La cathédrale de Bayonne promet encore bien des découvertes !

Le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne vous emmène à la découverte de la célébrissime Cathédrale de Bayonne et de ses deux flèches pointant vers le ciel. Et vous prouve que vous ne la connaissez pas encore si bien que cela. Tour d’horizon de ce que vous pourrez découvrir tout au long de l’exposition consacrée à l’un des symboles de la ville de Bayonne. 

La vie de la Cathédrale n’a pas été de tout repos. 
Construite au XIIIème siècle, la Cathédrale a été grandement malmenée pendant les guerres d’Empire et la Révolution française : divers régiments ont occupé ses cloîtres et le grain de l’armée était entreposé dans ses greniers. Mais en 1803, les voûtes menacent de s’écrouler,ce que l’évêque de Bayonne de l’époque ne tarde pas à signaler.Il faut attendre presque 40 ans pour que des travaux de grande ampleur soit entrepris.

Ses flèches ne sont pas d’origine.
Contrairement à certaines croyances, les flèches de la Cathédrale de Bayonne, véritables phares de la ville, ne sont pas d’origine. Initialement, l’édifice était surmonté de deux moignons nettement moins symboliques et imposants. C’est entre 1870 et 1880 que les flèches furent élevées et construites à partir de pierre différentes que celles utilisées pour la base du bâtiment religieux.

Le visage de certains de ses rénovateurs sont gravés dans la pierre
Lorsque l’on observe de plus près les flèches de la cathédrale de Bayonne, un bestiaire accompagné de figures humaines apparaît : il s’agit de celle de l’architecte ayant participé à sa rénovation ainsi que de nombreux participants au chantier qui ont désiré laisser une trace de leur contribution.

Les grands de l’époque avaient un regard radicalement opposé sur la Cathédrale de Bayonne
Victor Hugo et Hippolyte Taine ont un regard diamétralement opposé sur l’édifice religieux. Si Victor Hugo, charmé par la cathédrale en ruine la décrit comme une belle église couleur d’amadou dans son ouvrage Alpes et Pyrénées, Hippolyte Taine est plutôt repoussé par sa laideur, la qualifiant de vieil invalide, décrivant des piliers vermoulus, des tableaux enfumés, des pans de murs verdâtres. Conclusion : qu’elle plaise ou qu’elle déplaise la Cathédrale de Bayonne n’a jamais laissé personne indifférent.

Pour en savoir plus, et découvrir des dessins d’architectes ainsi que des photographies inédites de la cathédrale de Bayonne, rendez-vous au Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne. Vous en ressortirez étonnés, fascinés et charmés !

 

Plein phare sur le blason du Pays basque : le Zazpiak Bat !

Saviez-vous que le Pays Basque avait ses armoiries ? Le Zazpiak bat (signifiant sept font un) est le symbole des 7 provinces composant le Pays Basque. Plein phare sur la symbolique de ce qui rappelle le mieux que les sept provinces ne forment qu’un pays.

1. La Navarre (Nafarroa) et Basse Navarre (Nafaroa Beherea) 
Ce blason représente à lui seul les deux provinces de Navarre (la haute et la basse) aujourd’hui séparées, mais qui, jadis, formaient un unique royaume. Il renvoie symboliquement à la bataille de las Navas de Tolosa du 16 juillet 1212 et célèbre la victoire du Roi de Navarre Sancho le Fort contre l’émir Abu Abdallah. Cette victoire est représentée ici par des chaînes qui sont celles qui entouraient la tente de l’émir, ainsi que par l’émeraude, au centre, qui n’est autre que celle de son turban.

2. Le Guipuzcoa (Gipuzkoa)
Ce blason présente une double symbolique. La première, est le souvenir d’une bataille dont l’issue est heureuse pour le Guipuzcoa. Elle est représentée par les 12 canons symbolisant le jour où, en 1512, l’armée du Duc de Albe ainsi que les soldats d’Alava et de Guipuzcoa, reprirent la Navarre à des proches de la Couronne française : Catherine de Foix et son mari Jean d’Albret pour la rendre à Ferdinand le Catholique et à l’Espagne. Les trois arbres, quant à eux, représentent les trois tribus d’origine de la région : les Vascons, les Vardules et les Caristes.

