La place de village basque : politique, religieuse et sportive !

Que vous soyez fixés ou de passage au Pays Basque, vous n’échapperez pas à la traditionnelle place du village basque. Et vous l’identifierez sans efforts : il s’agit le plus souvent de la place sur laquelle se retrouve la trilogie église, mairie et fronton. Et si nous tentions d’en savoir plus sur ces trois éléments incontournables du paysage basque ?

L’église (Elisa en basque)
A l’époque, l’église était la base de toute organisation sociale au pays basque. Ce lieu à la fois religieux et centre décisionnaire d’importance, accueillait diverses assemblées de représentants de chaque famille nommées « batzarrea » (ou maison). Lieu de discussion par excellence, aucune décision importante n’était prise sans un regroupement dans ces murs.

L’Hôtel de Ville : Herriko Etxea
La mairie ou maison du village (traduit du basque) était, et est évidemment toujours, le lieu ou s’exerce l’autorité de la ville ou du village. Architecturalement parlant, on en retrouve de tous types au Pays Basque : du style le plus moderne au plus traditionnel. Néo espagnol pour la mairie d’Anglet et néo basque pour la mairie de Bidart en Labourd, Hôtel particulier de style Louis XIV pour la mairie de Saint-Jean-Pied-de-Port en Basse Navarre, ou encore plutôt classique pour la mairie de Mauléon-Licharre en Soule.

Le fronton : Pilota Plaza
Toute place de village basque qui se respecte possédait et possède certaines fois encore, un fronton. Ancêtre direct du jeu de paume, la pelote basque aurait été inventée par des moines qui jouaient contre le sol, les murs et les poutres de leur cloître. Et ce à l’aide d’une simple balle et de la paume de leur main. Ces pratiques cléricales inspirèrent les bergers qui se mirent à organiser des parties de pelote dans les montagnes, en constituant des équipes qui s’affrontaient face à face. Dès l’apparition du caoutchouc et son entrée dans la composition des balles, la pelote devint plus incontrôlable (car vive). La construction de murs devint vite nécessaire pour pouvoir jouer dans de bonnes conditions. D’où l’apparition de frontons sur les places du village, lieux de convivialité par excellence.

Cette place de village triptyque, à vocation de rassemblement et de loisirs, accueillait et accueille parfois toujours des événements ponctuels : marchés, chants, danses, jeux traditionnels, marchés de Noël…

Si l’envie vous dit d’aller flâner tout en vous cultivant, sur les places de villes et de villages basques, rendez-vous à l’Écomusée Basque de Saint-Jean de Luz, pour faire le plein d’informations à leur sujet !

 

Plein phare sur le blason du Pays basque : le Zazpiak Bat !

Saviez-vous que le Pays Basque avait ses armoiries ? Le Zazpiak bat (signifiant sept font un) est le symbole des 7 provinces composant le Pays Basque. Plein phare sur la symbolique de ce qui rappelle le mieux que les sept provinces ne forment qu’un pays.

1. La Navarre (Nafarroa) et Basse Navarre (Nafaroa Beherea) 
Ce blason représente à lui seul les deux provinces de Navarre (la haute et la basse) aujourd’hui séparées, mais qui, jadis, formaient un unique royaume. Il renvoie symboliquement à la bataille de las Navas de Tolosa du 16 juillet 1212 et célèbre la victoire du Roi de Navarre Sancho le Fort contre l’émir Abu Abdallah. Cette victoire est représentée ici par des chaînes qui sont celles qui entouraient la tente de l’émir, ainsi que par l’émeraude, au centre, qui n’est autre que celle de son turban.

2. Le Guipuzcoa (Gipuzkoa)
Ce blason présente une double symbolique. La première, est le souvenir d’une bataille dont l’issue est heureuse pour le Guipuzcoa. Elle est représentée par les 12 canons symbolisant le jour où, en 1512, l’armée du Duc de Albe ainsi que les soldats d’Alava et de Guipuzcoa, reprirent la Navarre à des proches de la Couronne française : Catherine de Foix et son mari Jean d’Albret pour la rendre à Ferdinand le Catholique et à l’Espagne. Les trois arbres, quant à eux, représentent les trois tribus d’origine de la région : les Vascons, les Vardules et les Caristes.

