Quand les fées font salon à la Villa Arnaga

Au premier étage de la Villa Arnaga, existe un coin ou les fées font salon ! Il s’agit du boudoir de l’épouse d’Edmond Rostand : Rosemonde Gérard. Pourquoi avoir décidé de consacrer un coin de la Villa aux Contes de fées ? Il semblerait que ces derniers passionnaient le couple. En témoigne, cet écrit d’Edmond Rostand datant de 1888 : J’ai encore trouvé dans les Contes de Perrault bien des choses charmantes et qui sont faites pour nous plaire. Mais je ne veux pas déflorer l’intérêt de ce sujet que je veux conserver pour vous entretenir, dans nos soirées de causeries. Justement, causons de 3 d’entre elles dès maintenant.

 

1. Cendrillon (Perrault) par Veber
Cendrillon, frêle et fragile jeune fille sert de domestique et de souffre-douleur à sa belle-mère et ses demi-sœurs. Un jour, sa marraine la fée apparaît et lui donne la chance de se rendre au bal du château. Pour ce faire, elle la transforme en véritable princesse et change une citrouille en carrosse. Mais lui rappelle qu’à minuit, tout redeviendra comme avant. Lors du bal organisé par le prince, ce dernier et la princesse tombent sous le charme l’un de l’autre. Mais minuit sonne et Cendrillon doit s’enfuir de peur que le prince ne découvre sa véritable situation.
La fuite précipitée de Cendrillon aux 12 coups de minuit, c’est justement que cette toile tente de retranscrire. A gauche, nous apercevons le prince qui assiste, impuissant, au départ précipité de sa belle.

 

2. L’Oiseau Bleu (Mme d’Aulnoy) par Veber
L’histoire de l’Oiseau Bleu est celle d’un roi chevauchant sans relâche à la recherche de celle qui deviendrait sa femme et la reine de son royaume. Il finit par la trouver : Florine. Le seul problème c’est que sa belle mère, magicienne, la déteste et fait tout pour empêcher cette union. En fait, elle cherche à tout prix à marier sa véritable fille Truitonne au jeune roi. Mais celui-ci refuse et, pour le punir, elle le change en oiseau bleu. Il ne redeviendra un homme que le jour où il acceptera d’épouser Truitonne, même s’il doit le faire contre son gré. Persuadée par sa sœur et sa belle-mère que le roi veut épouser Truitonne, Florine est désespérée. Mais un soir, à sa fenêtre, elle voit paraître un bel oiseau bleu venu lui offrir un superbe bijou. Et il reviendra à plusieurs reprises lui apporter de belles parures.


Sur ce tableau, l’artiste a choisi d’immortaliser la scène durant laquelle Florine reçoit un des bijoux que lui offre l’Oiseau Bleu. Pendant ce temps, sa demi-sœur Truitonne laisse exploser sa jalousie et sa colère. Le personnage que l’on voit dans le ciel est celui de la fée Soussio la marraine et mère de Truitonne, qui veille, sur sa chaise volante tirée par des grenouilles ailées.

 

3. Gracieuse et Percinet (Mme d’Aulnoy) par Veber
Une princesse dont la grâce et la beauté étaient incomparables vivait avec son père et sa belle mère, la duchesse surnomée « Grognon », affreuse, odieuse et envieuse des attraits parfaits de sa belle-fille. Un beau jour, un riche et beau prince nommé Percinet l’aborde et lui déclare sa flamme. Par amour, ce prince, doté de quelques pouvoirs magiques, va, tout au long du récit, l’aider à se sortir des situations difficiles infligées par sa belle-mère.

La séquence représentée est une des épreuves que « Grognon »  fait subir à Gracieuse. Elle la charge de transporter une boîte jusqu’à son château tout en l’interdisant de l’ouvrir sous peine d’être tuée. La princesse, rongée par la curiosité, finit par ouvrir la boîte qu’elle devait livrer fermée. Et il s’en échappe une flopée de petits bonhommes et de petites bonnes femmes munis d’instruments de musique, de tables et de plats, qui se dispersent dans le pré et dans le bois. Percinet, que l’on voit à ses genoux, lui vient une nouvelle fois en aide, et d’un coup de baguette magique, parvient à tout faire rentrer dans l’ordre.

 

Au vue de ces 3 œuvres, il semblerait que Edmond Rostand ait décidé que ces murs soient empreints d’imaginaire, d’émotions fortes, et qu’ils cherchent à nous faire passer un message. Lequel me direz-vous ? Imprégnez-vous de l’ambiance des lieux et essayez de vous faire votre propre avis en visitant le boudoir de la Villa Arnaga.

