Ours y es-tu ?

Les grottes de Sare ont servi d’abri aux humains il y a bien longtemps, mais pas seulement… elles ont aussi accueilli d’autres mammifères bien plus poilus : les ours des cavernes !  Qui étaient-ils, à quelle période pouvait-on les trouver dans les grottes, et qu’y faisaient-ils ? C’est ce que nous nous apprêtons à vous dévoiler.

Ours y es-tu?
Plus maintenant. Cette espèce de grande taille (qui pouvait atteindre 3,50 m de long et peser jusqu’à 600 kg), est apparue il y a 250 000 ans en Europe et s’est éteinte il y a plus de 10 000 ans. Durant son existence, l’ours des cavernes aurait élu domicile dans les grottes à l’année, et y aurait passé de longues périodes, reclus, pour se protéger des premières gelées hivernales. 

Ours qu’y fais-tu ?
J’enfile mon bonnet de sieste hivernal. Si les grottes constituaient la résidence principale de nombreux ours des cavernes de l’époque, la majeure partie du temps passé à l’intérieur de ces cavités correspondait à ce qu’on appelle l’hivernation. A la différence de l’état d’hibernation-qui est une torpeur qui rend l’animal insensible à tout événement extérieur- l’hivernation n’est pas synonyme de sommeil profond mais équivaut à un rythme de vie ralenti-une sorte de longue sieste-. Pendant ces périodes-qui pouvaient durer de 3 à 7 mois-l’ours se recroquevillait dans sa tanière et s’apprêtait à mener une toute nouvelle vie : au revoir les gambadages dans la nature, et bonjour la vie cocooning au ralenti.

Ours m’entends-tu ?
Oui, j’arrive ! Me voilà ! Ce n’est pas parce que l’ours des cavernes était en hivernation qu’il ne réagissait pas en cas de menace imminente ou de présence d’un intrus. Oui, son rythme cardiaque était réduit-de 50 à 12 pulsations par minutes environ-son rythme respiratoire divisé par deux, et il ne se nourrissait pas pendant toute la période d’hivernation-il avait accumulé assez de réserves durant l’année-mais il ne dormait que d’un œil. L’ours des cavernes restait attentif à tout bruit extérieur et pouvait sortir de sa grotte s’il se sentait menacé.

Alors si l’envie vous dit d’en savoir plus et d’aller débusquer les traces laissées par l’ours des cavernes se tournant et se retournant dans sa grotte, rendez-vous aux grottes préhistoriques de Sare !

Tour d’horizon des idées reçues autour du dolmen

Vieux de plusieurs millénaires, le dolmen ou étymologiquement « table de pierre », en a entendu des vertes et des pas mûres à son sujet! Il est donc grand temps de faire la lumière sur les idées reçues, entendues et réentendues, au sujet de ces mystérieuses pierres équilibristes.

Idée reçue n°1: Les dolmens ne se trouvent qu’en Bretagne.
FAUX! On compte 27 dolmens au Pays Basque sur un total de 110 chambres dolméniques en France. En particulier à Irouleguy, Behorleguy, Sare…

Idée reçue n°2: Un dolmen est une pierre dressée, parfois isolée, plantée verticalement. 
FAUX! A ne pas confondre avec le menhir, le dolmen est une construction mégalithique préhistorique constituée généralement de deux pierres verticales, qui servent de pied, recouvertes d’une ou plusieurs dalles qui lui servent de couverture.

Idée reçue n°3: Le dolmen tient à l’aide de mortier et de ciment. 
FAUX!  Ces pierres « équilibristes » sont érigées par l’homme sans mortier ni ciment ! Le tumulus, amas de pierre et de terre généralement disposé sur le monument, fait office de protection et de maintien de l’édifice.

Idée reçue n°4: Cet édifice servait exclusivement de lieu de sacrifice.
FAUX ! Il s’agissait principalement d’un monument sépulcral, destiné à recevoir un ou plusieurs cadavres. Sorte de fosse commune ou monument réservé aux privilégiés, le mystère reste entier…

Idée reçue n°5:  L’édifice était construit par de nombreux hommes à bout de bras.
FAUX ! Il semblerait que sa construction ait nécessité la participation de nombreux hommes effectivement, mais aidé par certains matériaux. En effet, la pierre du dessus, communément appelée « la table », en général très lourde, était hissée grâce à des rouleaux sur le plan incliné constitué par le tumulus (monticule de pierre ou de terre situé autour du monument).