3. L’Alava (Araba)
Les armoiries de l’Alava délivrent un message on ne peut plus clair : « La justicia contra el malhecho » (la justice contre le méfait). Cette idée est renforcée par la présence d’une tour dont un bras armé brandit une épée contre un lion venu la menacer. Le message que la province veut faire passer se résume à : je suis prête à défendre ma liberté contre tout ennemi.

4. La Biscaye (Bizkaia)
Deux symboles s’entrecroisent sur ces armoiries. Le premier, le chêne, représente celui de Guernica, autour duquel les seigneurs de Biscaye, les rois d’Espagne et les présidents du Pays basque espagnol ont prêté serment. Par extension, il représente, à lui seul, toutes les libertés basques. Les loups, quant à eux, sont associés à la famille Lopez de Haro, fondateurs de Bilbao (capitale de la province) et seigneurs de Bizcaye.

5.Le Labourd (Lapurdi)
Scindées en deux parties distinctes, les armoiries du Labourd oscillent entre revendication d’une identité forte et reconnaissance. La partie gauche du blason rappelle l’emblème des vicomtes du Labourd qui ont régné sur la province. Tandis que la fleur de lys (évoquant la monarchie française) symbolise la reconnaissance envers les français qui ont libéré la province de la domination anglaise.

6.La Soule (Zuberoa)
Son armoirie, la Soule la doit à la fois à Jean de Jaurgain et au seigneur de Mauléon. Ne possédant pas d’emblème, le dessinateur du blason Zapiak Bat décida de lui attribuer le lion, symbole du seigneur de la capitale de la Soule : Mauléon.

Pour en savoir plus, rendez-vous au sein des portes étendards par excellence du Pays basque et de sa culture, à savoir : Le musée Basque et de l’Histoire de Bayonne et l’Ecomusée Basque de Saint-Jean-de-Luz.

Crédits photo : Wikipédia

 

Petit (im)précis de pelote basque

Inspirée du jeu de paume, la pelote basque est le sport de prédilection des basques ! Petit (im)précis de ce sport majestueux qu’on affectionne tout particulièrement au Pays Basque !

Le pelotari : il s’agit bien-sûr du joueur de pelote. Lors des tournois, il se vêtit d’un pantalon et de chaussures blancs, et d’un polo aux couleurs de son club. Pour certaines pratiques, le port des lunettes protectrices et du casques sont obligatoires.

La pelote: tout le monde la connaît, la fameuse balle que viendra frapper l’instrument utilisé ou encore la main nue. Sa taille, sa composition et son poids varient en fonction du jeu pratiqué, mais aussi de l’âge des joueurs. Buis, latex, laine, coton et peau de chèvre sont les matières premières utilisées pour la fabrication des pelotes, qui varient de 5 à 10 cm de diamètre !

 

Les différents instruments : c’est là que ça se corse ! Gants, palas, paletas, raquettes, ils ont évolué avec le temps mais sont encore tous pratiqués aujourd’hui.

>> Le gant en cuir, qui existaient déjà pour se protéger la main au jeu de paume
>> Le gant en osier ou chistera : ce panier fixé à la main du joueur par un gant de cuir date du 19ème siècle. Technique superbe à regarder, le chistera fatigue moins le bras qu’avec le gant de cuir seul, et permet d’envoyer la pelote plus loin. Parmi eux, le chistera joko garbi (petit panier peu profond) doit renvoyer la balle sans l’arrêter sous peine de faute ; le grand chistera (ou cesta punta en espagnol) réceptionne la balle sur la pointe du panier ; enfin, le chistera de remonte, typiquement espagnol, s’utilise quant à lui en jaï-alaï (fronton mur à gauche long).

>> Les palas et paletas sont des raquettes en bois permettant de frapper la pelote. Tailles, poids et dimensions diffèrent selon le jeu pratiqué là-aussi. Tandis que les paletas sont de type gomme creuse, gomme pleine ou cuir, les palas sont de type grosse ou larga.

>> Le xare est une (sorte de) raquette au tamis souple reapparu au Pays Basque après s’être initialement développé en Amérique du Sud. D’où son autre appellation de « raquette argentine ». Le xare se joue exclusivement en trinquet.

Les jeux. Ils portent bien souvent le nom de leur instrument ! On retrouvera ainsi :

>> La main nue (l’instrument étant la main, vous l’aurez compris !). Spécialité la plus ancienne mais aussi la plus naturelle. La plus noble, pour certains, la main n’étant protégée que par quelques lamelles de caoutchouc, les tacos. Elle se joue en fronton place libre, en trinquet et mur à gauche court.