Le mystère plane autour de la Prison des Evêques

Construite aux alentours du XIIIème ou du XIVème siècle, la Prison des Évêques, lieu emblématique de la ville de Saint-Jean Pied de Port, n’a visiblement pas fini de livrer tous ses mystères. Notamment en ce qui concerne sa vocation originelle. Les premières traces concrètes retrouvées autour de sa véritable fonction datent de 1795. A cette époque, elle sert de prison municipale. Puis, dans les années 1800, elle sert de locaux disciplinaires pour les soldats postés à la citadelle ayant refusé de coopérer ou commis une faute. Puis viennent les années 1940 où les allemands y interceptent et y enferment tous ceux qui refusent de partir en service obligatoire. Ces derniers tentaient de s’expatrier en Afrique du nord ou en Espagne. Etablissement pénitentiaire ou lieu de sûreté du XVIIIème au XXème siècle, à quoi pouvait-elle bien servir au Moyen Age ? Mystère !

1. Une première version raconte qu’elle fut reconstruite pour servir d’Hôtel de Ville. Le sous-sol servait de prison, tandis que le rez de chaussé servait au logement d’un concierge et éventuellement de gardes. Le premier étage quant à lui, renfermait les archives de la ville et accueillait les nombreuses délibérations de jurats.

2. Une seconde version rapporte qu’elle servait de salle d’entrepôt pour les draps et les laines provenant d’Espagne. Il est établi qu’au XIIème et XIIIème siècle il existait un important trafic de ces matières vers les régions de Champagne et de Flandres.

3. Une troisième version assure qu’il s’agissait d’une salle de réunion, ou encore d’une halle destinée aux marchands s’ouvrant sur les rues et longeant les remparts.

4. Une quatrième et dernière version clame qu’il s’agissait tout naturellement d’une ancienne chapelle. Cette affirmation repose sur ses ouvertures en ogives, et son orientation d’Est en Ouest, caractéristique des constructions à vocation religieuse.

De nombreuses recherches ont été faites à ce sujet mais aucune n’a pu aboutir à en définir une vocation officielle pré-XIIIème siècle. Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui cet édifice renferme une exposition permanente autour des chemins de Compostelle ainsi que des expositions temporaires aux thématiques riches et variées.

Venez vous imprégner de l’ambiance des lieux et peut-être y trouverez-vous des indices, ou de l’inspiration qui vous conduiront vers une résolution totale ou partielle de ce mystère ! (Si c’est le cas, tenez-nous au courant.)

Pour en savoir plus, contacter la Prison des Évêques.

Crédits photo : Association les amis de la vieille Navarre

 

Petit (im)précis de pelote basque

Inspirée du jeu de paume, la pelote basque est le sport de prédilection des basques ! Petit (im)précis de ce sport majestueux qu’on affectionne tout particulièrement au Pays Basque !

Le pelotari : il s’agit bien-sûr du joueur de pelote. Lors des tournois, il se vêtit d’un pantalon et de chaussures blancs, et d’un polo aux couleurs de son club. Pour certaines pratiques, le port des lunettes protectrices et du casques sont obligatoires.

La pelote: tout le monde la connaît, la fameuse balle que viendra frapper l’instrument utilisé ou encore la main nue. Sa taille, sa composition et son poids varient en fonction du jeu pratiqué, mais aussi de l’âge des joueurs. Buis, latex, laine, coton et peau de chèvre sont les matières premières utilisées pour la fabrication des pelotes, qui varient de 5 à 10 cm de diamètre !

 

Les différents instruments : c’est là que ça se corse ! Gants, palas, paletas, raquettes, ils ont évolué avec le temps mais sont encore tous pratiqués aujourd’hui.

>> Le gant en cuir, qui existaient déjà pour se protéger la main au jeu de paume
>> Le gant en osier ou chistera : ce panier fixé à la main du joueur par un gant de cuir date du 19ème siècle. Technique superbe à regarder, le chistera fatigue moins le bras qu’avec le gant de cuir seul, et permet d’envoyer la pelote plus loin. Parmi eux, le chistera joko garbi (petit panier peu profond) doit renvoyer la balle sans l’arrêter sous peine de faute ; le grand chistera (ou cesta punta en espagnol) réceptionne la balle sur la pointe du panier ; enfin, le chistera de remonte, typiquement espagnol, s’utilise quant à lui en jaï-alaï (fronton mur à gauche long).

>> Les palas et paletas sont des raquettes en bois permettant de frapper la pelote. Tailles, poids et dimensions diffèrent selon le jeu pratiqué là-aussi. Tandis que les paletas sont de type gomme creuse, gomme pleine ou cuir, les palas sont de type grosse ou larga.

