Quand les fées font salon à la Villa Arnaga

Au premier étage de la Villa Arnaga, existe un coin ou les fées font salon ! Il s’agit du boudoir de l’épouse d’Edmond Rostand : Rosemonde Gérard. Pourquoi avoir décidé de consacrer un coin de la Villa aux Contes de fées ? Il semblerait que ces derniers passionnaient le couple. En témoigne, cet écrit d’Edmond Rostand datant de 1888 : J’ai encore trouvé dans les Contes de Perrault bien des choses charmantes et qui sont faites pour nous plaire. Mais je ne veux pas déflorer l’intérêt de ce sujet que je veux conserver pour vous entretenir, dans nos soirées de causeries. Justement, causons de 3 d’entre elles dès maintenant.

 

1. Cendrillon (Perrault) par Veber
Cendrillon, frêle et fragile jeune fille sert de domestique et de souffre-douleur à sa belle-mère et ses demi-sœurs. Un jour, sa marraine la fée apparaît et lui donne la chance de se rendre au bal du château. Pour ce faire, elle la transforme en véritable princesse et change une citrouille en carrosse. Mais lui rappelle qu’à minuit, tout redeviendra comme avant. Lors du bal organisé par le prince, ce dernier et la princesse tombent sous le charme l’un de l’autre. Mais minuit sonne et Cendrillon doit s’enfuir de peur que le prince ne découvre sa véritable situation.
La fuite précipitée de Cendrillon aux 12 coups de minuit, c’est justement que cette toile tente de retranscrire. A gauche, nous apercevons le prince qui assiste, impuissant, au départ précipité de sa belle.

 

2. L’Oiseau Bleu (Mme d’Aulnoy) par Veber
L’histoire de l’Oiseau Bleu est celle d’un roi chevauchant sans relâche à la recherche de celle qui deviendrait sa femme et la reine de son royaume. Il finit par la trouver : Florine. Le seul problème c’est que sa belle mère, magicienne, la déteste et fait tout pour empêcher cette union. En fait, elle cherche à tout prix à marier sa véritable fille Truitonne au jeune roi. Mais celui-ci refuse et, pour le punir, elle le change en oiseau bleu. Il ne redeviendra un homme que le jour où il acceptera d’épouser Truitonne, même s’il doit le faire contre son gré. Persuadée par sa sœur et sa belle-mère que le roi veut épouser Truitonne, Florine est désespérée. Mais un soir, à sa fenêtre, elle voit paraître un bel oiseau bleu venu lui offrir un superbe bijou. Et il reviendra à plusieurs reprises lui apporter de belles parures.


Sur ce tableau, l’artiste a choisi d’immortaliser la scène durant laquelle Florine reçoit un des bijoux que lui offre l’Oiseau Bleu. Pendant ce temps, sa demi-sœur Truitonne laisse exploser sa jalousie et sa colère. Le personnage que l’on voit dans le ciel est celui de la fée Soussio la marraine et mère de Truitonne, qui veille, sur sa chaise volante tirée par des grenouilles ailées.

 

3. Gracieuse et Percinet (Mme d’Aulnoy) par Veber
Une princesse dont la grâce et la beauté étaient incomparables vivait avec son père et sa belle mère, la duchesse surnomée « Grognon », affreuse, odieuse et envieuse des attraits parfaits de sa belle-fille. Un beau jour, un riche et beau prince nommé Percinet l’aborde et lui déclare sa flamme. Par amour, ce prince, doté de quelques pouvoirs magiques, va, tout au long du récit, l’aider à se sortir des situations difficiles infligées par sa belle-mère.

La séquence représentée est une des épreuves que « Grognon »  fait subir à Gracieuse. Elle la charge de transporter une boîte jusqu’à son château tout en l’interdisant de l’ouvrir sous peine d’être tuée. La princesse, rongée par la curiosité, finit par ouvrir la boîte qu’elle devait livrer fermée. Et il s’en échappe une flopée de petits bonhommes et de petites bonnes femmes munis d’instruments de musique, de tables et de plats, qui se dispersent dans le pré et dans le bois. Percinet, que l’on voit à ses genoux, lui vient une nouvelle fois en aide, et d’un coup de baguette magique, parvient à tout faire rentrer dans l’ordre.

 

Au vue de ces 3 œuvres, il semblerait que Edmond Rostand ait décidé que ces murs soient empreints d’imaginaire, d’émotions fortes, et qu’ils cherchent à nous faire passer un message. Lequel me direz-vous ? Imprégnez-vous de l’ambiance des lieux et essayez de vous faire votre propre avis en visitant le boudoir de la Villa Arnaga.