3. L’Alava (Araba)
Les armoiries de l’Alava délivrent un message on ne peut plus clair : « La justicia contra el malhecho » (la justice contre le méfait). Cette idée est renforcée par la présence d’une tour dont un bras armé brandit une épée contre un lion venu la menacer. Le message que la province veut faire passer se résume à : je suis prête à défendre ma liberté contre tout ennemi.

4. La Biscaye (Bizkaia)
Deux symboles s’entrecroisent sur ces armoiries. Le premier, le chêne, représente celui de Guernica, autour duquel les seigneurs de Biscaye, les rois d’Espagne et les présidents du Pays basque espagnol ont prêté serment. Par extension, il représente, à lui seul, toutes les libertés basques. Les loups, quant à eux, sont associés à la famille Lopez de Haro, fondateurs de Bilbao (capitale de la province) et seigneurs de Bizcaye.

5.Le Labourd (Lapurdi)
Scindées en deux parties distinctes, les armoiries du Labourd oscillent entre revendication d’une identité forte et reconnaissance. La partie gauche du blason rappelle l’emblème des vicomtes du Labourd qui ont régné sur la province. Tandis que la fleur de lys (évoquant la monarchie française) symbolise la reconnaissance envers les français qui ont libéré la province de la domination anglaise.

6.La Soule (Zuberoa)
Son armoirie, la Soule la doit à la fois à Jean de Jaurgain et au seigneur de Mauléon. Ne possédant pas d’emblème, le dessinateur du blason Zapiak Bat décida de lui attribuer le lion, symbole du seigneur de la capitale de la Soule : Mauléon.

Pour en savoir plus, rendez-vous au sein des portes étendards par excellence du Pays basque et de sa culture, à savoir : Le musée Basque et de l’Histoire de Bayonne et l’Ecomusée Basque de Saint-Jean-de-Luz.

Crédits photo : Wikipédia

 

Petit (im)précis de pelote basque

Inspirée du jeu de paume, la pelote basque est le sport de prédilection des basques ! Petit (im)précis de ce sport majestueux qu’on affectionne tout particulièrement au Pays Basque !

Le pelotari : il s’agit bien-sûr du joueur de pelote. Lors des tournois, il se vêtit d’un pantalon et de chaussures blancs, et d’un polo aux couleurs de son club. Pour certaines pratiques, le port des lunettes protectrices et du casques sont obligatoires.

La pelote: tout le monde la connaît, la fameuse balle que viendra frapper l’instrument utilisé ou encore la main nue. Sa taille, sa composition et son poids varient en fonction du jeu pratiqué, mais aussi de l’âge des joueurs. Buis, latex, laine, coton et peau de chèvre sont les matières premières utilisées pour la fabrication des pelotes, qui varient de 5 à 10 cm de diamètre !

 

Les différents instruments : c’est là que ça se corse ! Gants, palas, paletas, raquettes, ils ont évolué avec le temps mais sont encore tous pratiqués aujourd’hui.

>> Le gant en cuir, qui existaient déjà pour se protéger la main au jeu de paume
>> Le gant en osier ou chistera : ce panier fixé à la main du joueur par un gant de cuir date du 19ème siècle. Technique superbe à regarder, le chistera fatigue moins le bras qu’avec le gant de cuir seul, et permet d’envoyer la pelote plus loin. Parmi eux, le chistera joko garbi (petit panier peu profond) doit renvoyer la balle sans l’arrêter sous peine de faute ; le grand chistera (ou cesta punta en espagnol) réceptionne la balle sur la pointe du panier ; enfin, le chistera de remonte, typiquement espagnol, s’utilise quant à lui en jaï-alaï (fronton mur à gauche long).

>> Les palas et paletas sont des raquettes en bois permettant de frapper la pelote. Tailles, poids et dimensions diffèrent selon le jeu pratiqué là-aussi. Tandis que les paletas sont de type gomme creuse, gomme pleine ou cuir, les palas sont de type grosse ou larga.