>> Le xare est une (sorte de) raquette au tamis souple reapparu au Pays Basque après s’être initialement développé en Amérique du Sud. D’où son autre appellation de « raquette argentine ». Le xare se joue exclusivement en trinquet.

Les jeux. Ils portent bien souvent le nom de leur instrument ! On retrouvera ainsi :

>> La main nue (l’instrument étant la main, vous l’aurez compris !). Spécialité la plus ancienne mais aussi la plus naturelle. La plus noble, pour certains, la main n’étant protégée que par quelques lamelles de caoutchouc, les tacos. Elle se joue en fronton place libre, en trinquet et mur à gauche court.

>> Le xare, (rappelez-vous, la raquette argentine) dont le geste s’apparente à celui du joko garbi. Il se pratique la plupart du temps en trinquet.

>> Le grand chistera, qui nécessite de grands frontons en place libre de 80 mètres de long, ne se pratique qu’en France.

>> La cesta punta, pratique plus récente, se joue au jaï alaï, un fronton mur à gauche long. Deux équipes composées d’un avant et d’un arrière s’affrontent de manière spectaculaire car très rapide.

>> Le joko garbi, souvenez-vous, le petit gant nécessitant un renvoi immédiat de la balle. On y joue en fronton place libre d’au moins 50 mètres.

>> Les jeux de pala (avec des pelotes de cuir ou de gomme), se jouent en place libre pour la grosse pala, et en mur à gauche court pour la pala corta. Enfin, la paleta gomme pleine, plus communément appelée « pala » (quelquefois pala ancha) est le jeu le plus pratiqué en France, le plus aisé techniquement, mais aussi le plus abordable financièrement.

L’apprentissage des terminologies et des techniques demandent de la patience, mais c’est aussi ce qui fait la beauté de ce sport, qui a su développer des variantes aussi passionnantes qu’impressionnantes !

Jo !*

* jeu ou jouez

Devenez incollable sur la pelote basque en visitant le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne ou encore l’Ecomusée Basque à Saint-Jean-de-Luz.

Plongez dans le bain de culture du Château d’Urtubie !

Un des éléments les plus surprenants du Château D’Urtubie se situe aux portes de sa chapelle. Il s’agit de sa baignoire d’époque datant de 1830 construite au-dessus d’une source. La vision de cette baignoire, fait émerger en nous une bulle de savon en forme de point d’interrogation. Le bain a-t-il toujours fait l’unanimité ? Les habitudes et les croyances liées à cette immersion ont bien évoluées. Retour sur l’art du bain à travers quelques périodes clés.

Antiquité : Sacré bain !
Tendance générale : Durant toute l’Antiquité, l’eau est comme sacralisée. En témoignent les cérémonies qui ont lieu dans différentes religions et qui ont pour but de purifier les âmes de futurs convertis et de rendre hommage aux Dieux.

Usages : En parallèle à l’aspect religieux, les thermes collectifs poussent comme des champignons. Cette invention grecque, apportée par les romains, arrive en France lors de la conquête de la Gaule. Outre le fait d’avoir une fonction hygiénique, ces thermes étaient connus pour avoir une fonction sociale importante : lieux de discussion, pratiques sportives, lectures, rendez-vous d’affaires…

Evolution : Peu à peu, la classe aisée s’isole et se fait installer des bains privés et des toilettes en intérieur.

Au Moyen Age : Méfiez-vous des apparences !
Tendance générale : L’Eglise, toute puissante à cette époque, réprouve les bains publics synonyme de perversion. La toilette sèche se répand.

Usages :  L’apparence prime alors sur la propreté. Les zones les plus lavées sont les mains et le visage, car les plus exposées aux regards et cela est synonyme de bonne conduite. Poudres et parfums sont généralement utilisées pour couvrir les mauvaises odeurs.

Evolution : Le bain se fait plus confidentiel : les salles de bain personnelles sont à la mode. Elles se situent le plus souvent dans les chambres, où les pratiques hygiéniques à l’abri des regards priment.

Renaissance : Les bains en quarantaine ! 
Tendance générale : Changement de cap ! Pour la majorité des gens de l’époque, exposer son corps devient tabou. Et face à l’apparition de maladies graves, comme la syphilis et la peste, se plonger en entier dans l’eau était synonyme de déséquilibre psychologique. La dilatation des pores affaiblissant le corps et favorisant l’infiltration de ces maladies.

Usages : On utilise un linge propre pour frotter les parties visibles du corps.

Évolutions : La toilette sèche se répand, et l’hygiène vestimentaire se développe (à l’époque les vêtements propres sont réputés pour capter la saleté, donc plus besoin de se laver!)