>> Le xare, (rappelez-vous, la raquette argentine) dont le geste s’apparente à celui du joko garbi. Il se pratique la plupart du temps en trinquet.

>> Le grand chistera, qui nécessite de grands frontons en place libre de 80 mètres de long, ne se pratique qu’en France.

>> La cesta punta, pratique plus récente, se joue au jaï alaï, un fronton mur à gauche long. Deux équipes composées d’un avant et d’un arrière s’affrontent de manière spectaculaire car très rapide.

>> Le joko garbi, souvenez-vous, le petit gant nécessitant un renvoi immédiat de la balle. On y joue en fronton place libre d’au moins 50 mètres.

>> Les jeux de pala (avec des pelotes de cuir ou de gomme), se jouent en place libre pour la grosse pala, et en mur à gauche court pour la pala corta. Enfin, la paleta gomme pleine, plus communément appelée « pala » (quelquefois pala ancha) est le jeu le plus pratiqué en France, le plus aisé techniquement, mais aussi le plus abordable financièrement.

L’apprentissage des terminologies et des techniques demandent de la patience, mais c’est aussi ce qui fait la beauté de ce sport, qui a su développer des variantes aussi passionnantes qu’impressionnantes !

Jo !*

* jeu ou jouez

Devenez incollable sur la pelote basque en visitant le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne ou encore l’Ecomusée Basque à Saint-Jean-de-Luz.

Biarritz, ville d’où même la baleine ne se résout pas à mettre les voiles.

Aux alentours du XIème siècle, un petit village de pêcheur nommé Bearriz (qui signifirait « endroit herbeux ») devient l’un des sites portuaires du golfe de Gascogne où la pratique de la pêche à la baleine s’est le plus développé. Aujourd’hui, la ville de Biarritz conserve encore des traces de cet héritage ô combien marquant. Retour sur 4 empreintes laissées par les cétacés dans ce village devenu station balnéaire.

1. Le blason de la ville de Biarritz
Les emblèmes de la ville de Biarritz sont fortement empreints de son identité de l’époque. Son blason se compose de trois encarts accordant, déjà, une grande place à la mer et surtout à la pêche à la baleine. Dans le premier encart à gauche, nous retrouvons des coquilles Saint-Jacques rappelant le chemin de Compostelle mais aussi les bords de plage. A leur droite se trouve une étoile représentant celle qui guide la route des marins en pleine mer. En bas, occupant toute la largeur, est représenté une scène de pêche à la baleine : trois marins rament pendant que deux autres se tiennent prêts à harponner le cétacé. Tous ces éléments sont soutenus par une ancre symbole de l’activité portuaire de Biarritz. La devise de la ville : « Aura sidus mare adjuvant me » signifie « j’ai pour moi les vents, les astres et la mer » résume parfaitement l’idée que l’on se fait en regardant ce blason.

2. Le sceau de la ville de Biarritz (Face n°1)
L’empreinte biarrote destinée à garantir l’authenticité d’un écrit, porte également des traces de la pêche à la baleine. Sur le sceau de la ville, retrouvé sur un traité conclu entre les villes de Biarritz et de Flandres en 1351, nous distinguons 5 pêcheurs dans une barque. Les 3 premiers rament et les 2 autres sont affairés à harponner une baleine.

3. Ancien clocher sur le plateau de l’Atalaye
Si Atalaye signifie promontoire en basque, ce n’est pas par hasard. A l’époque, Il s’agissait du meilleur point de vue de la ville pour les pêcheurs de baleine. Près du Musée de la Mer de Biarritz sur le promontoire du plateau de l’Atalaye, se trouve encore les vestiges de l’emplacement de l’ancienne cloche qui servait à prévenir les pêcheurs de la présence de baleines sur les côtes biarottes. Mais sa fonction ne se résumait pas qu’à cela. Il constituait un excellent poste d’observation de manière générale, et servait aussi à repérer les cas de périls en mer.  