Idée reçue n°6: Le dolmen a été inventé par les Gaulois et plus particulièrement les Bretons.
FAUX ! Il a seulement été réutilisé par eux. La majeure partie de ces édifices datent de l’âge de bronze, c’est à dire du 4ème millénaire avant J-C.

Idée reçue n°7: Une fois terminé, le monument, n’est pas « démontable ».
FAUX ! La dalle du côté Est est souvent absente, ou moins lourde pour être plus facilement manipulable. Pourquoi ? Car elle servait de porte d’entrée pour l’introduction de nouveaux cadavres.

Idée reçue n°8: Le dolmen n’a jamais suscité la convoitise des pilleurs.
FAUX ! De par le fait que les cadavres étaient enterrés avec divers cadeaux et offrandes: armes, objets familiers, bijoux en os et pierre, poteries…les pillages par les « chercheurs de trésors » étaient fréquents.

Idée reçue n°9: Les médecins ayant exhumé les corps n’ont rien trouvé de surprenant pour l’époque.
FAUX ! Parmi toutes leurs trouvailles: ils se trouve que la majeure partie des cadavres étudiés présentaient des traces de rachitisme et des lésions cérébrales dues, en partie, à une alimentation déséquilibrée. Les fractures étaient fréquentes, et la plupart du temps réduites ! La découverte la plus surprenante, pour l’époque fut celle des traces d’opérations, dites trépanations (trous dans le crâne) retrouvés sur les squelettes.

Idée reçue n°10: Ces constructions n’ont jamais été menacées de destruction. 
FAUX ! Certains ont attribué des pouvoirs magiques aux dolmens. A tel point que l’église décida de riposter face aux cultes païens que cela générait. Elle fut à l’origine de beaucoup de destructions de mégalithes françaises. Faute de pouvoir toutes les détruire, elle fit sculpter de nombreuses croix, en particulier sur les menhirs cette fois, et fit construire quelques chapelles au-dessus des tumulus des dolmens.

Vous voilà donc parfaitement armés pour affronter les idées reçues les plus musclées qui persistent sur le dolmen ! Et également parfaitement équipés pour vous rendre au cœur du parc mégalithique en plein air des grottes préhistoriques de Sare ! Vous y trouverez une reconstitution des différents monuments érigés par l’homme durant la Protohistoire (2800 av JC-jusqu’à l’âge des métaux).

Et vous pourrez en apprendre bien plus encore !

 

Les Grottes préhistoriques de Sare ou les débuts du tourisme

Nous sommes au 19ème siècle. Le mouvement romantique prône un retour à la nature, aux sources, à l’authenticité (déjà!). Montagnes et cascades, forêts et grottes sont décrites par les grands auteurs dans la littérature et deviennent progressivement des buts d’excursion.

Réservé à une certaine classe sociale, le tourisme commence à cette époque dans les stations thermales des Pyrénées, ou encore sur la côte basque, grâce notamment à l’Impératrice Eugénie de Montijo. Mais vous le verrez, la Grotte de Sare s’est elle aussi vu intégrée à ce mouvement.

En 1847, Védel, lieutenant du génie et officier de Napoléon Ier, nous décrit son excursion dans la grotte : « Une chose qui nous a beaucoup étonné dans notre promenade souterraine, ç’a été de trouver des milliers de chauve-souris, que nous avons pris d’abord pour des points noirs, attachées à la voûte par les pattes de derrière et se laissant pendre la tête en bas et les ailes reployées [...] Nous en avons, pourtant, fait tomber quelques unes avec nos bâtons, elles se sont traînées d’abord péniblement, comme si elles se réveillaient, puis quelques-unes ont pris leur vol ». A cette époque les premières excursions s’apparentaient presque à de l’exploration !