Election de « miss belle des jardins de mai »!

Lecteur, lecteur, dis-moi, qui est la plus belle au royaume des fleurs du printemps ? Pour répondre à cette question, les trois miss fleurnalistes, sélectionnées parmi celles nées au mois de mai, et fraîchement interviewés, pour certaines, à la Villa Arnaga de Cambo, se présentent devant vous. Elles joueront de leurs charmes et déploieront leurs plus beaux arguments pour essayer de vous convaincre de les élire miss belle des jardins de mai! Je vous laisse en leur compagnie, seuls juges, et je m’éclipse, sur la pointe des pétales !

Miss Coquelicot:
- Origine de mon nom : Mon nom vient de l’ancien français coquerico qui désignait le coq par son cri. Ce n’est pas très élégant n’est-ce pas ? Vous conviendrez que celui qui a vu cette ressemblance inexistante n’était pas très net. Chez moi, on me donne un petit surnom: pavot (mais en général quand mon père m’appelle comme ça, c’est qu’il est très en colère).

- J’évoque : L’amour ! Bien sûr ! Celui qui offre une de mes congénères veut dire : aimons-nous au plus tôt !

- Ma taille : Chez moi on mesure entre 30 et 120 cm.

- Mon physique et mes habitudes vestimentaires : Je suis très bien faite, contrairement à ces mochetés, autres concurrentes légèrement enveloppées. Je suis composée de quatre grands pétales rouges ornant mes petites étamines noires bleutées. En mon centre, je renferme un trésor: mon fruit ! J’aime bien porter des robes rouges légères (ma couleur préférée).

- Mes origines : Je suis originaire du Moyen Orient, amenée en Europe par le commerce des céréales.

- On me trouve : J’aime bien flâner, à tige, le long des chemins de vos vacances. Vous avez déjà peut-être pu m’apercevoir qui sait ?

- Mes habitudes alimentaires :  Je me nourris essentiellement de soleil, d’un peu d’eau et de sol calcaire. Mais pas trop ! Je tiens à ma ligne !

- Mon entretien : Je ne vais jamais chez le coiffeur, je me débrouille toute seule, comme une grande, pas question que l’on touche à mes pétales!

- Mes amis disent de moi: Que je suis incontrôlable et assez envahissante. (Et ceux-là se disent être mes amis !). Mais d’autres disent que je suis apaisante et très bonne cuisinière (notamment des petits pains et des confiseries). Je suis également très bonne soignante : experte en mal de gorge, une tisane ou une pastille à sucer et c’est terminé. Il paraît, aussi ,que je suis parfois soporifique quand je commence à raconter mes histoires à dormir debout ! Vous trouvez ? 

Ma plus grande phobie :  Je déteste le repiquage. J’en fais même des cauchemars les nuits de pleine lune.

Mon petit plus:  J’ai été la muse du peintre Claude Monet. Et oui !

 

Miss Lilas:
- Origine de mon nom: Mon nom vient du persan et signifie bleuté (qui rime avec beauté, je pense que c’est fait sciemment ! ).

- J’évoque: En Angleterre, on dit que je porte malheur, dès lors que je rentre dans une maison. (et pourquoi pas l’inverse, eux qui me porteraient malheur quand ils entrent dans mes champs!). Je pense plutôt que j’ai un pouvoir magique : celui de mettre fin à une relation dès lors qu’on m’offre (comme les perses le pensaient) et celui de faire que la fille à qui l’on m’offre reste célibataire toute l’année (comme les américains le pensent). Je suis le symbole de la beauté juvénile et des amours naissantes. (Pas comme ces vieilles peaux, ces autres concurrentes ! )

- Ma taille: Ma famille et moi mesurons entre 4 à 7 mètres (je suis donc bien plus grande que ces autres potiches, concurrentes!)

- Mon physique et mes habitudes vestimentaires: La belle plante, que je suis, se compose de 4 pétales (de couleur bleues, parmes, blancs et/ou roses) réunis en grappes retombantes. Mon feuillage est aussi éblouissant que mes pétales et décore même les endroits les plus minables, pauvres en ameublement. Je sens aussi très bon, et j’envoûte tous ceux qui passent près de mon lieu d’habitation grâce à mon merveilleux parfum frais, fleuri, fruité, et même légèrement musqué.

Mes origines : Je viens du sud-ouest de l’Europe et de l’ouest de l’Asie.

- On me trouve : Généralement dans les petits jardins de ville et les balcons pour les citadins. Les humains adorent ma compagnie !