>> Le xare est une (sorte de) raquette au tamis souple reapparu au Pays Basque après s’être initialement développé en Amérique du Sud. D’où son autre appellation de « raquette argentine ». Le xare se joue exclusivement en trinquet.

Les jeux. Ils portent bien souvent le nom de leur instrument ! On retrouvera ainsi :

>> La main nue (l’instrument étant la main, vous l’aurez compris !). Spécialité la plus ancienne mais aussi la plus naturelle. La plus noble, pour certains, la main n’étant protégée que par quelques lamelles de caoutchouc, les tacos. Elle se joue en fronton place libre, en trinquet et mur à gauche court.

>> Le xare, (rappelez-vous, la raquette argentine) dont le geste s’apparente à celui du joko garbi. Il se pratique la plupart du temps en trinquet.

>> Le grand chistera, qui nécessite de grands frontons en place libre de 80 mètres de long, ne se pratique qu’en France.

>> La cesta punta, pratique plus récente, se joue au jaï alaï, un fronton mur à gauche long. Deux équipes composées d’un avant et d’un arrière s’affrontent de manière spectaculaire car très rapide.

>> Le joko garbi, souvenez-vous, le petit gant nécessitant un renvoi immédiat de la balle. On y joue en fronton place libre d’au moins 50 mètres.

>> Les jeux de pala (avec des pelotes de cuir ou de gomme), se jouent en place libre pour la grosse pala, et en mur à gauche court pour la pala corta. Enfin, la paleta gomme pleine, plus communément appelée « pala » (quelquefois pala ancha) est le jeu le plus pratiqué en France, le plus aisé techniquement, mais aussi le plus abordable financièrement.

L’apprentissage des terminologies et des techniques demandent de la patience, mais c’est aussi ce qui fait la beauté de ce sport, qui a su développer des variantes aussi passionnantes qu’impressionnantes !

Jo !*

* jeu ou jouez

Devenez incollable sur la pelote basque en visitant le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne ou encore l’Ecomusée Basque à Saint-Jean-de-Luz.

Biarritz, ville d’où même la baleine ne se résout pas à mettre les voiles.

Aux alentours du XIème siècle, un petit village de pêcheur nommé Bearriz (qui signifirait « endroit herbeux ») devient l’un des sites portuaires du golfe de Gascogne où la pratique de la pêche à la baleine s’est le plus développé. Aujourd’hui, la ville de Biarritz conserve encore des traces de cet héritage ô combien marquant. Retour sur 4 empreintes laissées par les cétacés dans ce village devenu station balnéaire.

1. Le blason de la ville de Biarritz
Les emblèmes de la ville de Biarritz sont fortement empreints de son identité de l’époque. Son blason se compose de trois encarts accordant, déjà, une grande place à la mer et surtout à la pêche à la baleine. Dans le premier encart à gauche, nous retrouvons des coquilles Saint-Jacques rappelant le chemin de Compostelle mais aussi les bords de plage. A leur droite se trouve une étoile représentant celle qui guide la route des marins en pleine mer. En bas, occupant toute la largeur, est représenté une scène de pêche à la baleine : trois marins rament pendant que deux autres se tiennent prêts à harponner le cétacé. Tous ces éléments sont soutenus par une ancre symbole de l’activité portuaire de Biarritz. La devise de la ville : « Aura sidus mare adjuvant me » signifie « j’ai pour moi les vents, les astres et la mer » résume parfaitement l’idée que l’on se fait en regardant ce blason.

2. Le sceau de la ville de Biarritz (Face n°1)
L’empreinte biarrote destinée à garantir l’authenticité d’un écrit, porte également des traces de la pêche à la baleine. Sur le sceau de la ville, retrouvé sur un traité conclu entre les villes de Biarritz et de Flandres en 1351, nous distinguons 5 pêcheurs dans une barque. Les 3 premiers rament et les 2 autres sont affairés à harponner une baleine.