4. Fontaine « les baleinières » sur les allées Beaurivage
Cette fontaine de 1990 conçue par Marcel Bousquet, dispose en son centre d’une sculpture sur laquelle plane encore l’ombre de la baleine. A première vue la stèle représente des hommes en prises avec des sirènes. Pas de traces de baleine donc. Sauf que l’Histoire de cette statue est étroitement liée à celle d’une légende biarrotte survenue après que des pêcheurs de baleine soient rentrés bredouilles. Intéressant… La légende raconte que ces marins biarrots rentrant de la pêche à la baleine découragés, « furent attirés par des sirènes magnifiques blotties dans la grotte naturelle de la roche percée dite roche ronde…C’étaient en fait des créatures du démon.Le capitaine obtint de Dieu que ces pêcheurs ne soient pas précipités dans les flammes éternelles. Ils conserveraient la vie mais seraient transformés en cormorans. Depuis cette époque, une colonie de ces oiseaux vit et vivra sur ce rocher maudit jusqu’à la fin des temps. » Elle est, ici, racontée via des sculptures figurant sur les différentes faces de l’oeuvre.

Pendant de nombreuses années la pêche à la baleine continua à faire la richesse de la ville. Aujourd’hui le passage de village de pêcheurs à station balnéaire doit beaucoup à Eugénie et Napoléon. Au XIXème siècle, leur arrivée changea le sort de la ville à tout jamais : de village de pêcheurs, la ville de Biarritz est progressivement devenue la station balnéaire des rois et des princes de l’époque.

Retrouvez plus de détails sur la pêches à la baleine et la ville de Biarritz en allant faire un tour du côté de la Cité de l’Océan, du Musée de la Mer Aquarium de Biarritz, du Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne et de l’Ecomusée Basque.

Crédits photo : – Blason et sceau de la ville de Biarritz : www.biarritz.fr

- Ancien clocher du plateau de l’Atalaye : j.forasté (panoramio.com)

- Fontaine « les baleinières » : petit-patrimoine.com

 

Long est le chemin parcouru par l’espadrille !

Annonciatrice des beaux jours, car au Pays Basque c’est un peu l’espadrille qui fait le printemps, l’espadrille ou espartina en basque, signifie étymologiquement sandale de sparte. Mais attention, elle n’est pas née du dernier rayon de soleil ! Nombreuses sont les transformations qui lui ont été apportées au fil du temps. Retour sur son périple à travers quelques grandes périodes marquantes.

2000 av JC : les premières traces de l’espadrille datent de cette époque. Entièrement faites de corde tressée, elles ont été retrouvées sur son défunt porteur dans la cueva de los  murciélagos (littéralement grotte des chauves souris) en Andalousie.

200 av JC : les troupes d’Hannibal, lors de leur venue à Rome, portaient des chaussures en joncs et genets tressés et enroulés, proche de l’espadrille. Elles provenaient du bassin méditerranéen et étaient utilisées par les habitants du sud de la Gaule et les bergers ibériques.

13ème siècle : la sandale réapparaît et on lui attribue un nom. Elle est appelée esparto en Aragon et espardenya en Catalogne. Elle va jusqu’à chausser les rois d’Espagne : Pierre II d’Aragon et son armée étaient chaussés d’espadrilles à lanières montant jusqu’au genou.

18ème siècle : sa fabrication se serait officiellement répandue dans notre cher Pays Basque et en Béarn grâce aux petites mains habiles des artisans du chanvre et du lin.

19ème siècle : la révolution industrielle se met en place. La famille Beguerie de Mauléon lance le commerce d’espadrille à l’échelle du pays. De l’artisanat, nous passons à l’industrialisation de sa production. Mais la main d’oeuvre locale devient rapidement insuffisante. Des ouvrières espagnoles sont donc appelée en renfort. On les appelle les Hirondelles car elles traversent les Pyrénées à l’automne puis rentrent chez elles en Aragon ou Navarre au printemps.

Années 60 : l’industrie de la mode s’empare de l’espadrille et la rend plus sophistiquée: Yves Saint-Laurent invente l’espadrille à talons. D’article de travail, l’espadrille acquiert un nouveau statut: celui d’article de loisirs, et s’internationalise d’autant plus.

Années 80 :  face à la crise des industries et à la concurrence asiatique, Mauléon et l’espadrille se font du soucis. C’était sans compter sur la publicité qu’en fit le président Reagan photographié des espadrilles Etchandy en cuir au pied.

2000 : après 20 ans de crise, l’espadrille revient. Grâce, en partie, au changement de mentalités: les gens veulent consommer local, durable et écologique. Le made in china et le tout plastique semblent dépassés. Et cela profite aux produits traditionnels tels que l’espadrille 100% naturelle et fabriquée en Europe. Le lin, qui sert à tisser la toile, est remplacé par le coton. Le chanvre et le sparte, par du jute en provenance de filatures d’Ecosse.

