite du clocher suivie d’une visite guidée extérieure pour observer l’architecture atypique du monument. Pour finir, ceux qui le souhaitent pourront partir en balade le long du sentier aménagé aux abords de l’église et flâner le long du ruisseau Le Lausset, jusqu’à l’ancien moulin à eau du XVIIè siècle.
Tarifs : 4€ pour les adultes et 2€ pour les enfants
+ Renseignements et inscriptions auprès de l’Eglise de l’Hôpital Saint-Blaise ou au 05 59 66 07 21.

Portrait projeté sur la façade du Musée Bonnat-Helleu - Nuit des Musées 2012Musée Bonnat-Helleu, Musée des Beaux-Arts de Bayonne
Visites au sein de l’hôtel de ville de Bayonne, place de la liberté, entrée gratuite.
« Quand l’hôtel de ville était un musée: à la redécouverte d’oeuvres oubliées ».
Visite commentée, par l’équipe scientifique du musée, des tableaux présents dans les salons de l’hôtel de ville.
Samedi 15 septembre à 11h et dimanche 16 septembre à 15h et 16h30.
Présentation de photographies sur la façade du musée (Musée fermé mais musée en action ! gestes et activités en images)
+ Renseignements auprès du Musée Bonnat, Musée des Beaux-Arts de Bayonne.

Portrait d'Edmond RostandVilla Arnaga à Cambo-les-Bains
Dans le cadre des Journées du Patrimoine, la Villa Arnaga organise des ateliers pour les enfants sur la thématique du jardin. Les ateliers sont destinés à appréhender de façon ludique le monde végétal. Maquillage, repérage des essences d’arbres, visite des 5 sens, faire un herbier, teindre avec les plantes, cuisson nature, imaginer son jardin, cabanes. Tout un programme !

Gratuit pour les jardins et les ateliers. 4€ pour la Villa (gratuit – de 12 ans)
Samedi et dimanche de 9h30 à 18h.
+ Renseignements auprès de la Villa Arnaga.

Soldat à la prison des EvequesJournées du Patrimoine à Saint-Jean-Pied-de-Port
A l’occasion des Journées du Patrimoine, la municipalité de Saint-Jean-Pied-de-Port vous invite à découvrir l’Histoire et le Patrimoine culturel de la cité médiévale.

Arpentant les rues pavées du cœur historique, les maisons aux façades décorées de linteaux sculptés dans le grès rose de l’Arradoy s’offriront à votre regard. Vous pourrez suivre les pas des soldats de la garnison militaire en empruntant le chemin de ronde menant de la porte de Navarre à la porte Saint-Jacques et continuer votre balade sur les hauteurs jusqu’à la Citadelle.

Des visites commentées gratuites vous seront proposées durant tout ce week-end, placé sous le signe de la Culture, vous permettant de découvrir la cité fortifiée et la Citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port.
>> Visite commentée de la Citadelle, le samedi 15 et dimanche 16 septembre à 10h00 et à 16h00
>> Gratuité de l’entrée à la Prison des Evêques, le samedi 15 et dimanche 16 septembre
>> Samedi 15 septembre à 18h30 à la mairie de Saint-Jean-Pied-de-Port, conférence de >> Antton Curutcharry « 1512-1522 : 10 années pour conquérir la Navarre »
>> Samedi 15 septembre à 20h30 à l’église Notre-Dame, concert gratuit de chants basques avec l’otxote Lurra.
>> Gratuité du Petit Train Touristique, samedi et dimanche

+ Renseignements auprès de la Prison des Evêques.

Un calmar géant au bathyscaphe de la Cité de l'OcéanCité de l’océan à Biarritz
A 11h30 et 15h (les 2 jours) : conférence sur le Gouf de Capbreton par Antoine Deshoulliers (animateur scientifique)
Cette conférence s’appuiera sur deux univers de la Cité de l’océan (le bathyscaphe et la radiographie du Gouf de Capbreton) et sera incluse dans le tarif de l’entrée (tarifs habituels).

+ Renseignements auprès de la Cité de l’Océan.

 

Poisson scorpionMusée de la Mer Aquarium de Biarritz
A l’occasion des journées du patrimoine, le Musée distribuera à l’entrée un feuillet retraçant l’histoire du bâtiment et la conversation des choses d’époque (Architecture Art-Déco, fresque Sauvage, fontaine Cazaux…). Le feuillet est distribué pour tout achat d’entrée (tarifs habituels).

+ Renseignements auprès du Musée de la Mer.

 

Pommeaux de makilas au Musée Basque et de l'Histoire de BayonneMusée Basque et de l’Histoire de Bayonne
Pour ces Journées Européennes du Patrimoine, les amis du Musée Basque partageront avec vous leurs petits secrets…
Samedi 15 et Dimanche 16 septembre à 10h30, 11h30, 14h30 et 15h30. Les visiteurs découvriront, entre autres, une sélection d’objets tirés des réserves du musée présentés par les membres de la SAMB et par l’équipe du musée.

+ Renseignements auprès du Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne.

Pelotari à l'écomusée basque Jean VierEcomusée Basque à Saint-Jean-de-Luz
Si vous êtes de passage à Saint-Jean-de-Luz, profitez des Journées du Patrimoine pour bénéficier de rabais à l’Ecomusée Basque Jean Vier.
Tarif adulte : 6€ au lieu de 7,50€.
Tarif enfant : 3,20€.

+ Renseignements auprès de l’Ecomusée Basque.