Edouard-Alfred Martel intime.

Les Gorges de Kakuetta et la spéléologie dans sa globalité doivent beaucoup à Edouard-Alfred Martel. Considéré comme le père de la spéléologie moderne, ce fut également le premier à s’aventurer dans les Gorges de Kakuetta, plus grand massif calcaire d’Europe, en 1906. Tentons d’en savoir plus sur ce personnage à l’esprit aventurier plutôt…prononcé à travers ce qui aurait pu être son journal intime.

1er Juillet 1859 : Et la lumière fut !
J’ai choisi de faire commencer ce journal le jour de ma naissance. Certes, je ne savais pas écrire à cette époque, mais je vais tenter d’y retranscrire ce que ma mère m’a raconté. 1er juillet 1859, c’est la date à laquelle on m’a extirpé des grottes maternelles et que j’ai aperçu la lumière de la vie. Ma vie à moi, c’est à Pontoise qu’elle a débuté, dans la région parisienne. Par chance, ma famille avait bien de quoi subsister aux éventuelles bises. Dans ma famille, tout le monde, de près ou de loin, trempe dans le monde juridique. Dès ma naissance, mon père l’avait décidé, comme lui, je deviendrai avocat.

1864-1870 : On voyage pour changer, non de lieu, mais d’idées !
En plus d’être plutôt aisée, il se trouve que ma famille est aussi férue de voyage. A cinq ans à peine, je suis ballotté de tous les côtés : amateurs de montagne, mes parents me font découvrir les Alpes, les Pyrénées et divers pays européens. C’est durant ces années-là que ma soif de découverte se développe. Ces voyages vont avoir un impact sur ma vie future. Je suis abreuvé de jolies promenades et de superbes vues jusqu’à plus soif. Et j’en redemande ! Mes parents me font découvrir des villes et des monuments, mais moi ce que je préfère ce sont les paysages naturels. D’ailleurs mon carnet de voyage en est rempli. Je visite de nombreuses grottes dont : les Grottes Glaciaires à Chamonix, la Grotte de l’Aveyron, les Grottes de Gargas… Toutes ces excursions aiguisent ma curiosité scientifique à l’égard de ces cavernes.

1882 : La culture à l’assaut des cimes !
Tous ces voyages et mon goût prononcé pour la montagne me donnent envie de la dompter. Je m’inscris donc au club alpin français de Paris. Je participe à quelques courses d’alpinisme en montagne et notamment en Autriche. En plus des jambes, je tente de développer encore davantage ma tête et deviens conférencier au club alpin.

1883 : Rentrons dans le moule !
J’ai fini par suivre la ligne tracée d’avance pour moi par ma famille à la perfection. Après avoir décroché ma licence de droit, je suis nommé avocat à la cour d’Appel de Paris. Cela fait la fierté de mon cher père. Mais quelque chose me dit que je suis promis à un autre avenir plus…rocheux.

1888 : Brisons le moule et partons en faire toute une montagne !
Mon tempérament autant explorateur que scientifique, me décide enfin à faire ce pourquoi je suis venu au monde : la spéléologie. Je m’intéresse plutôt à l’hydrographie et je suis un des premiers à percevoir l’intérêt touristique (en plus du scientifique) que représentent les grottes en général.

1906 : Gorges de Kakuetta à l’Horizon !
Après divers événements, expéditions et découvertes, je finis par tomber sur une merveille : les Gorges de Kakuetta. On m’avait parlé de ces fabuleux canyons et de sa magnifique cascade à l’origine bien mystérieuse. Mais en réalité, ce que je vois et ressens, ont beaucoup plus d’impact que tout ce que j’ai pu entendre jusqu’ici. J’en reste bouché béé. Personne ne s’y étant aventuré jusqu’ici, je décide de me lancer. Je suis tout simplement émerveillé par le cadre de l’endroit. Mais ma motivation première ne me quitte pas : je dois absolument savoir où se situe l’origine de la cascade mystérieuse de Kakuetta.

Edouard Alfred Martel meurt en 1938 non loin de Montbrison dans la Loire et l’origine de la cascade de Kakuetta demeure toujours inconnue. Quelque chose nous dit que lorsque le film de sa vie a défilé devant ses yeux, les Gorges de Kakuetta ont figuré en bonne place dans son casting pré-mortem.

Avis aux amateurs d’émotions souterraines ! Comme une envie de marcher sur ses traces et ressentir ce qu’Alfred Edouard Martel a pu éprouver en découvrant les Gorges de Kakuetta ? Alors ne passez pas à côté de l’un des sites les plus sauvages d’Europe !

Parlez-vous spéléologie? Non? Ce petit précis est fait pour vous!