Ancienne carte postale représentant les Grottes de Sare

Second Empire, Biarritz devient une station balnéaire prisée où séjournent régulièrement Napoléon III et Eugénie de Montijo. Si les bains de mer y sont mis à la mode par la jeune Impératrice, les balades dans l’arrière-pays s’inscrivent elles aussi dans la tendance romantique. Gravir la montagne de la Rhune en robe et talons hauts n’effrayant pas les dames de la cour. Le journal Mémorial des Pyrénées raconte en 1825 l’une des excursions du couple royal justement : « Leurs Majestés ont été visiter une grotte célèbre, connue dans le pays, sous le nom de grotte aux Ours*. Là, un spectacle fantastique, assez original, leur a été offert. Après avoir pénétré assez avant dans la grotte, leurs Majestés ont assisté à des danses nationales exécutées aux flambeaux par une cinquantaine de jeunes gens du pays, revêtus de l’élégant costume antique des Basques. » 

En 1882, Paul Perret publie le 1er tome d’un gros travail sur les Pyrénées. Il souligne à cette occasion l’importance de la grotte de Sare dans le tourisme pyrénéen de l’époque. De ce fait, une « industrie » du tourisme a commencé à s’organiser, pour amener les touristes voir les sites naturels remarquables dans les Pyrénées : c’est la naissance des guides. « Les torches des guides semblent donc nous inviter à pousser en avant ; mais ils agitent leurs cordes qui nous rappelleraient à la prudence si nous pouvions l’oublier dans un lieu naturellement si noir. Le chemin n’est point sans péril. »

Impossible de terminer cet article sans citer Pierre Loti. Dans son texte, « Les patiences souterraines » écrit en 1903, l’auteur perce le regret d’un aménagement touristique qui s’est fait entre-temps : « Aujourd’hui, de pauvres irresponsables ont complètement défiguré l’exquis village (NDLR : de Sare), en bâtissant juste au-dessus de la place du jeu de pelote [...] une villa moderne avec faïences polychromes. Aujourd’hui, hélas, on y va en auto ! A l’entrée de la grotte, on vient, hélas ! de construire, pour les touristes, une maison et un restaurant qui ont changé ces aspects millénaires. »

Plus d’un siècle a passé depuis cette déclaration (dont un extrait seulement est publié ici), et les Grottes de Sare n’ont pas changé. Elles sont l’un des sites touristiques les plus visités au Pays Basque.

* La Grotte de l’Ours est l’ancien nom des Grottes de Sare.

José Miguel de Barandiaran, patriarche de la culture basque

« Monsieur,
Les ossements humains que vous avez trouvé dans une grotte de Sare peuvent être intéressants pour l’étude anthropologique de l’ancienne population de notre pays… »

Dans cette lettre datant de 1966, José Miguel de Barandiaran s’adresse à Pierre Lamarque, résidant à Biarritz. Une preuve, s’il en fallait une, de l’insatiable et dévorante passion du Guipuzcoan pour le Pays Basque. Sites et Musées revient sur cette interview inédite de ce personnage local incontournable.

Père BarandiaranS&M : Prêtre, chercheur, scientifique, ethnologue, linguiste, anthropologue… quelle personne peut endosser autant de rôles dans sa vie ?
Vous savez, tout est question de volonté, mais surtout de passion ! Rien n’est incontournable dans la vie, mais restons modestes, ces rôles sont la plupart imbriqués les uns aux autres.

S&M : Vous voulez dire que votre travail de chercheur vous a progressivement amené à vous pencher sur l’ethnologie, puis l’anthropologie par exemple ?
Oui, c’est exactement ça. Faire des recherches sur un peuple implique de fouiller pour comprendre. Les humains, leur histoire, leurs coutumes, leur religion… C’est un travail très transversal, et il y a tant de mystères et d’incertitudes sur les origines du peuple basque que la mission de recherche est forcément très large. Plus vous découvrez de choses, plus vous voulez en savoir, c’est sans fin, ce qui implique de jongler avec les sciences !

