Grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya : il y a de la vie sous terre !

Ce n’est un secret pour personne, le Pays Basque regorge de sites archéologiques d’une qualité exceptionnelle. Et certains d’entre eux fourmillent même de réponses, encore enfouies, sur nos origines ! C’est le cas des Grottes préhistoriques d’Isturitz et d’Oxocelhaya dont le sol est riche de traces de vie enfouies depuis des millénaires… en surface les chercheurs y sont nombreux aussi ! Que s’est-il passé, se passe et se passera-t-il quotidiennement dans ces lieux ? C’est ce que nous allons vous révéler !

Il y eut de la vie sous terre…
Durant près de 80 000 ans, les grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya furent considérées comme un site privilégié pour les rassemblements humains du paléolithique moyen et supérieur. Toutes les conditions étaient réunies pour constituer à la fois un lieu de vie, d’échanges et de créations privilégiés pour les Hommes de Néandertal et les Homo Sapiens. En témoigne l’importance des marques archéologiques qui y ont été retrouvées mais aussi la diversité des objets à vocation utilitaire et créative mis à jour : félin sculpté en bois de rennes, pilier gravé, surfaces colorées, gravures et dessins de chevaux et de bisons, sagaies, harpons, aiguilles, burins, grattoirs…

Il reste encore des traces de vie sous terre…
Ce site de regroupement à l’époque préhistorique est parvenu à conserver sa vocation première de nos jours pour des raisons différentes. Si les grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya constituaient un abri parfait pour les populations préhistoriques de l’époque, dont le but était à la fois de survivre et d’exercer des activités créatives, elles représentent aujourd’hui un lieu privilégié pour les scientifiques pour trouver des réponses sur l’Histoire de nos origines. Des recherches régulières sont effectuées sur plusieurs thématiques pour tenter de lever le voile sur les énigmes qui planent encore autour des thèmes suivants :
-L’art pariétal et sa place au sein des sociétés préhistoriques
-Les comportements humains
-La Transition Neandertal/Homo Sapiens
-Les datations de découvertes

Et il y aura à découvrir encore plus dans les années futures  !
C’est pour mener à bien ces actions à la fois ambitieuses et incontournables, qu’a été créé le Fonds de dotation I&O Harpezale. Soutenir les équipes en place à travers cette organisation, permettra aux chercheurs d’approfondir leurs axes de recherche et leur permettra d’utiliser les dernières technologies les plus récentes. Cela permettra surtout à la génération actuelle de remplir son devoir de passeurs de savoir envers les générations futures. « Préparer ensemble le futur du passé », diffuser et partager les connaissances sont aujourd’hui le but que s’est fixé l’équipe du site de la colline de Gaztelu.

Pour savoir comment apporter votre pierre à l’édifice et appartenir à la tribu des Harpezale, rendez-vous directement sur le site internet : www.grottes-isturitz.com

Arc ou propulseur, avec lequel auriez-vous le plus de chance de faire mouche ?

Quand il s’agit de parler de chasse préhistorique, deux outils se font la guerre : le propulseur et l’arc. Même si ces deux outils ont la même finalité : chasser le gibier pour pouvoir nourrir son groupe, ils sont en tout point très différents. Voyons avec quelle arme un néophyte aurait le plus de chance de faire mouche !

1. Le plus ancien : Propulseur : 1 – Arc : 0
Dans la lutte qui oppose le propulseur à l’arc, il semble que ce soit le propulseur qui ait la plus longue barbe. Enfin, si l’on se fie aux indices que ces outils ont semés : -17 500 avant Jésus-Christ pour le propulseur contre -11 000 avant Jésus-Christ pour l’arc.

2. Le plus léger : Propulseur : 0 – Arc : 1
10 à 30 g pour l’arc contre 150 à 250 g pour le propulseur. L’arc est plus léger et plus facilement manipulable. Moralité : si par malheur, on rate sa cible, et que cette même cible se met à nous charger, il sera plus facile de prendre les jambes à son cou avec un arc.

 3. La fabrication la moins complexe : Propulseur : 1 – Arc : 0
La fabrication d’un arc est plus complexe que celle d’un propulseur. Elle demande d’avoir des connaissances spécifiques et le compas dans l’œil. Si ce n’est pas le cas vous finirez par avoir l’estomac dans les talons.

