Défilé de pensionnaires célèbres au château d’Urtubie

Les pierres du Château d’Urtubie auraient bien des choses à raconter. Car ce trésor du Pays Basque, reconnu monument historique depuis 1974, a vu défiler son lot de pensionnaires célébrissimes. Qui étaient-ils, quels liens entretenaient-ils avec le Pays Basque ? C’est ce que nous nous apprêtons à vous faire découvrir…

Louis XI de France, dit le prudent (1423-1483)
Fils de Charles VII (dit le victorieux) et de la discrète Marie d’Anjou, le roi Louis XI de France est principalement connu pour avoir été à l’origine du phénomène de centralisation. Sa vie, jalonnée de ruptures, lui attribue une personnalité complexe et autoritaire. C’est peut-être ce qui va lui permettre de changer l’Histoire du Pays Basque à jamais : en 1449, il entame la reconquête de l’Aquitaine, et reprend le Labourd et la Soule des mains des anglais. Son séjour à Urtubie s’explique par son désir de rencontrer Henri IV de Castille sur la frontière de la Bidassoa, pour aborder le sujet du partage de la Navarre. Cette entrevue qui ne résout finalement pas le problème initialement posé, porte néanmoins ses fruits pour la ville : Louis XI lui accorde des lettres patentes pour neuf ans (ancêtres des décrets) qui l’exemptent du droit d’entrée des marchandises arrivant par terre et par mer.

Maréchal Soult (1769-1851) 
Le Maréchal Soult, de son vrai nom Jean-de-Dieu Soult est un homme politique et militaire français. Appelé à combattre aux côtés de Napoléon Ier, il est l’un des premiers à être promu maréchal d’Empire. Son caractère volontaire et sa bravoure impressionnent tant dans son camp que dans le camp ennemi, et participent à la victoire d’Austerlitz. Le lien qui l’unit au Pays Basque est de nature guerrière : il intervint dans de multiples campagnes et batailles de la région (Nivelle, Saint-Pierre d’irube, Orthez…). Sa mission : en finir avec les anglais et les espagnols prêts à tout pour freiner l’expansion des armées Napoléoniennes. Il séjourne à Urtubie pendant l’une de ces batailles (probablement pour y reprendre des forces).

Duc de Wellington (1769-1852)
Arthur Wellesley, plus connu sous le nom de Duc de Wellington, est un aristocrate irlandais qui devient successivement militaire anglais puis premier ministre. Il est principalement connu pour n’avoir subi aucune défaite et, surtout, pour avoir définitivement vaincu Napoléon à Waterloo. La relation qu’il entretient avec le Pays Basque est également de nature militaire : à la tête du commandement des armées alliées contre Napoléon, il séjourne à Urtubie lors d’une des batailles qui eut lieu dans la région.

Pour en savoir plus, visiter les lieux dans lesquels ont séjourné tous ces personnages illustres et s’imprégner des émotions et sentiments qu’ils ont pu ressentir, faire un détour par le Château d’Urtubie à Urrugne.

Plongez dans le bain de culture du Château d’Urtubie !

Un des éléments les plus surprenants du Château D’Urtubie se situe aux portes de sa chapelle. Il s’agit de sa baignoire d’époque datant de 1830 construite au-dessus d’une source. La vision de cette baignoire, fait émerger en nous une bulle de savon en forme de point d’interrogation. Le bain a-t-il toujours fait l’unanimité ? Les habitudes et les croyances liées à cette immersion ont bien évoluées. Retour sur l’art du bain à travers quelques périodes clés.

Antiquité : Sacré bain !
Tendance générale : Durant toute l’Antiquité, l’eau est comme sacralisée. En témoignent les cérémonies qui ont lieu dans différentes religions et qui ont pour but de purifier les âmes de futurs convertis et de rendre hommage aux Dieux.

Usages : En parallèle à l’aspect religieux, les thermes collectifs poussent comme des champignons. Cette invention grecque, apportée par les romains, arrive en France lors de la conquête de la Gaule. Outre le fait d’avoir une fonction hygiénique, ces thermes étaient connus pour avoir une fonction sociale importante : lieux de discussion, pratiques sportives, lectures, rendez-vous d’affaires…

Evolution : Peu à peu, la classe aisée s’isole et se fait installer des bains privés et des toilettes en intérieur.

Au Moyen Age : Méfiez-vous des apparences !
Tendance générale : L’Eglise, toute puissante à cette époque, réprouve les bains publics synonyme de perversion. La toilette sèche se répand.

Usages :  L’apparence prime alors sur la propreté. Les zones les plus lavées sont les mains et le visage, car les plus exposées aux regards et cela est synonyme de bonne conduite. Poudres et parfums sont généralement utilisées pour couvrir les mauvaises odeurs.