De nos jours : Nous voilà dans le bain !  
Tendance générale : Selon les pays, les habitudes varient mais globalement le bain, ou la douche (économie d’eau oblige) sont largement entrés dans les mœurs. Pourtant, notre conception de la propreté est en perpétuelle évolution. Si le XIXème siècle prônait un retour au naturel, le XXème et surtout le XXIème sont marqués par l’explosion des cosmétiques. La majorité des foyers possèdent une douche intérieure et la propreté et l’hygiène, poussés à l’extrême, sont devenus la norme.

L’homme ne cessant de modifier son rapport au corps, qu’en sera-t-il au siècle prochain ?

Pour en savoir plus sur l’art du bain et la baignoire d’époque d’Urtubie, rendez-vous au Château d’Urtubie.

Crédits photo : Terre et Côte Basque

 

 

 

 

 

 

Rendez-vous sous le porche.

Comme j’ai la chance de pouvoir me poser un peu partout et donc de voir le Pays basque à la loupe, j’ai décidé de vous en faire profiter. Ce soir je vous donne rendez-vous sous un porche basque. Mais lequel ? Pour me rejoindre suivez les indications ci-dessous. J’espère que vous ne me ferez pas attendre trop longtemps, je suis un peu impatiente… Combien de temps mettrez-vous à me retrouver ?

Atterrissage : Je viens d’arriver. Il pleut, je me réfugie au chaud sous le porche en vous attendant. Faites-vite. Vous le reconnaîtrez, il est fait de pierre calcaire.

A l’affût : Je ne vous vois toujours pas. Au fait vous ai-je dit que son portail est étonnant car il n’est pas en harmonie avec le reste de l’édifice ? J’ai hâte de vous voir arriver. Tiens le soleil vient se montrer.

Espoir : Je vois une silhouette planer, et elle ressemble étrangement à la vôtre. Serait-ce vous ? Ah, raté, elle ne fait que passer. Revenons à ce porche, je viens d’apprendre que son tympan est le seul élément d’origine et représente une des scènes les plus courantes dans la sculpture romane : le Christ en Majesté.

Impatience : Depuis le temps que je vous attends, j’ai pu remarquer que le Christ est entouré d’un mandorle symbole de la divinité. Ah ! Et aussi, qu’est ce que je distingue là… il est assis sur un trône une main levée et l’autre tenant un rouleau.

Précisions : Je crois aussi que 4 figures l’entourent, un ange en haut à gauche, un aigle (notre pire cauchemar) en haut à droite, un lion en bas à droite, et un taureau en bas à gauche. Ça vous aide ?

Vertiges : J’ai une vue pigeonnante sur les gens qui entrent et qui sortent. Ça commence à me donner le tournis. En plus le vent commence à souffler dans mes plumes. Où êtes-vous? Ce que ces figures symbolisent? (Depuis le temps que je vous attend j’ai eu le temps de me renseigner) Toutes ensembles, elle se nomment « Tétramorphe », et sont à la fois associées à 4 évangélistes, aux 4 vivants symboles de la création, et aux 4 points cardinaux qui représentent le monde.

Frissons : Il commence à faire froid, en plus d’un sac de graines, habillement chapardé dans un sac de courses près d’ici, j’ai réussi à me procurer ce bout de papier… si ça peut vous aider : 

Désespoir : La lumière du jour devient de plus en plus faible, que puis-je vous dire de plus ? Ah, j’oubliais l’essentiel, c’est peut être pour cela que vous ne m’avez pas trouvé. Le porche est actuellement en cours de restauration (nettoyage + patinage) afin qu’il puisse s’intégrer le mieux possible à l’édifice. Et pour que vous me reconnaissiez, je me suis taillée les griffes et je porte la bague bleue que vous m’avez offerte. C’est qu’il y a du monde ici !

Soulagement :  Ah je crois que je vous vois ! Vous volez à toute allure! Attention le  réverbère…

Réception : Vous voilà enfin ! Mon pauvre petit pigeonneau ! Pas trop sonné ? Où étiez-vous ? Encore sur la place du village à picorer les morceaux de pain égrainés par mamie Denise je parie ! Venez tout contre moi, et gonflez vos plumes. Plus romantique qu’un pigeonnier pour passer la nuit n’est-ce pas ? En plus je trouve que cet endroit a un petit quelque chose de sacré.

Où se sont donnés rendez-vous nos deux petits pigeons ? Vous avez une idée ?

Volez sous la photo pour connaître la réponse :

ǝsıɐlq ʇuıɐs lɐʇıdôɥ,l ǝp ǝsılƃé,l ǝp ǝɥɔɹod : ǝsuodéɹ

Miroir, mon beau miroir dis-moi comment les jeunes du Pays basque voient le Musée basque et de l’Histoire de Bayonne !