4. Le plus précis : Propulseur : 0 – Arc : 1
La précision du propulseur deviendrait médiocre dépassé les 30 mètres alors que celle de l’arc atteint facilement les 50 m. L’arc permet également d’atteindre une cible plus petite que le propulseur. Explication : l’arc a 10/10 aux deux yeux tandis que le propulseur est myope (normal, il est plus âgé).

5. La plus grande portée : Propulseur : 0 – Arc : 1
Les sagaies du propulseur ont une portée maximale de 30 mètres. Alors que les flèches de l’arc peuvent atteindre les 50 mètres. On dirait que l’arc a le bras plutôt long.

6. Le plus adaptable au milieu : Propulseur :  0 – Arc : 1
L’arc s’utiliserait dans tous types de milieux (même dans les forêts les plus denses) alors que le propulseur ne s’utiliserait qu’en milieux ouverts. Il serait en effet difficile de s’en servir dans les milieux tropicaux fortement boisés. Un peu claustrophobe l’ami propulseur ?

7. Le moins long : Propulseur : 0 – Arc : 1
Manche gagnée à plate couture par le propulseur : 50 à 90 cm de long contre 150 à 160 cm pour l’arc. Le propulseur est donc l’arme qui dépasserait le moins de notre poche.

8. Projectiles les moins longs : Propulseur : 0 – Arc : 1
Les flèches mesurent de 50 à 90 cm contre 2,50 à 3 mètres pour les sagaies. Conclusion si le besoin de se libérer les mains se fait sentir, nous pourrons presque mettre les flèches derrière notre oreille.

9 . Projectiles les moins lourds : Propulseur : 0 – Arc : 1
Les flèches sont moins lourdes que les sagaies :  10 à 30 g pour les flèches 150 à 250 g pour les sagaies. Le propulseur doit donc avoir le dos sacrément solide..

10 . Le plus rapide : Propulseur : 0 – Arc : 1
Les flèches de l’arc volent aux alentours de 100 km/heure et les sagaies issues du propulseur iraient à une vitesse maximale allant de 75 km/heure à 93,6 km/heure. Si notre ventre se met à grouiller et que l’on est plutôt impatient, l’arc deviendra notre meilleur ami.

Résultats du match : Propulseur : 2 – Arc : 8

Conclusion : les néophytes obtiendraient rapidement de meilleurs résultats à l’arc qu’au propulseur. Sa technique semblerait être plus facile à appréhender et ses caractéristiques en feraient être un outil plus efficace. Mais, avec un peu d’entraînement, le propulseur peut, lui aussi, à terme, être dompté.

Pour en savoir plus, ou si vous venez de vous découvrir une nouvelle passion, rendez-vous aux grottes d’Isturitz et Oxocelhaya et notamment au championnat européen de tir aux armes préhistoriques (28 et 29 septembre).

Vous êtes plutôt stalactite ou stalagmite ?

Reines des grottes d’Oxocelhaya, elles la transforment en véritable cathédrale du temps : stalactites et stalagmites aussi belles que variées ravissent les yeux des petits et grands explorateurs.

Vos enfants ont tendance à confondre leur nom, et pour cause, ils se ressemblent ! Petite leçon de sciences naturelles avant leur visite pratique sur le terrain :

Notre amie la stalactite… tombe (avec un « t » comme tombe !). Sorte de cône, la stalactite pend de la voûte, du plafond des grottes. Du grec stalaktos (« qui coule goutte à goutte »), elle se forme tout doucement, très lentement. Des centaines de milliers d’années sont nécessaires pour qu’une stalactite se forme, ce qui veut dire que les hommes préhistoriques Néandertal et Homo Sapiens d’Isturitz et Oxocelhaya ont dû voir ces mêmes paysages concrétionnés que ce que nous voyons aujourd’hui !

Mais comment ça marche ? Et bien, comme chacun sait les roches des grottes sont faites de calcaire. L’atmosphère de la grotte étant très humide, de l’eau y suinte en permanence sur les parois, qui du coup, se charge de calcaire. Or, avant de tomber, la goutte d’eau perd sa partie calcaire qu’elle laisse sur la paroi, un peu sous forme d’anneau. C’est l’accumulation de ces anneaux qui forment la stalactite !