Le Pays Basque renferme de nombreuses grottes et gorges en tout genre. Celles de Kakuetta, découvertes par le fondateur de la spéléologie moderne:  Edouard Alfred Martel en 1906, en font partie.

Nous vous offrons donc aujourd’hui l’occasion d’en savoir plus sur le monde de la spéléologie grâce à un petit tour d’horizon (non exhaustif) des termes les plus employés dans le secteur. Pour que vous aussi vous puissiez connaître le jargon du milieu des gorges et des grottes sur le bout des doigts!

La spéléologie en elle-même

  • Du grec ancien spelaion (σπηλαιοv) signifiant grotte et logos (λόγος) signifiant science ou encore raison
  • Consiste à repérer, explorer, étudier, cartographier et visiter les cavités souterraines, puis éventuellement, à partager ses connaissances sur le sujet.

Autour du paysage

  • Aven: Puits naturel aux parois abruptes formé par dissolution ou effondrement de la voûte
  • Chatière: Passage très étroit entre deux parois
  • Cheminée: Puits qui remonte obligeant le spéléologue à escalader pour le franchir
  • Collecteur: Galerie principale collectant les eaux des autres galeries
  • Éboulis: Zone anciennement éboulée qui présente de gros rochers
  • Faille: Cassure ou fracture discontinue de la roche formée par un accident
    tectonique en deux compartiments
  • Gouffre: Très grande cavité à tendance verticale, peut aussi contenir des galeries horizontales
  • Gour: Petite retenue d’eau sous terre formée par la précipitation de la calcite
  • Laminoir: Passage large mais étroit dans lequel il est nécessaire de ramper
  • Méandre: Galerie très étroite, mais haute. Présence de roches tranchantes
  • Puits: Trou, obstacle vertical, équipés par une corde lorsque les spéléologues veulent y descendre. La profondeur de ces trous peut parfois atteindre 600 mètres
  • Siphon: Galerie noyée, impraticable, sauf pour les plongeurs
  • Stalactite: Concrétion de calcite tombante: la stalactite part du plafond
  • Stalagmite: Concrétion de calcite montante: la stalagmite part du sol
  • Trémie: Passage assez étroit et dangereux, car très instable. Éboulement possible à tout moment
  • Voûte mouillante: Passage presque noyé, obligation de se mouiller pour le traverser mais possibilité de respirer en collant la tête au plafond

 Autour des techniques

  • Déchauler: Enlevement de la chaux
  • Désobstruer: Agrandissement des passages étroits ou obstrués
  • Opposition: Technique permettant de progresser par blocage du dos et des pieds entre deux parois parallèles
  • Reptation: Action de ramper
  • Topographie: Carte du réseau souterrain réalisé par des spéléologues. Sont mesurés: les azimuths (directions), les pentes et les largeurs

Autour du vocabulaire employé

  • Caillou! : Terme à hurler lorsque l’on remarque qu’on laisse tomber un caillou et qu’un partenaire peut être dans la trajectoire. Incite les collègues à rentrer la tête dans les épaules
  • Plein pot: Terme utilisé pour désigner une grande verticale parcourue sans fractionnements
  • Mise en charge: Remplissage partiel ou complet d’une galerie ou d’un siphon par l’eau. Phénomène pouvant se produire de manière brutale.C’est ainsi que se termine ce petit tour d’horizon! Alors… CAILLOU! Et l’article tombe… mais entre vos mains!Pour en savoir plus, allez faire un petit tour aux Gorges de Kakuetta.

Ciel du Pays Basque : de vautours, de gypaètes et autres milans royaux

Vautour fauve, gypaète barbu, percnoptère d’Egypte, milan royal… Nous sommes les rapaces survolant les massifs montagneux du Pays Basque. Venez nous observez au-dessus des Gorges de Kakuetta et sur le massif de la Rhune… Vous serez conquis !

Vautour_FauveMon nom est Saia, je suis un vautour fauve. Après m’avoir longtemps persécuté, je suis enfin tranquille, et surtout, protégé ! Observez les petites plumes duveteuses rases de mon cou, elles sont idéales pour dénicher un bon repas dans les entrailles de mes proies. Miam ! Vous l’avez deviné, je suis plutôt gourmand. Je passe d’ailleurs la majorité de la journée à voler et surtout à planer, en quête de cadavres de moutons ou de pottoks. On a rien sans rien ! Mes ailes sont immenses, c’est tout du moins l’effet qu’elles donnent, ma tête et ma queue paraissent toutes petites à côté. Cela dit, j’atteins tout de même jusqu’à 2,65m d’envergure. Qui dit mieux ?