S&M : Alors racontez-nous un peu, pourquoi cette passion pour le peuple basque ?
C’est une question que j’attendais ! Et vous faites bien de me la poser. Ecoutez, je suis né dans une ferme d’un petit village rural de Guipuzcoa. C’est un territoire, comme bien d’autres au Pays Basque, où les traditions et les superstitions ont toujours été très enracinées. Sans entrer dans les détails, je peux vous dire que certains événements dans ma jeunesse ont bouleversé ma façon de voir les choses, notamment concernant la religion et le christianisme. Petit à petit, j’ai entamé un vaste projet, celui de comprendre le monde dans lequel je vivais ! Une quête qui peut paraître impossible ou démesurée, mais qui m’a guidé tout au long de la vie. En 1913, le professeur Wündt de l’université de Leipzig m’enseigna que les cultures ne peuvent pas être intelligibles de façon adéquate si on ne les vit pas. Compte tenu de ces critères, j’entrepris de travailler sur le peuple basque, seule culture que je vivais à l’époque.

S&M : C’est donc de cette manière que tout a commencé ?
Oui, c’est un peu à partir de ce moment-là que j’ai laissé tomber le savoir théorique et les livres pour me lancer dans la recherche de terrain. C’était un peu comme une révélation !

S&M : Vous êtes devenu un personnage emblématique de l’histoire du peuple basque. Pensez-vous avoir accompli quelque chose d’important pour le Pays Basque ?
C’est une question compliquée… Ce serait mentir que vous dire le contraire, j’ai passé ma vie à chercher, à enseigner, à partager, à sensibiliser, et pas toujours dans des conditions faciles. Mais malgré toutes les découvertes, il reste encore beaucoup à apprendre, et notamment sur l’origine exacte du peuple basque qui reste décidément un mystère. J’espère en tout cas avoir motivé les troupes pour continuer les recherches !

S&M : Merci Père Barandiaran, et faut-il s’attendre un jour à une votre retraite ?
Ecoutez, il ne faut jamais dire jamais, mais honnêtement n’y croyons pas trop, je ne pense pas réussir un jour à m’arrêter de chercher, c’est en moi, c’est comme ça. Merci à vous.

NDLR : A seulement 30 ans, José Miguel de Barandiaran est à la tête d’une oeuvre immense. Non seulement il a mis en place le cadre d’étude permettant de développer une approche rationnelle du peuple basque, mais avec ses amis et collaborateurs, il a jeté les base conceptuelles de l’étude des origines du peuple basque. En 1958, Barandiaran avait déjà recensé ou étudié 340 dolmens, 19 tumuli, 687 grottes et une dizaine de baratz et cromlechs. Il faut ajouter à cela des monographies sur des villages basques, un corpus unique de contes et légendes… un travail prodigieux en matière d’ethnographie et d’ethnologie.

+ Complétez vos connaissances sur le père Barandiaran aux Grottes Préhistoriques de Sare.

Les Grottes de Sare célèbrent Txondorra, la charbonnière

Grâce à une initiative commune entre Patrick Artola (Société Arbolak), la commune de Sare et les Grottes de Sare, l’un des plus anciens métiers, celui de charbonnier, « ikazkina » en basque, retrouve un instant ses lettres de noblesse.

Le temps traçant son sillon, la légende et la réalité se confondent. Ainsi, le charbonnier n’est plus pour les enfants l’artisan familier de la montagne basque, mais Olentzero, ce personnage truculent qui, à l’approche de Noël, descend de la montagne pour distribuer cadeaux et friandises. La tradition qui, elle, n’a pas d’âge, l’a retenu comme un éloquent symbole du passage au solstice d’hiver.

Le charbonnierUn métier ancestral à redécouvrir
Mais qu’est-ce donc une charbonnière ? Comment est-elle confectionnée ? Quels sont les matériaux et les outils utilisés ? Comment est-elle allumée, entretenue et veillée ? Mais qui est donc Ikazkina qui surveille son ouvrage «  comme on veille un enfant, jour et nuit » ? C’est ce que les curieux sont invités à découvrir…

Une communion avec la nature
L’élaboration de la txondorra (charbonnière) traduit cette étroite relation entre la nature et l’homme basque, depuis la taille du chêne têtard, cet arbre remarquable dont la taille particulière des branches, permettait sans épuiser le végétal, d’en utiliser le bois pour la fabrication du charbon de bois.