- Mes habitudes alimentaires: Je bois beaucoup d’eau (environ 15 litres toutes les deux semaines) pour préserver mon éclat! J’ai également besoin de beaucoup de lumière.

- Mon entretien: J’aime beaucoup qu’on prenne soin de moi et ce, avec la plus grande des précautions, car je suis fragile. Mais, paradoxalement, je dors sans chaussettes la nuit, car je suis assez résistante au froid.

- Mes amis disent de moi : Que je suis légèrement envahissante (c’est parce qu’ils ne savent pas me recadrer). Que je suis solitaire et que je n’aime pas être dérangée (surtout par des êtres qui me sont inférieurs, qui semblent dangereux).

- Ma plus grande phobie: Les cochenilles ! Rien que d’en parler ça me démange !

- Mon petit plus : Serge Gainsbourg m’a chanté (ndlr: le poinçonneur des lilas). Et ce n’est qu’un des nombreux exemples que je peux vous donner (on m’a dit d’être courte) !

 

Miss Rose:
- Origine de mon nom : A quoi bon me présenter… on ne me présente plus ! C’est moi la star des jardins ! Si, il faut, vous êtes sûrs ? D’accord, c’est bien parce que c’est vous ! Bonjour, je suis miss Rose ! (Ça vous va comme ça ?)

- Mon nom évoque : Je suis l’emblème suprême de l’amour! Et l’amour le vrai! Pas cet amour de pacotille, léger, que vous proposent les autres novices, concurrentes respectables.

- Ma taille : Chez moi nous mesurons de 60 cm à 3 m.

- Mon physique et mes habitudes vestimentaires : J’ai cinq somptueuses pétales et de royales étamines bien visibles. Moi je suis rouge, mais mes congénères peuvent porter des robes aux innombrables couleurs, teintes, nuances, tailles et formes. D’ailleurs les couleurs portées par mes semblables transmettent toutes un message à ceux qui les regardent ou les offrent. Le rouge : c’est la passion. Le blanc: c’est la pureté des sentiments. Le jaune : c’est les sentiments amicaux ,ou la rupture et l’infidélité si on est en couple. Le orange : le désir et l’admiration. Le rose : l’affection, la douceur, et la fidélité. En entendant ça, vous vous dîtes surement: à quoi bon parler ? Ne vous fatiguez pas inutilement, nous le faisons à votre place !

- Mes origines: Il paraîtrait que je vienne de Chine et d’Inde.

-On me trouve : Partout ! Jardins, balcons…vases…séchées entre les pages d’un dictionnaire en souvenir…(partout je vous dis !).

- Mes habitudes alimentaires : De la terre, de l’eau, de l’engrais…

- Mon entretien : Très régulier. Je ne supporte pas d’être mal coiffée trop longtemps. Ça gâche ma beauté!

- Mes amis disent de moi : Que je suis la reine des fleurs tout simplement ! Egalement que je suis capricieuse et prétentieuse, mais si peu !

-Ma plus grande phobie : Les mauvaises herbes qui gâchent ma beauté ! A quoi bon passer des heures à se faire belle dans la mare, franchement !

- Mon petit plus : Je suis et je resterai la muse et la fleur préférée de nombreux artistes, divinités et communs des mortels. Un exemple, parmi tant d’autres (oserais-je dire): l’impératrice Joséphine de Beauharnais était tellement folle de moi, qu’elle envoya des botanistes parcourir le monde pour rassembler 600 espèces différentes de mes congénères dans sa roseraie (elle possédait la plus incroyable des collections).

 

Ndlr: Alors quelle est celle qui vous a le plus convaincus? Quelle est votre miss? A vos votes!

Ps: Retrouvez la plupart des miss présentées, en tiges et en pétales, dans les jardins de la Villa Arnaga à Cambo.

 

 

 

 

 

Les arbres remarquables du jardin d’Arnaga

Le 8 octobre dernier, Arnaga s’est vu décerner le label « Arbres remarquables de France ». Une distinction qui récompense l’important travail réalisé par la ville de Cambo-les-Bains en faveur de ses arbres vénérables.

Agé de plus de cent ans, le parc de la Villa Arnaga fait l’objet d’un véritable lifting, et ce dans le cadre d’une programmation de trois ans soutenue par de nombreux partenaires (DRAC, Conseil Régional d’Aquitaine, Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques). Retour sur quelques-unes des aventures de ce parc dont on n’est pas peu fiers au Pays Basque.

Les arbres du domaine ont d’abord été expertisés. Un forestier a analysé l’état sanitaire de 500 arbres dans le domaine. Chacun d’entre eux est maintenant fiché : numéro d’identification, fiche d’identité, relevé photographique et analyse de son état de santé. L’anonymat, c’est terminé !