C’est sur la thématique de « à quoi ressemble votre musée idéal ? » que le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne a donné la parole à 200 jeunes de 10 à 30 ans issus de diverses provinces du Pays basque. Du 8 juin au 29 Septembre 2013 venez découvrir la « young touch » au cœur de l’exposition « Effet miroir, Barne Mirailak ». Pour vous en donner un avant-goût, Sites et Musées en Pays Basque a sélectionné 3 œuvres parmi toutes celles qui l’ont ébloui.

L’étouffement. Voilà ce qu’a ressenti un des élèves des rocailles de Biarritz. Comment l’a-t-il traduit? En mettant en place une grande et haute vitre avec une lumière rouge clignotante à l’intérieur. A travers son oeuvre Artefact, il est parvenu à nous faire ressentir une certaine angoisse. Celle de l’alerte, du danger et de l’évacuation symbolisé par une lumière rouge clignotante.

 

La gourmandise. Voilà ce qu’a voulu retranscrire une autre élève des rocailles de Biarritz.Pour cela, elle a décidé de recréer une table basque, mais pas n’importe quelle table. Elle y a ajouté sa touche, ce qui donne un effet assez… surprenant. Les chandeliers se retrouvent littéralement assaillis par des tranches de jambon de Bayonne venus se pendre à leurs branches. Jambonnerie, le nom de son oeuvre, semble représenter un arrêt sur image d’un lendemain de fête basque. Après avoir vu cette oeuvre nous sommes restés sur un sentiment festif et gourmand.

 

La sérénité. C’est ce qu’a probablement ressenti l’élève des rocailles qui, en entrant dans une des salles du musée, a été immédiatement frappée par la beautés des cieux de toiles accrochées côte à côte. Elle a donc désiré les mêler et en faire une sorte de zoom. De son œuvre, intitulée : plein ciel deux heures après, se dégage une apaisante sensation de sérénité et d’évasion.

 

Pour apercevoir ces œuvres, et bien d’autres qui, elles aussi bouleverseront vos sens, rendez-vous du 8 au 29 Septembre 2013 au Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne.

 

Nuit insolite à Saint-Jean Pied de Port : 41 rue de la Citadelle

Qui m’aurait dit qu’en passant à St-Jean Pied de Port, je passerais une nuit en prison ?…

Un week-end de randonnée en Pays Basque, voilà une belle occasion de profiter du grand air et se changer les idées.
Le programme concocté par mon amie Maya : départ de Bayonne au matin, destination Saint-Jean Pied de Port, pour marcher sur les pas des pèlerins de Compostelle.
Une fois la voiture garée, nous voilà partis à l’assaut de la citadelle et des Pyrénées !

Balade dans le village, passage au-dessus du ruisseau Artzuby, traversée des vignes à flanc de montagne… Pause pique-nique. Là, une vue imprenable sur les crêtes des Pyrénées et la vallée…
De retour en fin Prison des Evêques à St-Jean Pied de Portd’après-midi à St-Jean Pied de Port, la tête pleine de merveilleux paysages, nous faisons un tour du village, et tombons face à une grande bâtisse, dont le nom nous intrigue : Prison des Evêques. Maya insiste, elle veut absolument faire la visite ! Nous regardons les horaires de visite, il faut nous dépêcher, car la fermeture est proche… seulement 30 minutes. J’y vais à reculons, moi, je n’aime pas les visites… Ah non, pas de guide ! Nous voilà donc partis en solo !…

Ce monument, la Prison dite des Evêques est entourée de mystères sur ses origines… Le corps de garde, un vaste couloir au rez-de-chaussée qui donne accès aux cellules disciplinaires… finalement, c’est assez spacieux, mais pas très confortable : en guise de couche, une dalle de pierre inclinée. Maya part devant, elle veut absolument voir l’exposition sur les Chemins de Compostelle

Tant de souvenirs sont gravés ici : des chaînes scellées contre les murs, avec un collier. J’imagine ce lieu quand il était prison… au travers des siècles…
Soudain, une porte qui grince, un claquement qui retentit, un bruit de clés, la lumière s’éteint, plus de repères … je crie mais personne ne me répond ! J’avance à tâtons, jusqu’à une porte en bois : fermée ! Me voilà condamné à passer la nuit ici. Peut-être y aurait-il une autre sortie…
Le temps que mes yeux s’habituent à la pénombre, je découvre les lieux à la lueur des lucarnes.
Je m’avance dans le couloir jusqu’à un escalier exigu… j’ai l’impression d’entendre quelque chose en bas, c’est peut-être Maya, mais pourquoi ne me répond-elle pas ? Je descends prudemment, marche après marche. Plus je descends, plus je distingue les sons : comme des coups de marteaux sur la pierre, réguliers, des bruits d’outils, des chuchotements.
J’entre dans une vaste salle voûtée médiévale : vide !