Véritable sanctuaire du chêne pédonculé qui a, ainsi, traversé les siècles, la forêt de Sare entretient les traces de ce noble métier témoignant d’un souci de biodiversité avant l’heure. Aujourd’hui, il convient de sauvegarder ces arbres qui, non seulement arborent des formes fantastiques, mais dont les troncs tourmentés abritent de précieuses colonies d’insectes.

La transmission d’un patrimoine
Organisée tous les deux ans, cette nouvelle édition se déroulera du 23 au 28 octobre 2012, au lieu-dit « Garbala ». Emprunter la route des Grottes de Sare et suivre le fléchage. Le souci de la transmission d’un patrimoine auprès des écoles et du grand public est le moteur de cette initiative qui permettra de suivre les différentes étapes conduisant à l’élaboration du précieux charbon végétal, un inestimable combustible jusqu’au mitan du siècle dernier.

Une journée pédagogique
Les élèves iront à la rencontre d’un métier mais aussi, grâce à des ateliers, s’éveilleront aux secrets de la forêt : la vie des abeilles, des chauves-souris jusqu’à l’approche pastorale de la montagne, sans oublier pour autant cette interprétation traditionnelle de la nature qui utilise le conte et la mythologie. Ce jour-là, les élèves visiteront également les fameuses Grottes Préhistoriques de Sare. Une heure de visite guidée en Son et Lumière.

+ Découvrir les Grottes Préhistoriques de Sare

 

 

Mythologie basque : de déesses, de laminak et de géants

La mythologie a de tout temps passionné les basques. Nombreux sont les personnages qui ont façonné l’histoire de lieux devenus emblématiques. Les Grottes de Sare, haut lieu de croyances au Pays Basque, vous fournissent les clés pour découvrir quelques-uns des personnages de la mythologie basque.

Mari : entité centrale de la mythologie basque
Déesse basque MariMari est certainement le personnage clé sinon emblématique de la mythologie basque. Malheureusement, seuls les écrits du début du siècle produits par le prêtre Barandiaran nous apportent quelques éclaircissements sur cette légende. Depuis son apparition, la société basque a été confrontée à une succession de nombreuses cibilisations (Ibères, Celtes, Romains…). Témoin de toutes ces rencontres, le personnage de Mari apparaît donc très diversifié. Les aspects et pouvoirs de Mari sont nombreux. Mari est la « Nature », on lui attribue jusqu’au rôle de déesse, d’où l’offrande de sacrifices d’animaux et d’argent. Mais avec le temps, le personnage de Mari est devenu de plus en plus flou. Peut-être dû au conflit dans lequel elle est entrée avec la religion qui la rejetée dans un monde différent de celui où elle régnait autrefois sans partage. C’est sous terre que vit Mari, dans une caverne en montagne. Chaque vendredi (la nuit de l’Akelarre ou le rendez-vous des sorcières) elle donne rendez-vous à son mari Sugaar pour provoquer les orages qui apporteront la fertilité à la terre et au peuple.

Lamin à ArrasateLes laminak  : génies de la mythologie basque
Ils sont certainement les plus populaires et tout le monde connaît au moins une anecdote ou une légende liée à ces petits êtres fantastiques féminins. Attachés à l’eau et à l’obscurité, ils entretiennent souvent de bons rapports avec les hommes. Dans la plupart des histoires, on leur attribue la construction de ponts et de maisons, mais l’une des particularités des laminak, c’est qu’ils ne peuvent achever les travaux qu’ils commencent. C’est la nuit que ces êtres fantastiques décident de sortir pour mettre à profit leurs talents de bâtisseurs. On leur attribue notamment le pont de Licq-Atherey, en Soule. Quelques récits relatent également des idylles avec des bergers, mais les laminak ne peuvent conclure de mariage avec les humains… Vivant sous terre et dans des grottes, les femmes laminak sont souvent décrites en train de peigner leur longue chevelure, auprès d’une source ou à l’entrée de leur maison, à l’aide d’un peigne d’or. D’une grande beauté, leur aspect n’est jamais totalement humain de part des éléments associés aux animaux : pieds palmés, pattes de poules, sabots de chèvre ou queue de poisson.