A la suite de cette expertise, il a été décidé de créer un secteur sauvegardé pour les vieux têtards du jardin à l’anglaise (les têtards, pas les tétards !). Risquant à tout moment de tomber (c’est qu’ils sont vieux maintenant), on a choisi de les laisser finir leur vie paisiblement… ce qui ne les empêche pas de se faire chouchouter : allègement des parties hautes, et apport de copeaux de bois et de compost pour des repas plus équilibrés.  Protégés dans une zone délimitée et sécurisée, les vieux arbres pourront encore faire l’admiration du public pendant quelques décennies, en toute sécurité.

Trognes de 200 ans arbres ArnagaRevenons-en à nos têtards. Pour l’explication, un têtard est un arbre auquel on a coupé la tête (et oui) afin de faire pousser des branches. Ces branches sont elles-mêmes régulièrement coupées à hauteur d’échelle provoquant la pousse de rejets. Avec le temps, ces arbres prennent des formes torturées étonnantes : les trognes. Le bois récolté des Trognes servait pour le feu du boulanger, la charbonnette, mais la taille permettait également de récolter des glands. Stressé par cette coupe, l’arbre produit par la suite de bonnes glandées (si, si) pour la nourriture des animaux. Taillés en têtards jusqu’au temps d’Edmond Rostand, ils ont ensuite été laissés tels quels. Depuis 1925, de grandes branches se sont alors développées, créant des silhouettes uniques en leur genre, sortes d’immenses candélabres aux formes torturées.

La parc d’Arnaga propose un autre spectacle assez étrange : des lauriers poussant dans des chênes ou des tilleuls encore vivaces. A l’intersection des grandes charpentières se sont creusées des cavités remplies d’humus. Les oiseaux y ont semé des graines et des lauriers y ont trouvé résidence. Bien sûr, la cohabitation est pacifique. L’arbre porteur quant à lui n’est pas affaibli, bien au contraire puisque la plaie n’est plus béante et l’humidité n’y pénètre pas. Une petite coupe régulière maintient le parasite à une dimension raisonnable !

+ Découvrir la Villa Arnaga et son parc.

 

La Villa Arnaga labellisée Maison des Illustres

C’est officiel depuis ce printemps ! La célèbre Villa Arnaga, ancienne demeure d’Edmond Rostand, vient de se voir attribuer le label Maisons des Illustres par le ministère de la Culture et de la Communication. La villa du père de Cyrano de Bergerac rejoint les 170 autres lieux d’histoire et de culture en France.

Logo Maisons des illustresLa distinction Maison des Illustres est destinée à signaler au public les lieux qui conservent et transmettent la mémoire des acteurs politiques, religieux, industriels, scientifiques et artistiques qui les ont habitées. Ces 171 Maisons font le lien entre histoire locale et histoire nationale, saisie de l’intime et grand vent de l’histoire, héritages transmis et création artistique.

Dispositif de valorisation du patrimoine et de l’action culturelle sur l’ensemble du territoire français, il est décerné aux Maisons qui ouvrent leurs portes aux visiteurs plus de quarante jours par an. Il garantit un programme culturel d’excellence adapté à tous les publics, notamment le public scolaire et les personnes en situation de handicap.

Le label Maisons des Illustres est attribué pour une durée de cinq ans au terme d’une procédure instruite poar les directions régionales des affaires culturelles et une commission nationale d’attribution animée par la direction générale des patrimoines.

Le label Maisons des Illustres appartient aux réseaux gérés par le ministère de la Culture et de la Communication : Musées de France, Villes et Pays d’Art et d’histoire, Jardins remarquables, Patrimoine du 20ème siècle.

La Villa Arnaga désormais labellisée rejoint ainsi le Château de la Brède de Montesquieu (Gironde), le Château Abbadia à Hendaye, le Château Musée Henri IV à Nérac (Lot-et-Garonne) ou encore le Château Musée Lafayette (Haute-Loire).

Villa Arnaga

+ Découvrir la Villa Arnaga à Cambo-les-Bains

Arnaga, où comment l’écrivain a exprimé ses talents d’architecte

Trois ans seulement auront suffi à transformer la Villa Arnaga en oeuvre majestueuse, pour passer de l’idée à la concrétisation, du rêve à la pose de la dernière pierre. En gérant au millimètre près ce projet, Edmond Rostand nous révèle qu’il n’était pas seulement écrivain, mais aussi un visionnaire capable de décrire et de dessiner avec talent les esquisses de son futur petit Versailles.