Evolution : Le bain se fait plus confidentiel : les salles de bain personnelles sont à la mode. Elles se situent le plus souvent dans les chambres, où les pratiques hygiéniques à l’abri des regards priment.

Renaissance : Les bains en quarantaine ! 
Tendance générale : Changement de cap ! Pour la majorité des gens de l’époque, exposer son corps devient tabou. Et face à l’apparition de maladies graves, comme la syphilis et la peste, se plonger en entier dans l’eau était synonyme de déséquilibre psychologique. La dilatation des pores affaiblissant le corps et favorisant l’infiltration de ces maladies.

Usages : On utilise un linge propre pour frotter les parties visibles du corps.

Évolutions : La toilette sèche se répand, et l’hygiène vestimentaire se développe (à l’époque les vêtements propres sont réputés pour capter la saleté, donc plus besoin de se laver!)

De nos jours : Nous voilà dans le bain !  
Tendance générale : Selon les pays, les habitudes varient mais globalement le bain, ou la douche (économie d’eau oblige) sont largement entrés dans les mœurs. Pourtant, notre conception de la propreté est en perpétuelle évolution. Si le XIXème siècle prônait un retour au naturel, le XXème et surtout le XXIème sont marqués par l’explosion des cosmétiques. La majorité des foyers possèdent une douche intérieure et la propreté et l’hygiène, poussés à l’extrême, sont devenus la norme.

L’homme ne cessant de modifier son rapport au corps, qu’en sera-t-il au siècle prochain ?

Pour en savoir plus sur l’art du bain et la baignoire d’époque d’Urtubie, rendez-vous au Château d’Urtubie.

Crédits photo : Terre et Côte Basque

 

 

 

 

 

 

Les plantes qui soignent, d’après Hildegarde de Bingen

C’est un véritable art de soigner qu’avait développé Hildegarde de Bingen au 12ème siècle déjà. Son crédo : « Il faut soigner le malade, et non la maladie ». Comme dans la médecine chinoise et tibétaine, l’abbesse préconisait un remède adapté à chaque patient, suivant son caractère, mais aussi les humeurs qui le gouvernent : le chaud, le froid, le sec et l’humide. D’après l’abbesse, tous les êtres vivants de la nature sont ainsi composés, avec bien sûr une répartition différente des humeurs. Et plantes, arbres, minéraux, animaux, oiseaux, poissons contiennent les éléments subtils destinés à guérir chaque être vivant.

Hildegarde von bingenPour Hildegarde, la forme importe autant que le fond. Pour que les aliments soient bénéfiques, il faut qu’ils soient présentés de façon harmonieuse. Les odeurs et Grande visionnaire, poète et musicienne, l’abbesse Hildegarde de Bingen était également médecin et naturaliste.  On la considère aujourd’hui comme la première phytothérapeute moderne. Retour sur l’exposition « Les Plantes qui soignent », actuellement au Château d’Urtubie.
les couleurs concourent donc à rétablir ou à maintenir la santé. On notera que « si l’eau et le sang diminuent dans les yeux d’un être humain par la suite de l’âge avancé ou de quelques maladies, il doit aller se promener dans les des prés de gazon vert et considérer celui-ci longtemps jusqu’à ce que ses yeux s’humidifient comme s’ils versaient des larmes, parce que la verdure du gazon élimine ce qui est trouble dans les yeux et rend ceux-ci purs et clairs ».

Le Livre des Plantes, consacré aux plantes qui soignent, est le plus important de l’ouvrage Le Livre des Subtilités des Créatures Divines, d’Hildegarde de Bingen intitulé. Comme pour tous les autres éléments, et suivant la médecine galénique, l’abbesse définit le caractère de la plante : chaud ou froid, sec ou humide, avant de l’appliquer à la nature de chacun. Pour Hildegarde, les pantes de nature chaude et sèche conviennent bien aux malades, tandis que celles de nature froide sont à réserver aux bien-portants et aux personnes de nature chaude.

Rue, sauge, plantain, camomille, lavande, thym, mais aussi millefeuille, aigremoine, menthe pouliot ou potentille sont décrits dans l’exposition qui lui est consacrée au Château d’Urtubie. On y redécouvre des plantes plus ou moins oubliées comme l’épeautre, le chanvre ou la fève, à l’époque d’Hildegarde essentiellement prodiguées comme soins dans les monastères et les châteaux. Mais aussi des aromatiques et des épices qui faisaient partie de la pharmacopée comme la zédoaire, le galanga ou le giroflier, réservées à une minorité fortunée.