SorginSorginak, les assistantes de Mari 
Sorgin désigne un sorcier ou une sorcière. A l’origine il s’agit d’un être surnaturel exerçant des fonctions hors du commun, au service de Mari. Mais comme partout ailleurs en Europe, au Pays Basque Sorgin désigne également des personnes ensorcelées, généralement des femmes, pratiquant divers maléfices et se rendant la nuit à des assemblées présidées par le diable, représenté lui-même sous forme de bouc. Ces légendes ne sont pas sans rappeler le tristement célèbre procès des sorcières de Zugarramurdi en 1609, ayant causé la mort de nombreuses femmes basques.

TartaroTartaro : le cyclope géant cruel
Longtemps confondu avec Basajaun, le Tartaro est un géant vivant dans des cavernes et se nourrissant de moutons qu’il vole aux hommes. La légende raconte qu’un jour un petit malin s’étant caché dans ses moutons a eu le courage de l’attaquer et de lui crever un oeil, d’où sa représentation de cyclope. La tradition basque lui oppose souvent un jeune garçon déluré surnommé le fou ou l’imbécile : Mattin Ttipi (le Petit Martin), ou Mattin Txirula (Martin le joueur de flûte). Tartaro fait partie d’une série de géants cyclopes que l’on attribue aux légendes pyrénéennes, comme le Bécut par exemple.

BasajaunBasajaun, le seigneur sauvage
Vivant avec sa femme, le seigneur Basa Jaun est un homme imaginaire, corpulent et poilu occupant les forêts et les grottes du Pays Basque. On le trouve plus particulièrement du côté de la forêt d’Iraty. Impressionnant, il entre quelquefois dans les maisons pour voler de la nourriture sans que les hommes n’osent intervenir. Mais ce génie rural et montagnard prévient également des orages en criant pour avertir le berger ; on raconte qu’il empêche aussi les loups d’approcher les troupeaux. Selon certains récits, le Basajaun aurait été le premier à cultiver la terre ou à exercer les métiers de meunier et de forgeron.

 

+ Les Grottes préhistoriques de Sare sont un haut lieu de la mythologie basque, offrez-vous une petite visite pour en apprendre plus…
+ La mythologie basque est un sujet également abordé au Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne, ainsi qu’à la maison basque de Ortillopitz à Sare.
+ Articles lié : Des sorcières au Pays Basque ?

 

 

Portrait de star : la chauve-souris

Le saviez-vous ? Je suis le seul mammifère au monde à savoir voler ! Adepte du noir, j’ai élu domicile dans les Grottes Préhistoriques de Sare.

Bon, d’abord, un peu de culture. La chauve-souris est également appelée chiroptère. En grec kheir = main et pteron = aile. Je vous laisse deviner… Chiroptère = « mains ailées ». Et là je vous vois entrain d’essayer de vous souvenir des mains de Batman… non, non, mais c’est normal, prenez votre temps !

Reprenons. Il existe 1001 espèces de chauve-souris au monde (1002 avec Batman), dont 33 recensées en France, et 25 au Pays Basque ! La plus grande peut atteindre 50 centimètres d’envergure (oups), c’est la Grande noctule ! La plus petite d’entre nous, la Pipistrelle Pygmée ne fait que 20 centimètres d’envergure (ouuufff). Elle est plus légère qu’un morceau de sucre ! Et oui.

Bon, qu’est-ce que vous savez de nous ? On vit la nuit, on se cache (ou pas, attention), on émet des ultrasons, on mange des insectes, on est adaptes de l’acrobatie aérienne ! Quelques anecdotes supplémentaires pour épater vos amis :
- nos ultrasons nous permettent de repérer un fil d’un diamètre inférieur à un 10ème de millimètre !
- on mange en vol, à la vitesse de l’éclair, en attrapant nos proies (des ailes de papillon par exemple, miam !) directement avec la bouche, ou avec nos ailes, dont on se sert d’épuisette. Ingénieux, non ?
- la petite Pipistrelle peut capturer jusqu’à 3000 insectes en une nuit !

Nous sommes 12 espèces de chauve-souris dans les Grottes Préhistoriques de Sare, venez donc nous rendre visite ! Mais levez bien les yeux, si vous ne nous voyez pas forcément, nous par contre, nous vous observons…