Lettre d'Edmond Rostand à son architecture Joseph Tournaire« Cambo, 29 juin 1904
Cher Monsieur Tournaire,
J’ai été enchanté par votre idée de fontaine, ainsi que vous le disait ma dernière lettre, d’autant plus qu’elle complète à merveille un petit ensemble que je rêvais pour la terrasse côté Cambo… ».

Des lettres comme celles-ci, la conservatrice de la Villa Arnaga en compte des dizaines. Pour réaliser les caprices et désiratas du maître, Joseph Tournaire, architecte de renom, entame un grand travail avec Edmond Rostand. Lauréat du Grand Prix de Rome, pensionnaire de la Villa Médicis, architecte officiel de la Ville de Paris, enseignant à l’Ecole des Beaux-Arts… Tournaire est l’homme qu’il faut au poète Edmond Rostand pour exprimer dans la petite ville thermale de Cambo la somptueuse demeure labourdine.

Croquis de la terrasse de la Villa Arnaga« Je désire que vous dalliez une partie de cette terrasse avec des dalles très irrégulières, dont on fixerait l’irrégularité par des croquis comme je le fais ci-joint, parce que l’expérience m’a prouvé que l’irrégularité laissée à la fantaisie des ouvriers est toujours timide… ». Si l’architecte met une véritable armée d’ouvriers à l’oeuvre pour construire la maison, le poète suit de près les travaux. Il en est même l’instigateur, et ses idées sont… des ordres. Edmond Rostand sait ce qu’il veut pour sa maison : ce qu’il imagine en rêve, le plus beau.

Bien qu’une grande partie des matériaux soient acheminés de Paris, Toulouse, Bordeaux, et même d’Angleterre, Arnaga s’élève avec une rapidité surprenante. Le chantier avance à grands pas, les débats passionnés enflamment les deux hommes, qui paraissent mener une course contre la montre. De 1903 à 1906, Edmond Rostand n’a plus qu’Arnaga en tête, la marge de son oeuvre Chanteclerc est criblée de plans, de croquis de balcons, balustrades et pergolas. Pendant quelques mois, l’oeuvre de pierre prend le pas sur l’oeuvre de l’esprit.

Croquis de l'escalier de la Villa ArnagaMais le résultat est à la hauteur. Le gros oeuvre terminé, les journalistes se succèdent sans relâche pour venir admirer « l’immense ferme basque remplie d’ouvriers ». Puis vient le temps de sublimer l’intérieur. Le grand hall et sa frise murale de Gaston Latouche, le cabinet de travail communiquant avec la bibliothèque, à l’étage, les peintures de Jean Veber illustrant des contes de fées. Rostand travaille l’intérieur de sa maison comme un sublime décor de théâtre où rien n’est laissé au hasard, où chaque pièce doit être aussi belle que l’autre. Dans une correspondance envoyée à sa femme Rosemonde en villégiature à Paris pendant quelques semaines, le poète déclarera tout de même, quelque peu inquiet : « Ma chère Rose, c’est fou d’avoir acheté tout ça,… ça m’amuse, j’en rêve, mais aussi je me demande où nous trouverons l’argent pour payer tant de choses, malgré les soit-disantes faveurs de Truffaut ». Epouse, confidente et assistante, Rosemonde suivra son mari pas à pas et consciencieusement tout au long du projet.

Viennent enfin les jardins. De nombreux documents témoignent de l’investissement d’Edmond Rostand pour leur réalisation. L’auteur, qui fourmille d’idées, n’hésite pas à faire transplanter des arbres âgés de 30 ans. Son fils Jean raconte que « De sa main, il avait dessiné chaque parterre, chaque massif, chaque plate-bande, marqué l’emplacement de chaque bosquet d’arbres, de chaque buisson. Il avait longuement réfléchi sur la disposition d’une roseraie, sur la hauteur d’une charmille, sur la taille d’un if, sur la courbe des guirlandes de lierre qui unissaient les platanes de la grande allée. »  Encore une fois le résultat est surprenant : les jardins, à thème, sont une merveille d’effets visuels.

+ Visiter la Villa Arnaga, demeure d’Edmond Rostand
+ Lire l’article « Villa Arnaga : clichés volés ».

Villa Arnaga : clichés volés

Il faut visiter et revisiter la demeure basque d’Edmond Rostand pour l’apprécier à sa juste valeur. La Villa Arnaga se savoure, au gré du temps, de votre humeur, de la lumière… Quelques clichés, comme des visites éclair, à retrouver ensuite au détour d’une chambre, d’un couloir, d’un jardin.