3. Ancien clocher sur le plateau de l’Atalaye
Si Atalaye signifie promontoire en basque, ce n’est pas par hasard. A l’époque, Il s’agissait du meilleur point de vue de la ville pour les pêcheurs de baleine. Près du Musée de la Mer de Biarritz sur le promontoire du plateau de l’Atalaye, se trouve encore les vestiges de l’emplacement de l’ancienne cloche qui servait à prévenir les pêcheurs de la présence de baleines sur les côtes biarottes. Mais sa fonction ne se résumait pas qu’à cela. Il constituait un excellent poste d’observation de manière générale, et servait aussi à repérer les cas de périls en mer.  

4. Fontaine « les baleinières » sur les allées Beaurivage
Cette fontaine de 1990 conçue par Marcel Bousquet, dispose en son centre d’une sculpture sur laquelle plane encore l’ombre de la baleine. A première vue la stèle représente des hommes en prises avec des sirènes. Pas de traces de baleine donc. Sauf que l’Histoire de cette statue est étroitement liée à celle d’une légende biarrotte survenue après que des pêcheurs de baleine soient rentrés bredouilles. Intéressant… La légende raconte que ces marins biarrots rentrant de la pêche à la baleine découragés, « furent attirés par des sirènes magnifiques blotties dans la grotte naturelle de la roche percée dite roche ronde…C’étaient en fait des créatures du démon.Le capitaine obtint de Dieu que ces pêcheurs ne soient pas précipités dans les flammes éternelles. Ils conserveraient la vie mais seraient transformés en cormorans. Depuis cette époque, une colonie de ces oiseaux vit et vivra sur ce rocher maudit jusqu’à la fin des temps. » Elle est, ici, racontée via des sculptures figurant sur les différentes faces de l’oeuvre.

Pendant de nombreuses années la pêche à la baleine continua à faire la richesse de la ville. Aujourd’hui le passage de village de pêcheurs à station balnéaire doit beaucoup à Eugénie et Napoléon. Au XIXème siècle, leur arrivée changea le sort de la ville à tout jamais : de village de pêcheurs, la ville de Biarritz est progressivement devenue la station balnéaire des rois et des princes de l’époque.

Retrouvez plus de détails sur la pêches à la baleine et la ville de Biarritz en allant faire un tour du côté de la Cité de l’Océan, du Musée de la Mer Aquarium de Biarritz, du Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne et de l’Ecomusée Basque.

Crédits photo : – Blason et sceau de la ville de Biarritz : www.biarritz.fr

- Ancien clocher du plateau de l’Atalaye : j.forasté (panoramio.com)

- Fontaine « les baleinières » : petit-patrimoine.com

 

Miroir, mon beau miroir dis-moi comment les jeunes du Pays basque voient le Musée basque et de l’Histoire de Bayonne !

C’est sur la thématique de « à quoi ressemble votre musée idéal ? » que le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne a donné la parole à 200 jeunes de 10 à 30 ans issus de diverses provinces du Pays basque. Du 8 juin au 29 Septembre 2013 venez découvrir la « young touch » au cœur de l’exposition « Effet miroir, Barne Mirailak ». Pour vous en donner un avant-goût, Sites et Musées en Pays Basque a sélectionné 3 œuvres parmi toutes celles qui l’ont ébloui.

L’étouffement. Voilà ce qu’a ressenti un des élèves des rocailles de Biarritz. Comment l’a-t-il traduit? En mettant en place une grande et haute vitre avec une lumière rouge clignotante à l’intérieur. A travers son oeuvre Artefact, il est parvenu à nous faire ressentir une certaine angoisse. Celle de l’alerte, du danger et de l’évacuation symbolisé par une lumière rouge clignotante.

 

La gourmandise. Voilà ce qu’a voulu retranscrire une autre élève des rocailles de Biarritz.Pour cela, elle a décidé de recréer une table basque, mais pas n’importe quelle table. Elle y a ajouté sa touche, ce qui donne un effet assez… surprenant. Les chandeliers se retrouvent littéralement assaillis par des tranches de jambon de Bayonne venus se pendre à leurs branches. Jambonnerie, le nom de son oeuvre, semble représenter un arrêt sur image d’un lendemain de fête basque. Après avoir vu cette oeuvre nous sommes restés sur un sentiment festif et gourmand.