2008 : l’espadrille débarque sur le Tour de France ! Art of Soule obtient l’autorisation de distribuer une espadrille en toile, imprimée aux couleurs du Tour.

2012 : des espadrilles made in Mauléon font leur apparition dans les vitrines de magasins asiatiques !  Tokyo, Taïwan, Hong-Kong… Les espadrilles made in France ont la côte dans les magasins tendance des grandes villes asiatiques.

2013 : le port des espadrilles s’est véritablement démocratisé. On en voit partout, sur le commun des mortels comme sur les plus grandes stars.

Et vous, quel est votre style d’espadrille ?

Pour en savoir plus, si vous alliez faire un tour à l’écomusée basque de Saint-Jean-de-Luz?

 

La fête, au coeur de la vie des basques

D’aussi loin que remonte la mémoire collective, la fête a toujours été fièrement ancrée dans la tradition basque. Faire la fête, c’est un peu dans les gênes ici bas. Et, culture et tradition obligent, les coutumes festives n’ont pas de frontières.

Qu’elles soient au nord ou au sud, les sept provinces basques rythment l’année avec des évènements qu’elles ont su rendre incontournables pour la population, comme les fêtes de village. On peut attribuer ces dernières aux origines rurales du Pays basque et au catholicisme prégnant sur le territoire, mais aussi au développement plus récent du tourisme dans la région. Ainsi, plusieurs festivals et grands rendez-vous comme les Fêtes de Bayonne ont dépassé les frontières du Pays Basque ; aujourd’hui, on vient quelquefois de toute l’Europe faire la fête avec les basques.

Au Pays basque, la fête est l’occasion de renouer avec la tradition, et si certaines ne sont pratiquées qu’à Bayonne, à Pampelune ou dans quelques villages (la course de vaches ou le lâcher de taureaux par exemple), d’autres sont l’essence même de la fête. Pas de réjouissances sans danses basques, chants basques, parties de pelote et force basque. Grands amateurs de gastronomie et fiers des produits de qualité présents sur le territoire, chaque fête de village est aussi l’occasion de repas pantagruéliques mémorables. A l’honneur, spécialités de viande, de produits de la mer, de vins ou de condiments comme le fameux piment d’Espelette !

Quelques traditions festives ne sont présentes qu’au Pays Basque. C’est le cas de la pastorale, représentation théâtrale jouée en plein air dans un village différent chaque année. On la trouve plus particulièrement dans la province de la Soule. Dans la même veine, la mascarade, fête de carnaval, associe les chants, les danses et les prêches, le tout dans un esprit très festif. La Fête-Dieu quand à elle marque la fin de la saison printanière ; on croise au village les hommes vêtus de costumes de sapeurs-pompiers ou encore de soldats en armes cousus par les femmes du village.

Rapprochez-vous de chaque village pour connaître les dates prévues de chaque fête ; cette dernière est un excellent moyen de mieux connaître la culture et la tradition basques.

+ Pour en découvrir davantage sur les traditions basques, nous vous invitons à visiter l’Ecomusée Basque  à Saint-Jean-de-Luz, le  Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne, et la Maison basque Ortillopitz.

Euskara, la langue des basques

Parlée par près d’une personne sur trois, son origine reste pourtant énigmatique. Personne ne sait dire aujourd’hui d’où est originaire la langue basque, l’une des langues les plus anciennes d’Europe.

Chorale basqueFierté du Pays Basque, la langue basque, l’euskara, est aujourd’hui présente sur tout le territoire et dans tous les médias : télévision, radio, événements, presse, Internet, et littérature, y compris pour la jeunesse. Un patrimoine immatériel que les Basques s’appliquent à conserver, mais surtout à enrichir et à transmettre, au fil des générations.

Symbole d’une culture et d’une identité fortes, la langue basque a traversé les âges sans qu’on ne sache où elle a démarré son histoire, et l’euskara a, au fil des millénaires, donné naissance à une importante diversité de dialectes au sein même de la langue basque. Diversité source de richesse culturelle, mais aussi d’incompréhensions entre bascophones  ; une problématique souvent rencontrée dans les langues régionales. Diversité ayant donné naissance en 1960 au fameux basque unifié (euskara batua), langue basque basée sur un dialecte commun et standardisé, qui sera comprise par tous. Loin de se substituer aux différents dialectes existants, le basque unifié servira à mieux communiquer, notamment dans les média, dans l’enseignement et dans l’administration.