Grand hall de la Villa ArnagaOn n’entre pas dans le Grand Hall de la Villa Arnaga. On y est accueilli. Par la beauté de la pièce, par sa chaleur, ses textures, sa lumière, son histoire. Pensé tout en couleurs, le vaste hall à l’anglaise surprend par sa conception théâtrale. Arceaux de pierre, piliers habillés de marbre et balcons s’imposent dans cette pièce qui occupe toute la largeur de la maison. Sur les murs, en hauteur, des toiles d’artistes renommés jouent avec la lumière du jour qui pénètre par la baie vitrée ouvrant sur la terrasse, donnant elle-même sur les jardins.

 

 

La chambre de Rosemonde, Villa Arnaga

La chambre de Rosemonde est semblable à son ancienne propriétaire : élégante, discrète et d’une grande beauté. On y flâne volontiers pour se souvenir que Madame Rostand était aussi poète et écrivain, en témoignent les ouvrages publiés conservés dans la pièce. Vue sur la chambre communiquante d’Edmond Rostand, grande pièce aux lambris marquetée, dont un jeu de miroirs anime la porte donnant sur le cabinet de toilette.

 

 

 

Décor de la piece de théatre Cyrano-de-BergeracAvec son plafond de chêne clair et sa galerie de circulation à l’étage, la superbe bibliothèque de la Villa Arnaga a conservé les décors d’origine, peints en 1903 par Hélène Dufau. Consacrée à Cyrano de Bergerac, la pièce, bien qu’intime, aligne les richesses acculumées au fil des années : volumes, affiches, photographies, lithographies, lettres de l’auteur, et enregistrements de la pièce de théâtre d’époque… tout ici respire le succès sans précédent de la pièce qui a fait la renommée d’Edmond Rostand.

 

 

 

Affiche La SamaritaineSouvenir de Sarah Bernhardt, la Samaritaine guide le visiteur arrivé au sommet du grand escalier. Depuis le Théâtre de la Renaissance à Paris jusqu’à Cambo-les-Bains au Pays Basque, Edmond Rostand a su poser ses marques. Avec la Samaritaine et son rôle sur mesure pour l’actrice Sarah Bernhardt, l’auteur s’offre alors une double année de succès. Tirée à seulement 25 exemplaires, l’affiche originale est réalisée par le célèbre Alphonse Mucha, peintre précurseur du style Art Nouveau.

 

 

 

Le bureau Empire d'Edmond Rostand à la Villa ArnagaDe style Empire, le bureau d’Edmond Rostand affiche lui aussi esthétisme et richesse. En bois de citronnier avec des incrustations de bronze, le bureau se situe dans une pièce où l’auteur aimait à rappeler ses amis écrivains dont il conservait de nombreux ouvrages. Bustes, dédicaces, pastels, photographies rappellent également le souvenir d’Anna de Noailles, poétesse à laquelle Edmond Rostand était très lié.

+ Lire l’interview inédite d’Edmond Rostand pour Sites et Musées en Pays Basque.
+ Visiter la Villa Arnaga à Cambo-les-Bains.

 

Les Journées du patrimoine au Pays Basque

Invitation à la découverte et à la curiosité, la 29ème édition des Journées du Patrimoine les 15 et 16 septembre prochains, se déclinera sous le thème des « Patrimoines cachés ». Comme partout en France, les Journées du patrimoine en Pays Basque sont l’occasion d’offrir l’accès à la culture à tous, mais également de permettre aux locaux de redécouvrir leur territoire. Sites et Musées en Pays Basque vous ouvrent leurs portes.

Hildegarde von bingenChâteau d’Urtubie à Urrugne
A l’occasion des Journées du Patrimoine, le Château d’Urtubie ouvrira ses portes pour une visite guidée spéciale à tarif réduit. La visite du château se fera alors en deux parties :
>> La visite du parc avec sa chapelle du 17ème, sa salle de bain du 19ème et son orangerie du 18ème où se tient une exposition sur « Les Plantes qui soignent » d’après l’œuvre de Hildegarde de Bingen, abbesse allemande vivant au XIIème siècle.
>> La visite des remparts avec l’explication de l’architecture du château et de son histoire, suivie de la visite intérieure des 4 salons.
Durée : 1 heure environ
Tarif réduit pour les adultes : 5€ au lieu de 6,50€
Gratuit pour les enfants de moins de 16 ans.
Horaires des visites : de 10h30 à 12h30 et de 14h à 18h30.
+ Renseignements auprès du Château d’Urtubie.