A l’inverse, lorsque de l’eau tombe sur le sol en s’accumulant à un seul et même endroit, le cône se forme dans l’autre sens, vers le haut. On parle alors de stalagmite, (avec un « m » comme monte !). Du grec stalagmos (« écoulement »), la stalagmite se forme grâce à ce qu’on appelle l’ »effet splash », l’érosion du sol nu de la grotte provoqué par l’impact des gouttes d’eau calcaires.

Magie de la nature mais pas forcément hasard des choses, il arrive qu’une stalactite et qu’une stalagmite se rejoignent, formant ainsi une colonne stalagmitique !

Dorées, pailletées, argentées, brillantes, luisantes, scintillantes, les stalactites et stalagmites forment un décor naturel somptueux dans la grotte d’Oxocelhaya, dont la mise en lumière ajoute sa part de magie et de saut dans le temps, au milieu des entrailles de la Terre.

Prenez le temps d’admirer ces merveilles de la nature, mais aussi de comprendre et de vous projeter dans le temps, un privilège que vous offre cette superbe grotte au Pays Basque.

Grottes d’Isturitz et Oxocelhaya : 80 000 ans d’histoire de l’humanité

Il faut écouter les guides passionnés des Grottes d’Isturitz et Oxocelhaya pour comprendre  l’importance de ce site emblématique de la préhistoire, mondialement connu des archéologues, et ouvert au public depuis 50 ans déjà.

Vallée de l'ArberoueLa route qui nous mène à Saint-Martin d’Arberoue est un préliminaire à la visite des grottes. Le moyen de vous préparer à l’ambiance. Douceur, tranquillité, sont les mots qui viennent à l’esprit en roulant sur la petite route tortueuse qui sillonne cette vallée paisible, presque endormie, où paissent ça et là quelques troupeaux de brebis. A l’arrivée sur le site, sur cette petite colline où trois grottes se superposent, ciel bleu, dégradés de verts, et petite rivière en contrebas. Et puis cette entrée, où l’on a hâte de passer la porte pour prolonger l’enchantement. Mais avant cela, comme pour préparer le visiteur à la visite, quelques citations sur l’homme entament l’immersion dans le futur monde souterrain. Parmi elles, Yves Coppens nous rappelle que « La Préhistoire met l’Homme à sa place, elle sert à comprendre qui nous sommes, la manière dont nous sommes devenus ce que nous sommes (comment) et la raison pour laquelle nous le sommes devenus (pourquoi) ». 

Puis le moment de pénétrer dans la grotte arrive. La lumière du jour disparait pour laisser place à l’obscurité. Les guides sont depuis peu devenus maîtres de la lumière, qu’ils déclenchent lors de leur passage dans les différentes parties de la cavité. Isturitz, la première grotte. Dès les premiers instants les visiteurs sont captivés. Aude, préhistorienne de l’art et guide passionnée, retrace avec engouement les épisodes d’occupation humaine du site, preuves à l’appui. On réalise le vécu des grottes, on fait un bond sans précédent dans le temps, on se projette dans cette salle voici 43 000 ans, du temps où les premiers Cro-Magnon y avaient installé un atelier de fabrication de vêtements. Un choc pour les visiteurs, pantois : 43 000 ans que le concept de société organisée existe, régie par l’économie et la politique, où le troc et l’échange prédominent. Les propos d’Aude ne laissent pas indifférents. On pose des questions, on veut comprendre. Et puis, on réalise qui l’on est et d’où l’on vient. On reprend sa place.

Grotte d'IsturitzPlus loin et après plusieurs haltes où se succèdent l’Histoire et les histoires, la lumière s’arrête sur ce fameux pilier gravé, découvert dans les années 1920. Un autel ? La recherche n’a pas fini de parler… ni de chercher à comprendre pourquoi les hommes préhistoriques ont ici superposé trois animaux dans la roche, sur cette stalagmite monumentale ayant traversé les âges et résisté au temps. On veut prendre le temps nous aussi d’émettre des hypothèses, d’essayer de comprendre. On veut se projeter, participer, avant de poursuivre la visite dans la deuxième grotte, Oxocelhaya, où cette fois, on en prendra plein les yeux. A suivre…

+ Visiter les grottes d’Isturitz et Oxocelhaya
+ Lire l’article « Quand Panpi illuminait nos grottes »

 

Quand Panpi illuminait nos grottes

Eclaireur de grottes, un métier gratifiant. Interview de Pampi, qui réalise actuellement la nouvelle mise en lumière des grottes d’Isturitz et Oxocelhaya.