Les arbres et arbustes ne sont pas en reste. Saviez-vous par exemple que si la pomme est bonne à manger crue lorsqu’alimentée par une rosée puissante, il faut éviter d’abuser des poires, dont le suc, attiré vers le poumon, s’installe autour du foie comme un marteau de plomb… Résultat : migraine et rhume guettent ceux qui abuseraient de ce fruit dense, lourd et âpre.

Les Plantes qui soignent, d’après l’oeuvre d’Hildegarde de Bingen.
Une exposition à découvrir au Château d’Urtubie jusqu’au 31 décembre 2012.

 

 

Les Journées du patrimoine au Pays Basque

Invitation à la découverte et à la curiosité, la 29ème édition des Journées du Patrimoine les 15 et 16 septembre prochains, se déclinera sous le thème des « Patrimoines cachés ». Comme partout en France, les Journées du patrimoine en Pays Basque sont l’occasion d’offrir l’accès à la culture à tous, mais également de permettre aux locaux de redécouvrir leur territoire. Sites et Musées en Pays Basque vous ouvrent leurs portes.

Hildegarde von bingenChâteau d’Urtubie à Urrugne
A l’occasion des Journées du Patrimoine, le Château d’Urtubie ouvrira ses portes pour une visite guidée spéciale à tarif réduit. La visite du château se fera alors en deux parties :
>> La visite du parc avec sa chapelle du 17ème, sa salle de bain du 19ème et son orangerie du 18ème où se tient une exposition sur « Les Plantes qui soignent » d’après l’œuvre de Hildegarde de Bingen, abbesse allemande vivant au XIIème siècle.
>> La visite des remparts avec l’explication de l’architecture du château et de son histoire, suivie de la visite intérieure des 4 salons.
Durée : 1 heure environ
Tarif réduit pour les adultes : 5€ au lieu de 6,50€
Gratuit pour les enfants de moins de 16 ans.
Horaires des visites : de 10h30 à 12h30 et de 14h à 18h30.
+ Renseignements auprès du Château d’Urtubie.

Coupole de l'église de l'Hopital Saint-BlaiseEglise de l’Hôpital Saint-Blaise
Bien trop souvent, l’accès au patrimoine se fait au niveau du sol, et à cette occasion, l’église de l’Hôpital Saint-Blaise vous invite à gagner en altitude pour découvrir un élément de son architecture rarement accessible: son clocher.

Les visites auront lieu toutes les heures de 10h à 18h (départ de la dernière visite) et commenceront par un voyage dans le temps avec un Spectacle « Son et Lumière » à l’intérieur de l’église. La découverte se poursuivra par la visite du clocher suivie d’une visite guidée extérieure pour observer l’architecture atypique du monument. Pour finir, ceux qui le souhaitent pourront partir en balade le long du sentier aménagé aux abords de l’église et flâner le long du ruisseau Le Lausset, jusqu’à l’ancien moulin à eau du XVIIè siècle.
Tarifs : 4€ pour les adultes et 2€ pour les enfants
+ Renseignements et inscriptions auprès de l’Eglise de l’Hôpital Saint-Blaise ou au 05 59 66 07 21.

Portrait projeté sur la façade du Musée Bonnat-Helleu - Nuit des Musées 2012Musée Bonnat-Helleu, Musée des Beaux-Arts de Bayonne
Visites au sein de l’hôtel de ville de Bayonne, place de la liberté, entrée gratuite.
« Quand l’hôtel de ville était un musée: à la redécouverte d’oeuvres oubliées ».
Visite commentée, par l’équipe scientifique du musée, des tableaux présents dans les salons de l’hôtel de ville.
Samedi 15 septembre à 11h et dimanche 16 septembre à 15h et 16h30.
Présentation de photographies sur la façade du musée (Musée fermé mais musée en action ! gestes et activités en images)
+ Renseignements auprès du Musée Bonnat, Musée des Beaux-Arts de Bayonne.

Portrait d'Edmond RostandVilla Arnaga à Cambo-les-Bains
Dans le cadre des Journées du Patrimoine, la Villa Arnaga organise des ateliers pour les enfants sur la thématique du jardin. Les ateliers sont destinés à appréhender de façon ludique le monde végétal. Maquillage, repérage des essences d’arbres, visite des 5 sens, faire un herbier, teindre avec les plantes, cuisson nature, imaginer son jardin, cabanes. Tout un programme !

Gratuit pour les jardins et les ateliers. 4€ pour la Villa (gratuit – de 12 ans)
Samedi et dimanche de 9h30 à 18h.
+ Renseignements auprès de la Villa Arnaga.

Soldat à la prison des EvequesJournées du Patrimoine à Saint-Jean-Pied-de-Port
A l’occasion des Journées du Patrimoine, la municipalité de Saint-Jean-Pied-de-Port vous invite à découvrir l’Histoire et le Patrimoine culturel de la cité médiévale.