Percnoptère d'Egypte : Crédit Photo Bruno Berthémy Observez-moi bien car vous ne me verrez pas toute l’année. Je ne survole le Pays basque  que de mars à début septembre. Après cela, direction l’Afrique et les pays chauds, à 3500 km de là ! Je suis le Percnoptère d’Egypte, le plus petit des vautours d’Europe. Si mon grand frère est gourmand, moi aussi je le suis, mais pas forcément de la même chose… Je me régale d’excréments d’animaux divers et variés de la montagne basque ! Et bien quoi ? Tous les goûts sont dans la nature… Au Pays basque, on aime à m’appeler Behibideko andere xuria (Dame Blanche du chemin des vaches), sans doute à cause de ma silhouette noire et blanche. Les Béarnais, eux, m’appellent quelquefois Marie Blanque, comme le col. Bon, pourquoi pas.

gypaete-barbu-credit-richard-bartz-munichJe suis beau et je le sais. Je suis rare aussi, et c’est pour toutes ces raisons que l’on me protège, qu’on me chouchoute. Admirez ma petite barbichette typique sous mon bec. N’est-elle pas… classe ? Ah, j’ai oublié de me présenter. Je suis le Gypaète barbu. Ben oui, barbu… vous comprenez maintenant ? Donc, je disais que j’étais beau, rare, ah et j’ai un surnom : le casseur d’os. Ah oui, ça fait froid dans le dos. Mais n’ayez crainte, je ne m’attaque qu’aux carcasses, et surtout celles abandonnées par mes collègues charognards. Mon truc, c’est de monter haut, très haut, et de laisser tomber les os sur des rochers, pour mieux les briser… et les ingurgiter ! Astucieux, non ?

Milan Royal - Photo : Christian AussaguelMa longue queue rousse échancrée et mon plumage roux taché de blanc fait de moi un oiseau plutôt séduisant, il faut l’avouer. Mais j’avoue aussi que j’ai tendance à effrayer ! J’entends qu’on dit de moi que je suis un pirate de l’air… c’est vrai que je me nourris de manière assez opportuniste ! Je la joue un peu perso quand j’ai faim, et si j’y parviens, je n’hésite pas à piquer leurs proies aux plus petits que moi ! Mais bon, de là à dire que je suis sans foi ni loi… Je parle, je parle, mais savez-vous au moins qui je suis ? Et oui, vous avez vu juste, je suis le milan royal. Enchanté de faire votre connaissance.

+ Venez observer ces superbes rapaces dans les plus belles zones sauvages du Pays Basque : dans les Gorges de Kakuetta, et sur le massif de la Rhune.
+ Jusqu’au 31 octobre 2012, la Rhune vous invite à découvrir les secrets de la migration.

 

Kakuetta, l’Amazonie du Pays Basque

Vous cherchiez une balade originale à faire avec les enfants, vous avez trouvé ! Aux confins de la Soule, province la plus à l’est du Pays Basque, les Gorges de Kakuetta enchantent petits grands.

Cascade de KakuetaLes Gorges de Kakuetta, on ne s’en lasse pas ! Pénétrer dans cette faille gigantesque creusée dans la montagne, se prendre pour un explorateur, s’immerger en pleine nature, on aime ! Et puis la légende raconte quand même que cette surprenante entaille aurait été faite par l’épée de Roland, neveu de Charlemagne, alors, on prend tout ça au sérieux.

 

Aux Gorges de Kakuetta, vous aimerez :
+ Sillonner le fond mystérieux de la gorge sur des sentiers et passerelles aménagés (l’aventure sans risques, c’est mieux !)
+ Observer les rapaces qui survolent la gorge, juste au-dessus des visiteurs (enfin assez haut quand même)
+ Marcher sur les pas des premiers explorateurs qui ont découvert les gorges en 1906 (ah ça c’est pas rien quand même)
+ Écouter le clapotis (bruit…) de la rivière Uhaitza, qui ne vous quitte jamais (à moins que ce ne soit le contraire…)
+ Observer les jeux d’ombres et de lumière sur la végétation luxuriante (n’essayez pas de reproduire la même chose dans votre jardin)
+ Pénétrer dans les entrailles de la Terre, tout en restant sur terre !
+ Surprendre la cascade chutant d’une vingtaine de mètres au bout du canyon (enfin du coup ce n’est plus une surprise, mais c’est beau quand même)
+ Épater vos amis en racontant cette formidable épopée que vous aurez vécu en Amazonie basque, seul sans assistance, et avec les enfants !

Les Gorges de Kakuetta, on aime ! Racontez-nous vos aventures en revenant !

En savoir plus :
+ Découvrir les Gorges de Kakuetta.