Coupole de l'église de l'Hopital Saint-BlaiseEglise de l’Hôpital Saint-Blaise
Bien trop souvent, l’accès au patrimoine se fait au niveau du sol, et à cette occasion, l’église de l’Hôpital Saint-Blaise vous invite à gagner en altitude pour découvrir un élément de son architecture rarement accessible: son clocher.

Les visites auront lieu toutes les heures de 10h à 18h (départ de la dernière visite) et commenceront par un voyage dans le temps avec un Spectacle « Son et Lumière » à l’intérieur de l’église. La découverte se poursuivra par la visite du clocher suivie d’une visite guidée extérieure pour observer l’architecture atypique du monument. Pour finir, ceux qui le souhaitent pourront partir en balade le long du sentier aménagé aux abords de l’église et flâner le long du ruisseau Le Lausset, jusqu’à l’ancien moulin à eau du XVIIè siècle.
Tarifs : 4€ pour les adultes et 2€ pour les enfants
+ Renseignements et inscriptions auprès de l’Eglise de l’Hôpital Saint-Blaise ou au 05 59 66 07 21.

Portrait projeté sur la façade du Musée Bonnat-Helleu - Nuit des Musées 2012Musée Bonnat-Helleu, Musée des Beaux-Arts de Bayonne
Visites au sein de l’hôtel de ville de Bayonne, place de la liberté, entrée gratuite.
« Quand l’hôtel de ville était un musée: à la redécouverte d’oeuvres oubliées ».
Visite commentée, par l’équipe scientifique du musée, des tableaux présents dans les salons de l’hôtel de ville.
Samedi 15 septembre à 11h et dimanche 16 septembre à 15h et 16h30.
Présentation de photographies sur la façade du musée (Musée fermé mais musée en action ! gestes et activités en images)
+ Renseignements auprès du Musée Bonnat, Musée des Beaux-Arts de Bayonne.

Portrait d'Edmond RostandVilla Arnaga à Cambo-les-Bains
Dans le cadre des Journées du Patrimoine, la Villa Arnaga organise des ateliers pour les enfants sur la thématique du jardin. Les ateliers sont destinés à appréhender de façon ludique le monde végétal. Maquillage, repérage des essences d’arbres, visite des 5 sens, faire un herbier, teindre avec les plantes, cuisson nature, imaginer son jardin, cabanes. Tout un programme !

Gratuit pour les jardins et les ateliers. 4€ pour la Villa (gratuit – de 12 ans)
Samedi et dimanche de 9h30 à 18h.
+ Renseignements auprès de la Villa Arnaga.

Soldat à la prison des EvequesJournées du Patrimoine à Saint-Jean-Pied-de-Port
A l’occasion des Journées du Patrimoine, la municipalité de Saint-Jean-Pied-de-Port vous invite à découvrir l’Histoire et le Patrimoine culturel de la cité médiévale.

Arpentant les rues pavées du cœur historique, les maisons aux façades décorées de linteaux sculptés dans le grès rose de l’Arradoy s’offriront à votre regard. Vous pourrez suivre les pas des soldats de la garnison militaire en empruntant le chemin de ronde menant de la porte de Navarre à la porte Saint-Jacques et continuer votre balade sur les hauteurs jusqu’à la Citadelle.

Des visites commentées gratuites vous seront proposées durant tout ce week-end, placé sous le signe de la Culture, vous permettant de découvrir la cité fortifiée et la Citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port.
>> Visite commentée de la Citadelle, le samedi 15 et dimanche 16 septembre à 10h00 et à 16h00
>> Gratuité de l’entrée à la Prison des Evêques, le samedi 15 et dimanche 16 septembre
>> Samedi 15 septembre à 18h30 à la mairie de Saint-Jean-Pied-de-Port, conférence de >> Antton Curutcharry « 1512-1522 : 10 années pour conquérir la Navarre »
>> Samedi 15 septembre à 20h30 à l’église Notre-Dame, concert gratuit de chants basques avec l’otxote Lurra.
>> Gratuité du Petit Train Touristique, samedi et dimanche

+ Renseignements auprès de la Prison des Evêques.

Un calmar géant au bathyscaphe de la Cité de l'OcéanCité de l’océan à Biarritz
A 11h30 et 15h (les 2 jours) : conférence sur le Gouf de Capbreton par Antoine Deshoulliers (animateur scientifique)
Cette conférence s’appuiera sur deux univers de la Cité de l’océan (le bathyscaphe et la radiographie du Gouf de Capbreton) et sera incluse dans le tarif de l’entrée (tarifs habituels).