 

La sérénité. C’est ce qu’a probablement ressenti l’élève des rocailles qui, en entrant dans une des salles du musée, a été immédiatement frappée par la beautés des cieux de toiles accrochées côte à côte. Elle a donc désiré les mêler et en faire une sorte de zoom. De son œuvre, intitulée : plein ciel deux heures après, se dégage une apaisante sensation de sérénité et d’évasion.

 

Pour apercevoir ces œuvres, et bien d’autres qui, elles aussi bouleverseront vos sens, rendez-vous du 8 au 29 Septembre 2013 au Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne.

 

Le plus célèbre des corsaires basques se livre en exclusivité aux journalistes de Sites et Musées!

Inédit! Le corsaire le plus célèbre du pays basque revient sur l’épisode de sa vie qui l’a rendu célèbre: celui du village de Barios.

Depuis 1961, le nom du Coursic est sur toutes les lèvres. D’où vous vient ce surnom?
Morbleu! C’est évident! C’est le surnom affectueux que me donnent les gens d’ici. Ça signifie le petit corsaire. Petit… c’est mal me connaître!

A qui, ou à quoi, devez-vous cette célébrité?
A moi d’abord, parce que je suis loin d’être un marin d’eau douce! Et puis, il faut avouer, à Louis XIV et au Duc de Gramont qui, après avoir entendu partout que j’étais un vaillant militaire et un prudent marin, ont fini par me donner ma chance. En 1691, je suis donc passé de simple marin de la marine marchande à capitaine de la frégate La Légère. Suite à cela, je reçus l’autorisation de faire la course contre les ennemis du roi. Et voilà devant vous, ce vieux loup de mer de Johannes de Suhigaraychipis, dit Coursic, le corsaire que les Espagnols et les Hollandais ont en terreur.

Et comment avez-vous bâti cette réputation terrifiante auprès de vos ennemis?
De par mes multiples prises, d’une part, et surtout, grâce à la plus jolie action du monde (c’est pas moi qui le dit, c’est le Duc de Gramont). Ce jour où, je parvins à ramener une flûte hollandaise chargée de fer, de piques d’armes et de safran. Selon les dires des experts, il y en avait, en tout et pour tout, pour plus de cent mille francs. On peut dire que je siphonnais toutes leurs richesses, sans forcer.

Dites nous-en plus sur l’épisode dont tout le monde parle, celui du village de Barios.
Ah celui là! Ben il se trouve que l’on faisait route vers Saint-Jean-de-Luz pour nous ravitailler en eau et en biscuit après un long périple. Tout se passait bien, nous longions tranquillement les côtes portugaises, jusqu’à ce qu’une terrible tempête éclate. Nous étions dans l’impossibilité de continuer notre voyage et les réserves diminuaient à vue d’œil. Nous en arrivâmes même à un stade, où nous devions maintenir notre hydratation à coup de boujaron (ndlr: ration d’eau de vie). Nous n’eurent plus le choix, il fallut se rapatrier de toute urgence chez ces gibiers de potence espagnols. Et obtenir des vivres de gré ou de force!

Une aventure palpitante! Et que s’est-il passé ensuite?
Nous y avons envoyé des éclaireurs. Notre demande était simple. Des vivres, et en échange, nous leur laissions la vie sauve. Ce à quoi, étrangement, ils répondirent favorablement. Nous y envoyâmes donc quelques mathurins supplémentaires (ndlr: matelots) afin de pouvoir se ré-approvisionner. Mais je me méfiais tout de même.

Et votre pré-sentiment s’avéra juste?
Je ne me trompe jamais. A peine les canots débarqués, ils accueillirent les nôtres à coup de pétoire (ndlr: mauvais fusil). Et comme vous me connaissez, je ne pouvais pas en rester là. Voyant de mon bateau ce qui se passait, je rappelai mes hommes, et après nous être concertés, nous débarquâmes à 80, sous couvert de notre canon. Je leur donnai ordre de ne tirer qu’à bout portant. Tout se passa comme prévu, et l’on ne fit qu’une bouchée de ces capons (ndlr: poltrons, lâches).