J’observe ce qui m’entoure : les parois intérieures en pierre, d’étranges signes sont gravés sur la voûte ; ce sont certainement ces fameuses marques de tâcherons dont m’a parlé Maya, la signature des tailleurs de pierre du Moyen-Age.
Je poursuis mon exploration, une petite pièce sur le côté… Je fais face à un homme en costume, il me semble immense ! C’est un chevalier, je vois son armure, son épée…
Arrrgh ! Il fonce vers moi… je l’évite de justesse en me jetant au sol. Je me relève, le silence…
Je fais le tour de la salle, on dirait une ancienne porte, mais maintenant murée… De ce côté, pas d’issue.

J’entends un cri à l’étage, je ne sais que faire… Si seulement Maya était là, elle aurait sûrement une idée. Des bruits de chaînes, des plaintes… Je prends mon courage à deux mains et repars vers l’escalier, pénètre dans le couloir sombre. Je file tout droit, sans regarder sur les côtés.
Une grosse porte de bois avec une imposante serrure… des graffitis vestiges de l’histoire du lieu. Je déchiffre deux noms : Joubert, Himelspach… Je me demande de quand ça date, de la seconde guerre mondiale, quand les Allemands enfermaient les fuyards qui tentaient de rejoindre l’Espagne ou du XVIIIe, avec les soldats de la garnison…
Soudain, j’entends des pas, je me jette dans une pièce sur le côté pour me cacher… Je me retourne et là, horreur ! Je me retrouve enfermé dans une cellule, enchaîné avec d’autres prisonniers…
Au secours ! A l’aide !

J’entends une voix au loin, enveloppée de mystère… Peyo, Peyo… réveille toi !
Et soudain, je sens une main sur mon épaule ! C’est Maya qui me secoue. Je suis en nage, elle me regarde, surprise, et me demande de quoi je rêvais pour m’agiter comme ça… Finalement ce n’était qu’un mauvais rêve !
Ce qui est sûr, c’est que je m’en souviendrai de notre escapade à Saint-Jean Pied de Port !

Tour d’horizon des idées reçues autour du dolmen

Vieux de plusieurs millénaires, le dolmen ou étymologiquement « table de pierre », en a entendu des vertes et des pas mûres à son sujet! Il est donc grand temps de faire la lumière sur les idées reçues, entendues et réentendues, au sujet de ces mystérieuses pierres équilibristes.

Idée reçue n°1: Les dolmens ne se trouvent qu’en Bretagne.
FAUX! On compte 27 dolmens au Pays Basque sur un total de 110 chambres dolméniques en France. En particulier à Irouleguy, Behorleguy, Sare…

Idée reçue n°2: Un dolmen est une pierre dressée, parfois isolée, plantée verticalement. 
FAUX! A ne pas confondre avec le menhir, le dolmen est une construction mégalithique préhistorique constituée généralement de deux pierres verticales, qui servent de pied, recouvertes d’une ou plusieurs dalles qui lui servent de couverture.

Idée reçue n°3: Le dolmen tient à l’aide de mortier et de ciment. 
FAUX!  Ces pierres « équilibristes » sont érigées par l’homme sans mortier ni ciment ! Le tumulus, amas de pierre et de terre généralement disposé sur le monument, fait office de protection et de maintien de l’édifice.

Idée reçue n°4: Cet édifice servait exclusivement de lieu de sacrifice.
FAUX ! Il s’agissait principalement d’un monument sépulcral, destiné à recevoir un ou plusieurs cadavres. Sorte de fosse commune ou monument réservé aux privilégiés, le mystère reste entier…

Idée reçue n°5:  L’édifice était construit par de nombreux hommes à bout de bras.
FAUX ! Il semblerait que sa construction ait nécessité la participation de nombreux hommes effectivement, mais aidé par certains matériaux. En effet, la pierre du dessus, communément appelée « la table », en général très lourde, était hissée grâce à des rouleaux sur le plan incliné constitué par le tumulus (monticule de pierre ou de terre situé autour du monument).

Idée reçue n°6: Le dolmen a été inventé par les Gaulois et plus particulièrement les Bretons.
FAUX ! Il a seulement été réutilisé par eux. La majeure partie de ces édifices datent de l’âge de bronze, c’est à dire du 4ème millénaire avant J-C.

Idée reçue n°7: Une fois terminé, le monument, n’est pas « démontable ».
FAUX ! La dalle du côté Est est souvent absente, ou moins lourde pour être plus facilement manipulable. Pourquoi ? Car elle servait de porte d’entrée pour l’introduction de nouveaux cadavres.