Aujourd’hui, les valeurs de la langue basque s’expriment grandement dans la création : littérature, chants, théâtre et bertsularisme (improvisation chantée et versifiée). Les artistes basques, investis autant d’une culture que d’une mission, passionnent les foules par la richesse et la qualité de leurs créations.

+ Pour en savoir plus sur la langue et la culture basques, vous pouvez vous rendre au Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne, visiter l’Ecomusée Basque à Saint-Jean-de-Luz, ou encore la maison basque de Sare Ortillopitz.

Pays basque : du lin au linge, la culture pour fil conducteur

Ne lui cherchez pas de date, ni même d’origine. Le lin a toujours été là. A faire partie de l’histoire ; celle des basques, du Pays Basque, celle d’une culture ancestrale sublimée aujourd’hui.

C’est vrai, on ne connaît pas sa première utilisation mais qu’importe, le lin a toujours habillé les prairies du Pays Basque et le fond de ses vallées, apportant sa touche de violet sur un puissant vert foncé. Sauvage, solide, constant, durable, comme les hommes et les femmes qui l’ont apprivoisé. Dans leurs jardins, tout à côté de la maison, et dans leurs fermes, où il sera cultivé. Cultivé avant d’entrer dans la maison, dans l’etxe. D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, la maison basque a toujours connu le lin : tressé pour en faire des draps inusables, que l’on se transmettait de génération en génération. Tressé  pour réaliser de solides vêtements, le fameux trousseau que la femme offrira à l’élu de son coeur lors du mariage ; un trousseau fait du lin issu de son terrain, de sa propre parcelle, plantée par son père le jour de sa naissance. Tressé pour en faire des ornements religieux utilisés pour les rites funéraires, sans savoir si elle en était l’utilisation première.

Tressé enfin pour en faire la solide mante à boeufs, sans doute la véritable origine du linge basque tel qu’on le connaît aujourd’hui. La mante à boeufs, ou saial, grande toile rectangulaire tissée de lin, que l’on fixait sur le dos des boeufs et des vaches de trait. Pour les protéger des mouches et du soleil, pour absorber la transpiration des bêtes, importante dans les terres pentues et terrains difficiles des montagnes basques. Mais les paysans n’avaient pas tardé à comprendre les autres bénéfices du lin. Pour eux il était le tissu le plus sain, le rugueux de sa toile nettoyant la peau des bêtes des impuretés accumulées pendant leur journée de labeur.

La mante à boeuf devenue linge basque, qui a toujours arboré ses 7 rayures, une pour chaque province du Pays Basque, et tanpis si leur largeur n’était pas toujours la même et qu’elle affichait, soit-disant, une certaine appartenance sociale. Sept rayures, trois couleurs, du bleu, du vert, du rouge, selon que l’on soit pêcheur, agriculteur ou éleveur. Ou pas, au final on ne sait pas, on n’est pas sûr, l’histoire garde ses petits secrets.

+ Le meilleur moyen d’être incollable sur l’histoire du lin, c’est de visiter l’Ecomusée Basque Jean Vier à Saint-Jean-de-Luz.
+ Vous en apprendrez plus également au Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne, et savourerez quelques anecdotes à la maison basque Ortillopitz à Sare.

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Les Journées du patrimoine au Pays Basque

Invitation à la découverte et à la curiosité, la 29ème édition des Journées du Patrimoine les 15 et 16 septembre prochains, se déclinera sous le thème des « Patrimoines cachés ». Comme partout en France, les Journées du patrimoine en Pays Basque sont l’occasion d’offrir l’accès à la culture à tous, mais également de permettre aux locaux de redécouvrir leur territoire. Sites et Musées en Pays Basque vous ouvrent leurs portes.

Hildegarde von bingenChâteau d’Urtubie à Urrugne
A l’occasion des Journées du Patrimoine, le Château d’Urtubie ouvrira ses portes pour une visite guidée spéciale à tarif réduit. La visite du château se fera alors en deux parties :
>> La visite du parc avec sa chapelle du 17ème, sa salle de bain du 19ème et son orangerie du 18ème où se tient une exposition sur « Les Plantes qui soignent » d’après l’œuvre de Hildegarde de Bingen, abbesse allemande vivant au XIIème siècle.
>> La visite des remparts avec l’explication de l’architecture du château et de son histoire, suivie de la visite intérieure des 4 salons.
Durée : 1 heure environ
Tarif réduit pour les adultes : 5€ au lieu de 6,50€
Gratuit pour les enfants de moins de 16 ans.
Horaires des visites : de 10h30 à 12h30 et de 14h à 18h30.
+ Renseignements auprès du Château d’Urtubie.