+ Renseignements auprès de la Cité de l’Océan.

 

Poisson scorpionMusée de la Mer Aquarium de Biarritz
A l’occasion des journées du patrimoine, le Musée distribuera à l’entrée un feuillet retraçant l’histoire du bâtiment et la conversation des choses d’époque (Architecture Art-Déco, fresque Sauvage, fontaine Cazaux…). Le feuillet est distribué pour tout achat d’entrée (tarifs habituels).

+ Renseignements auprès du Musée de la Mer.

 

Pommeaux de makilas au Musée Basque et de l'Histoire de BayonneMusée Basque et de l’Histoire de Bayonne
Pour ces Journées Européennes du Patrimoine, les amis du Musée Basque partageront avec vous leurs petits secrets…
Samedi 15 et Dimanche 16 septembre à 10h30, 11h30, 14h30 et 15h30. Les visiteurs découvriront, entre autres, une sélection d’objets tirés des réserves du musée présentés par les membres de la SAMB et par l’équipe du musée.

+ Renseignements auprès du Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne.

Pelotari à l'écomusée basque Jean VierEcomusée Basque à Saint-Jean-de-Luz
Si vous êtes de passage à Saint-Jean-de-Luz, profitez des Journées du Patrimoine pour bénéficier de rabais à l’Ecomusée Basque Jean Vier.
Tarif adulte : 6€ au lieu de 7,50€.
Tarif enfant : 3,20€.

+ Renseignements auprès de l’Ecomusée Basque.

Inédit ! Interview du célèbre Edmond Rostand

Interview inédite pour Sites et Musées ! L’auteur de Cyrano de Bergerac revient pour la première fois depuis 1918 sur la pièce qui l’a rendu célèbre.

Edmond, en 1897 vous avez 29 ans, vous êtes un poète peu connu et tout à coup c’est la célébrité, racontez-nous.
Oui, en effet, tout s’est joué un soir de décembre 1897, au Théâtre de la Porte Saint-Martin. Le jour où mon destin a basculé ! La première de Cyrano de Bergerac a connu ce soir-là un succès retentissant, au-delà de ce que j’avais pu vivre avec mes pièces précédentes, Les Romanesques en 1894, et La Samaritaine, interprétée par Sarah Bernhardt en 1896.


Portrait d'Edmond RostandVous attendiez-vous à un tel succès ?
Absolument pas ! L’ambiance était d’ailleurs plutôt au doute. Je me souviendrai toujours que, la veille de Cyrano, un comédien sortant de la dernière répétition ayant rencontré un confrère qui l’interrogeait du regard, répondit laconiquement : « Noir ». Ca voulait tout dire… Et pourtant le lendemain, dès le premier acte, la salle était soulevée par le panache de Cyrano et sa réplique « moi, monsieur, si j’avais un tel nez, 
il faudrait sur le champ que je me l’amputasse !… ».

Ce morceau de bravoure fera le tour du monde en plusieurs langues…
Oui c’est vrai que la pièce a suscité un enthousiasme que l’on avait l’habitude de ressentir lors des grandes premières théâtrales romantiques. Des répliques se sont immédiatement gravées dans les mémoires et se sont propagées comme un souffle. C’est le cas par exemple de « Ne pas monter bien haut peut-être, mais tout seul ! », morceau de bravoure du second acte de la pièce.

En 1900, vous tentez de renouveler l’exploit de Cyrano avec une nouvelle pièce. Pensez-vous à ce moment-là que vous jouez avec le feu ?
C’était en effet un pari risqué mais que j’ai tenu à prendre. L’Aiglon a finalement été un triomphe, un soulagement après la première ! J’ai été très flatté suite à cela d’être nommé « poète national », mais cela ajoute une pression supplémentaire. Toujours faire mieux, ou tout du moins, aussi bien !

A 33 ans, vous êtes élu plus jeune académicien de l’histoire de l’Institution. Une consécration ?
Ecoutez, ce serait mentir que de dire le contraire. Il est vrai que mon apport à la poésie française a été révélateur. Entrer à l’Académie française est le plus grand honneur pour un auteur, et ma relative jeunesse a ajouté ce jour-là à mon incommodité. J’aurais été très à l’aise pour écrire une fiction dramatique sur ce qui était en train d’arriver, mais me confronter à la réalité du discours devant 250 ans d’académie, c’était un autre exercice de bravoure… moins héroïque !

Interview d’Edmond Rostand réalisé en avril 2012 pour Sites et Musées en Pays Basque.

+ Lire l’article « Arnaga : où comment l’écrivain a exprimé ses talents d’architecte« .