Idée reçue n°8: Le dolmen n’a jamais suscité la convoitise des pilleurs.
FAUX ! De par le fait que les cadavres étaient enterrés avec divers cadeaux et offrandes: armes, objets familiers, bijoux en os et pierre, poteries…les pillages par les « chercheurs de trésors » étaient fréquents.

Idée reçue n°9: Les médecins ayant exhumé les corps n’ont rien trouvé de surprenant pour l’époque.
FAUX ! Parmi toutes leurs trouvailles: ils se trouve que la majeure partie des cadavres étudiés présentaient des traces de rachitisme et des lésions cérébrales dues, en partie, à une alimentation déséquilibrée. Les fractures étaient fréquentes, et la plupart du temps réduites ! La découverte la plus surprenante, pour l’époque fut celle des traces d’opérations, dites trépanations (trous dans le crâne) retrouvés sur les squelettes.

Idée reçue n°10: Ces constructions n’ont jamais été menacées de destruction. 
FAUX ! Certains ont attribué des pouvoirs magiques aux dolmens. A tel point que l’église décida de riposter face aux cultes païens que cela générait. Elle fut à l’origine de beaucoup de destructions de mégalithes françaises. Faute de pouvoir toutes les détruire, elle fit sculpter de nombreuses croix, en particulier sur les menhirs cette fois, et fit construire quelques chapelles au-dessus des tumulus des dolmens.

Vous voilà donc parfaitement armés pour affronter les idées reçues les plus musclées qui persistent sur le dolmen ! Et également parfaitement équipés pour vous rendre au cœur du parc mégalithique en plein air des grottes préhistoriques de Sare ! Vous y trouverez une reconstitution des différents monuments érigés par l’homme durant la Protohistoire (2800 av JC-jusqu’à l’âge des métaux).

Et vous pourrez en apprendre bien plus encore !

 

Long est le chemin parcouru par l’espadrille !

Annonciatrice des beaux jours, car au Pays Basque c’est un peu l’espadrille qui fait le printemps, l’espadrille ou espartina en basque, signifie étymologiquement sandale de sparte. Mais attention, elle n’est pas née du dernier rayon de soleil ! Nombreuses sont les transformations qui lui ont été apportées au fil du temps. Retour sur son périple à travers quelques grandes périodes marquantes.

2000 av JC : les premières traces de l’espadrille datent de cette époque. Entièrement faites de corde tressée, elles ont été retrouvées sur son défunt porteur dans la cueva de los  murciélagos (littéralement grotte des chauves souris) en Andalousie.

200 av JC : les troupes d’Hannibal, lors de leur venue à Rome, portaient des chaussures en joncs et genets tressés et enroulés, proche de l’espadrille. Elles provenaient du bassin méditerranéen et étaient utilisées par les habitants du sud de la Gaule et les bergers ibériques.

13ème siècle : la sandale réapparaît et on lui attribue un nom. Elle est appelée esparto en Aragon et espardenya en Catalogne. Elle va jusqu’à chausser les rois d’Espagne : Pierre II d’Aragon et son armée étaient chaussés d’espadrilles à lanières montant jusqu’au genou.

18ème siècle : sa fabrication se serait officiellement répandue dans notre cher Pays Basque et en Béarn grâce aux petites mains habiles des artisans du chanvre et du lin.

19ème siècle : la révolution industrielle se met en place. La famille Beguerie de Mauléon lance le commerce d’espadrille à l’échelle du pays. De l’artisanat, nous passons à l’industrialisation de sa production. Mais la main d’oeuvre locale devient rapidement insuffisante. Des ouvrières espagnoles sont donc appelée en renfort. On les appelle les Hirondelles car elles traversent les Pyrénées à l’automne puis rentrent chez elles en Aragon ou Navarre au printemps.

Années 60 : l’industrie de la mode s’empare de l’espadrille et la rend plus sophistiquée: Yves Saint-Laurent invente l’espadrille à talons. D’article de travail, l’espadrille acquiert un nouveau statut: celui d’article de loisirs, et s’internationalise d’autant plus.

Années 80 :  face à la crise des industries et à la concurrence asiatique, Mauléon et l’espadrille se font du soucis. C’était sans compter sur la publicité qu’en fit le président Reagan photographié des espadrilles Etchandy en cuir au pied.

2000 : après 20 ans de crise, l’espadrille revient. Grâce, en partie, au changement de mentalités: les gens veulent consommer local, durable et écologique. Le made in china et le tout plastique semblent dépassés. Et cela profite aux produits traditionnels tels que l’espadrille 100% naturelle et fabriquée en Europe. Le lin, qui sert à tisser la toile, est remplacé par le coton. Le chanvre et le sparte, par du jute en provenance de filatures d’Ecosse.