Panpi, expliquez-nous un peu en quoi consiste votre métier.
Mon métier… Disons que je suis électricien avant tout, mais c’est vrai que ces dernières années je me suis spécialisé dans un domaine peu connu du grand public : la mise en valeur du patrimoine, et surtout des grottes et des musées. Aujourd’hui c’est devenu une véritable passion !

Comment en vient-on à mettre en lumière des grottes ?
Et bien, j’ai presque envie de dire par hasard. Comme dans beaucoup de métiers, vous réalisez une mission pour un client qui vous donne envie de vous spécialiser.  Et au fil des années, vous acquérez une spécialisation qui devient recherchée. J’ai ainsi pu travailler l’éclairage des grottes d’Oñati, de Sare, de Posalagua, de Labastide (Hautes-Pyrénées), du gouffre d’Esparroz… Et aujourd’hui, j’ai  ça dans les tripes !

Concretions aux grottes d'Isturitz et OxocelhayaAlors, qu’est-ce que vous nous concoctez aujourd’hui aux grottes d’Isturitz et
Oxocelhaya ?
Joëlle Darricau m’a missionné pour penser une nouvelle mise en lumière des grottes. Vous savez, dans un lieu souterrain, c’est la lumière qui fait tout. Vous changez l’éclairage des concrétions et c’est toute une visite qui change ! Avec mon équipe (en fait ma fille et son gendre), nous mettons en place un nouveau scénario de visite, entièrement piloté de manière informatisée. Ce sont les guides qui piloteront la lumière, au fil de l’avancement de la visite dans la grotte.

Est-ce un peu le principe de son et lumière ?
Non, c’est différent. Le son et lumière guide de manière automatisée la visite dans la grotte. Aux grottes d’Isturitz et Oxocelhaya, c’est le guide qui est maitre de la lumière, qu’il gère à son rythme. Joëlle Darricau a souhaité privilégier le guide dans la nouvelle visite des grottes.

Alors, comment ça marche tout ça ? Quels sont vos secrets de fabrication ?
Ah, c’est tout un univers… Nous commençons par nous imprégner des lieux en restant plusieurs jours sous terre.  Ce métier est particulier car tout est basé sur la confiance de la propriétaire dans notre futur travail. Nous recensons tous les points d’intérêts de la grotte : stalactites, stalagmites, drapées, cascades, mais aussi peintures rupestres. Puis nous faisons plusieurs essais d’éclairages, jusqu’à trouver le meilleur. S’il devait y avoir un secret, ce serait celui de se mettre dans la peau des visiteurs et du guide. Nous essayons de nous projeter pour savoir ce que chaque visiteur va regarder dans la grotte.

Et vous ne vous trompez jamais ?
Et bien, jusque-là cette technique a toujours bien fonctionné ! Mais nous prévoyons toujours des câblages supplémentaires, au cas où. La durée de vie d’une visite est de 5 ans, et en 5 ans, les goûts des visiteurs changent. De l’exploitant aussi. Nous serons alors à même de programmer une nouvelle visite en changeant « simplement » les lumières.

Dernière question Panpi, quel type d’éclairage utilise-t-on pour éclairer des grottes ?
Nous utilisons des ampoules LED, qui ont l’avantage de durer 100 000 heures au lieu de 2000 avec une ampoule classique. Les ampoules LED n’émettent pas d’ultra-violets et permettent une grande variété de couleurs. Une bonne chose pour la mise en valeur d’un patrimoine naturel souterrain !

Merci Panpi, on a hâte de voir ça ! A partir de quand pourra-t-on voir la nouvelle mise en lumière ?
Nous aurons terminé fin mars 2012, dès la réouverture du site en avril, les visiteurs redécouvriront de nouvelles grottes !

Interview de Panpi Acheritogary (Heurocom), pour Sites et Musées en Pays Basque.
Mars 2012