Coupole de l'église de l'Hopital Saint-BlaiseEglise de l’Hôpital Saint-Blaise
Bien trop souvent, l’accès au patrimoine se fait au niveau du sol, et à cette occasion, l’église de l’Hôpital Saint-Blaise vous invite à gagner en altitude pour découvrir un élément de son architecture rarement accessible: son clocher.

Les visites auront lieu toutes les heures de 10h à 18h (départ de la dernière visite) et commenceront par un voyage dans le temps avec un Spectacle « Son et Lumière » à l’intérieur de l’église. La découverte se poursuivra par la visite du clocher suivie d’une visite guidée extérieure pour observer l’architecture atypique du monument. Pour finir, ceux qui le souhaitent pourront partir en balade le long du sentier aménagé aux abords de l’église et flâner le long du ruisseau Le Lausset, jusqu’à l’ancien moulin à eau du XVIIè siècle.
Tarifs : 4€ pour les adultes et 2€ pour les enfants
+ Renseignements et inscriptions auprès de l’Eglise de l’Hôpital Saint-Blaise ou au 05 59 66 07 21.

Portrait projeté sur la façade du Musée Bonnat-Helleu - Nuit des Musées 2012Musée Bonnat-Helleu, Musée des Beaux-Arts de Bayonne
Visites au sein de l’hôtel de ville de Bayonne, place de la liberté, entrée gratuite.
« Quand l’hôtel de ville était un musée: à la redécouverte d’oeuvres oubliées ».
Visite commentée, par l’équipe scientifique du musée, des tableaux présents dans les salons de l’hôtel de ville.
Samedi 15 septembre à 11h et dimanche 16 septembre à 15h et 16h30.
Présentation de photographies sur la façade du musée (Musée fermé mais musée en action ! gestes et activités en images)
+ Renseignements auprès du Musée Bonnat, Musée des Beaux-Arts de Bayonne.

Portrait d'Edmond RostandVilla Arnaga à Cambo-les-Bains
Dans le cadre des Journées du Patrimoine, la Villa Arnaga organise des ateliers pour les enfants sur la thématique du jardin. Les ateliers sont destinés à appréhender de façon ludique le monde végétal. Maquillage, repérage des essences d’arbres, visite des 5 sens, faire un herbier, teindre avec les plantes, cuisson nature, imaginer son jardin, cabanes. Tout un programme !

Gratuit pour les jardins et les ateliers. 4€ pour la Villa (gratuit – de 12 ans)
Samedi et dimanche de 9h30 à 18h.
+ Renseignements auprès de la Villa Arnaga.

Soldat à la prison des EvequesJournées du Patrimoine à Saint-Jean-Pied-de-Port
A l’occasion des Journées du Patrimoine, la municipalité de Saint-Jean-Pied-de-Port vous invite à découvrir l’Histoire et le Patrimoine culturel de la cité médiévale.

Arpentant les rues pavées du cœur historique, les maisons aux façades décorées de linteaux sculptés dans le grès rose de l’Arradoy s’offriront à votre regard. Vous pourrez suivre les pas des soldats de la garnison militaire en empruntant le chemin de ronde menant de la porte de Navarre à la porte Saint-Jacques et continuer votre balade sur les hauteurs jusqu’à la Citadelle.

Des visites commentées gratuites vous seront proposées durant tout ce week-end, placé sous le signe de la Culture, vous permettant de découvrir la cité fortifiée et la Citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port.
>> Visite commentée de la Citadelle, le samedi 15 et dimanche 16 septembre à 10h00 et à 16h00
>> Gratuité de l’entrée à la Prison des Evêques, le samedi 15 et dimanche 16 septembre
>> Samedi 15 septembre à 18h30 à la mairie de Saint-Jean-Pied-de-Port, conférence de >> Antton Curutcharry « 1512-1522 : 10 années pour conquérir la Navarre »
>> Samedi 15 septembre à 20h30 à l’église Notre-Dame, concert gratuit de chants basques avec l’otxote Lurra.
>> Gratuité du Petit Train Touristique, samedi et dimanche

+ Renseignements auprès de la Prison des Evêques.