2008 : l’espadrille débarque sur le Tour de France ! Art of Soule obtient l’autorisation de distribuer une espadrille en toile, imprimée aux couleurs du Tour.

2012 : des espadrilles made in Mauléon font leur apparition dans les vitrines de magasins asiatiques !  Tokyo, Taïwan, Hong-Kong… Les espadrilles made in France ont la côte dans les magasins tendance des grandes villes asiatiques.

2013 : le port des espadrilles s’est véritablement démocratisé. On en voit partout, sur le commun des mortels comme sur les plus grandes stars.

Et vous, quel est votre style d’espadrille ?

Pour en savoir plus, si vous alliez faire un tour à l’écomusée basque de Saint-Jean-de-Luz?

 

C’est le printemps ! Et si on allait cueillir un petit bouquet d’étoiles?

Zoom sur les trois constellations phares du printemps et clin d’œil à notre amoureux des étoiles Antoine Abbadie.

Depuis – 4000 avant JC, l’imagination humaine s’est attelée à dessiner des lignes imaginaires pour relier les étoiles les plus brillantes entre elles, afin de former des images figuratives. Si bien qu’aujourd’hui, tout point du ciel appartient à une constellation. En plus d’être reliées (ces étoiles, n’ayant à priori rien en commun, si ce n’est d’occuper des places voisines dans le ciel terrestre) se sont vues attribuer un nom et une histoire.

C’est sur l’histoire des constellations qui fleurissent dans le ciel du printemps de l’hémisphère nord, que nous allons nous attarder. Préparez de quoi cueillir ces lumières printanières!

Trois constellations se disputent la vedette dans le ciel du mois de mars au mois de juin:
la constellation du Bouvier, celle de la Vierge et celle du Lion. A elles trois, elles forment ce que les astronomes appellent « le triangle d’orientation » qui aide l’observateur à se repérer dans le ciel étoilé.

Commençons par dissiper le brouillard qui entoure encore la constellation boréale phare
du Bouvier, regroupant principalement les étoiles, Arcturus (gardien de l’ours en grec ancien et étoile la plus brillante du ciel de printemps), Izar (ceinture en arabe) et Muphrid et dessinant dans le ciel un gigantesque cerf-volant. Le premier à l’avoir nommé ainsi n’est autre qu’Aratus de Sole, suivi par le célèbre Ptolémée. Que représente-t-elle réellement? Trois versions coexistent. La version revenant le plus souvent est celle qui affirme qu’il s’agit d’un laboureur conduisant les sept bœufs de la constellation de la grande Ourse aidé par deux chiens : Chara et Astérion tous deux issus de la constellation des chiens de chasse. Les bœufs seraient attachés à l’axe polaire, et le bouvier aurait pour principale fonction de perpétuer la rotation des cieux.

Deuxième constellation « star » des cieux printaniers de l’hémisphère nord:  la constellation
de la Vierge. Ses étoiles principales sont Spica (ou épi de la vierge) et Vindémiatrix (la main de la vierge). Se référant au zodiaque, Il s’agit de l’une des constellations les plus anciennes. Elle tire son origine du fait que le soleil se trouvait jadis en Vierge, lors de l’équinoxe d’automne. Le lever de l’étoile Spica, correspondait, à l’époque, à la période des moissons et celui de son autre étoile principale Vindemiatrix, à celle des vendanges. Régulièrement associée à diverses divinités successives: Isis, Démeter, Perséphone, Cybèle, Artémis, Athéna… elle est le plus souvent rattachée à la mythologie grecque qui l’identifie à la déesse de la justice, Thémis ou Astrée qui aurait quitté la Terre, lasse de la grossièreté des hommes.

La dernière constellation la plus en vue du printemps, est celle en forme de fer à repasser appelée constellation du Lion. Comme la constellation de la Vierge, la constellation du Lion est très ancienne puisqu’elle tire, elle aussi, ses origines du zodiaque. Elle est pour la première fois mentionnée par Aratus, puis Ptolémée dans une de ses œuvres, et correspondrait au lion de Némée tué par Héraclès lors du premier de ses douze travaux. Ses étoiles principales sont Régulus qui signifie roitelet en latin et Denebola dont le nom signifie la queue du lion en arabe.

Voilà donc une belle occasion d’aller vous promener dans le ciel de printemps et de vous composer un beau petit panier de fleurs étoilées fraîchement écloses.

Un point de vue inégalable dans la région pour composer votre panier étincelant de fleurs fraîches: le Château Observatoire Abbadia qui propose régulièrement des soirées observation des étoiles.

Si vous avez aimé cet article, vous aimerez aussi : La bibliothèque du Château Observatoire d’Abaddia, on aime !