Arpentant les rues pavées du cœur historique, les maisons aux façades décorées de linteaux sculptés dans le grès rose de l’Arradoy s’offriront à votre regard. Vous pourrez suivre les pas des soldats de la garnison militaire en empruntant le chemin de ronde menant de la porte de Navarre à la porte Saint-Jacques et continuer votre balade sur les hauteurs jusqu’à la Citadelle.

Des visites commentées gratuites vous seront proposées durant tout ce week-end, placé sous le signe de la Culture, vous permettant de découvrir la cité fortifiée et la Citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port.
>> Visite commentée de la Citadelle, le samedi 15 et dimanche 16 septembre à 10h00 et à 16h00
>> Gratuité de l’entrée à la Prison des Evêques, le samedi 15 et dimanche 16 septembre
>> Samedi 15 septembre à 18h30 à la mairie de Saint-Jean-Pied-de-Port, conférence de >> Antton Curutcharry « 1512-1522 : 10 années pour conquérir la Navarre »
>> Samedi 15 septembre à 20h30 à l’église Notre-Dame, concert gratuit de chants basques avec l’otxote Lurra.
>> Gratuité du Petit Train Touristique, samedi et dimanche

+ Renseignements auprès de la Prison des Evêques.

Un calmar géant au bathyscaphe de la Cité de l'OcéanCité de l’océan à Biarritz
A 11h30 et 15h (les 2 jours) : conférence sur le Gouf de Capbreton par Antoine Deshoulliers (animateur scientifique)
Cette conférence s’appuiera sur deux univers de la Cité de l’océan (le bathyscaphe et la radiographie du Gouf de Capbreton) et sera incluse dans le tarif de l’entrée (tarifs habituels).

+ Renseignements auprès de la Cité de l’Océan.

 

Poisson scorpionMusée de la Mer Aquarium de Biarritz
A l’occasion des journées du patrimoine, le Musée distribuera à l’entrée un feuillet retraçant l’histoire du bâtiment et la conversation des choses d’époque (Architecture Art-Déco, fresque Sauvage, fontaine Cazaux…). Le feuillet est distribué pour tout achat d’entrée (tarifs habituels).

+ Renseignements auprès du Musée de la Mer.

 

Pommeaux de makilas au Musée Basque et de l'Histoire de BayonneMusée Basque et de l’Histoire de Bayonne
Pour ces Journées Européennes du Patrimoine, les amis du Musée Basque partageront avec vous leurs petits secrets…
Samedi 15 et Dimanche 16 septembre à 10h30, 11h30, 14h30 et 15h30. Les visiteurs découvriront, entre autres, une sélection d’objets tirés des réserves du musée présentés par les membres de la SAMB et par l’équipe du musée.

+ Renseignements auprès du Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne.

Pelotari à l'écomusée basque Jean VierEcomusée Basque à Saint-Jean-de-Luz
Si vous êtes de passage à Saint-Jean-de-Luz, profitez des Journées du Patrimoine pour bénéficier de rabais à l’Ecomusée Basque Jean Vier.
Tarif adulte : 6€ au lieu de 7,50€.
Tarif enfant : 3,20€.

+ Renseignements auprès de l’Ecomusée Basque.

Il est beau mon salon

Des tapisseries du 16ème siècle, un bureau Louis XV et un piano 19ème, une table de jeu de jacquet Louis XVI… On traverse les âges dans le salon du Château d’Urtubie. Petite visite guidée…

Mesdames messieurs, vous vous situez dans le grand salon du Château d’Urtubie, plus précisément dans l’aile du 16ème siècle. Avancez, je vous prie.

Le Grand Salon du Château d'Urtubie

Sur votre gauche et sur votre droite, vous remarquerez de sublimes tapisseries d’époque. Réalisées à Bruxelles entre 1540 et 1560, elles retracent la vie des épouses du roi David.

Au fond de la pièce, habillant les espaces entre les fenêtres sur cour : les portraits de Jules Labat (à droite), ancien maire de Bayonne et député bonapartiste, et de Gabrielle (à gauche), dame d’honneur de l’Impératrice Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III. Le couple a légué le château à leur fille Thérèse qui épousa le comte Paul de Coral. Le frère de  Gabrielle, Henri de Larralde-Diustéguy, trône au-dessus de la cheminée, mais on ne le voit pas dans l’image. Sans descendance, il a légué le château à sa soeur. Ah ben oui, ça se passait comme ça à l’époque.

Au fond à gauche, un magnifique piano « forte » Pleyel datant de 1820, sur lesquels vous remarquerez deux confituriers béarnais d’origine réalisés au 17ème siècle.

+ Découvrir le Château d’Urtubie à Urrugne.