Un calmar géant au bathyscaphe de la Cité de l'OcéanCité de l’océan à Biarritz
A 11h30 et 15h (les 2 jours) : conférence sur le Gouf de Capbreton par Antoine Deshoulliers (animateur scientifique)
Cette conférence s’appuiera sur deux univers de la Cité de l’océan (le bathyscaphe et la radiographie du Gouf de Capbreton) et sera incluse dans le tarif de l’entrée (tarifs habituels).

+ Renseignements auprès de la Cité de l’Océan.

 

Poisson scorpionMusée de la Mer Aquarium de Biarritz
A l’occasion des journées du patrimoine, le Musée distribuera à l’entrée un feuillet retraçant l’histoire du bâtiment et la conversation des choses d’époque (Architecture Art-Déco, fresque Sauvage, fontaine Cazaux…). Le feuillet est distribué pour tout achat d’entrée (tarifs habituels).

+ Renseignements auprès du Musée de la Mer.

 

Pommeaux de makilas au Musée Basque et de l'Histoire de BayonneMusée Basque et de l’Histoire de Bayonne
Pour ces Journées Européennes du Patrimoine, les amis du Musée Basque partageront avec vous leurs petits secrets…
Samedi 15 et Dimanche 16 septembre à 10h30, 11h30, 14h30 et 15h30. Les visiteurs découvriront, entre autres, une sélection d’objets tirés des réserves du musée présentés par les membres de la SAMB et par l’équipe du musée.

+ Renseignements auprès du Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne.

Pelotari à l'écomusée basque Jean VierEcomusée Basque à Saint-Jean-de-Luz
Si vous êtes de passage à Saint-Jean-de-Luz, profitez des Journées du Patrimoine pour bénéficier de rabais à l’Ecomusée Basque Jean Vier.
Tarif adulte : 6€ au lieu de 7,50€.
Tarif enfant : 3,20€.

+ Renseignements auprès de l’Ecomusée Basque.

Etxe, la maison basque où bat le coeur des hommes

Etxe. Au Pays Basque plus que nulle part ailleurs, la maison a une âme, une signification. Au-delà du simple cadre architectural, la maison basque fut de tout temps la pierre angulaire de la vie sociale traditionnelle.

Les Basques ont placé la maison rurale au sommet de leurs icônes de la tradition. Labourdine, souletine ou de Basse-Navarre, l’etxe c’est l’histoire d’une famille, repère dans la vie quotidienne, racine de l’organisation sociale, politique, juridique et économique au Pays Basque.

La maison basque porte le nom de celles et ceux qui l’habitent, elle résonne en ceux qui Maison Basquelui ont donné vie. L’etxe n’appartient pas à ses propriétaires, ce sont eux qui lui appartiennent. D’ailleurs, elle n’est jamais vendue. Elle se transmet de génération en génération. Un héritage familial qui sous l’Ancien Régime était transmis obligatoirement à l’aîné des enfants, le « Maître de Maison », qu’il soit fille ou garçon. A son tour il devait assurer la gestion de ce patrimoine familial dont il avait l’usufruit. Depuis 1789, le Code civil a assoupli les règles, désormais le patrimoine est fragmenté entre les enfants.

Preuve et symbole de pérennité, la maison basque hébergeait jusqu’au 20ème siècle trois générations sous le même toit : grands-parents, parents et enfants, parfois même des frères et soeurs célibataires. Tous intimement liés à la terre et à cette propriété, tous missionnés pour la protéger. Alors que les hommes se consacrent aux travaux extérieurs, la maitresse de maison dirige la vie du foyer. L’entraide et le partage sont ainsi au coeur du cercle familial, mais ils s’étendent généralement au-delà. Car le cercle étroit des voisins proches eux-aussi jouent un rôle essentiel dans la vie quotidienne de la maison basque. Par la rencontre, l’entraide, le soutien en cas de deuil et la participation à tous les événements familiaux. Une charge lourde, mais sacrée. Un devoir fondamental, ciment de la société rural auquel autrefois nul ne se dérobait.

En savoir plus sur la maison basque
+ Visiter l’Ecomusée Basque à Saint-Jean-de-Luz
+ Visiter le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne
+ Visiter la maison basque de Sare Ortillopitz