Et comment se finit l’histoire?
Nous ne fîmes pas de quartier! (ou presque). Et nous nous apprêtions à mettre le feu à tout ce qui restait pour leur faire payer à ces gredins! C’est alors que le curé du village  débarqua, armé d’un crucifix et accompagné des femmes éplorées et des enfants criants. Ils me supplièrent, et à genoux s’il vous plaît, d’épargner leurs vies. Ce que je fis. Je suis un corsaire certes, mais il me reste un peu de compassion. Je n’ai cependant pas perdu le nord et me suis empressé de faire signer un traité au curé, et aux principaux notables du lieux, qui les obligeait à fournir assistance, en termes de subsistance, à un navire français, à chaque fois qu’il se trouverait bloqué à Barios à cause du mauvais temps (ou pour toute autre raison d’ailleurs). Et ça les obligeait à aller à l’encontre du principal commandement du roi d’Espagne: « ne jamais donner assistance à un Français ». Je crois que je les ai bien eu, foi de Coursic!

Pour en savoir plus sur ce célèbre corsaire, rendez-vous au Musée Basque et de l’histoire de Bayonne. Et pour avoir plus d’informations sur son principal outil de travail: rendez-vous à la Cité de l’Océan.

 

 

La fête, au coeur de la vie des basques

D’aussi loin que remonte la mémoire collective, la fête a toujours été fièrement ancrée dans la tradition basque. Faire la fête, c’est un peu dans les gênes ici bas. Et, culture et tradition obligent, les coutumes festives n’ont pas de frontières.

Qu’elles soient au nord ou au sud, les sept provinces basques rythment l’année avec des évènements qu’elles ont su rendre incontournables pour la population, comme les fêtes de village. On peut attribuer ces dernières aux origines rurales du Pays basque et au catholicisme prégnant sur le territoire, mais aussi au développement plus récent du tourisme dans la région. Ainsi, plusieurs festivals et grands rendez-vous comme les Fêtes de Bayonne ont dépassé les frontières du Pays Basque ; aujourd’hui, on vient quelquefois de toute l’Europe faire la fête avec les basques.

Au Pays basque, la fête est l’occasion de renouer avec la tradition, et si certaines ne sont pratiquées qu’à Bayonne, à Pampelune ou dans quelques villages (la course de vaches ou le lâcher de taureaux par exemple), d’autres sont l’essence même de la fête. Pas de réjouissances sans danses basques, chants basques, parties de pelote et force basque. Grands amateurs de gastronomie et fiers des produits de qualité présents sur le territoire, chaque fête de village est aussi l’occasion de repas pantagruéliques mémorables. A l’honneur, spécialités de viande, de produits de la mer, de vins ou de condiments comme le fameux piment d’Espelette !

Quelques traditions festives ne sont présentes qu’au Pays Basque. C’est le cas de la pastorale, représentation théâtrale jouée en plein air dans un village différent chaque année. On la trouve plus particulièrement dans la province de la Soule. Dans la même veine, la mascarade, fête de carnaval, associe les chants, les danses et les prêches, le tout dans un esprit très festif. La Fête-Dieu quand à elle marque la fin de la saison printanière ; on croise au village les hommes vêtus de costumes de sapeurs-pompiers ou encore de soldats en armes cousus par les femmes du village.

Rapprochez-vous de chaque village pour connaître les dates prévues de chaque fête ; cette dernière est un excellent moyen de mieux connaître la culture et la tradition basques.

+ Pour en découvrir davantage sur les traditions basques, nous vous invitons à visiter l’Ecomusée Basque  à Saint-Jean-de-Luz, le  Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne, et la Maison basque Ortillopitz.

Jacques Henri Lartigue, souvenirs du Pays basque

L’œuvre de Jacques Henri Lartigue au Pays Basque, c’est presque un demi-siècle de photographies prises dans les lieux les plus emblématiques de la Côte Basque, mais également dans les campagnes de l’arrière pays côté français et espagnol.

Ce demi-siècle, c’est la première partie du 20éme . Celle où se retrouvent chaque été en villégiature les familles les plus fortunées. Jacques Lartigue (1894-1986) fait partie de ce monde privilégié. Enfant déjà il se passionne pour la peinture et la photographie. Ce hobby qui doit lui permettre d’éterniser le bonheur ne le quittera jamais. Contrairement à Georges Ancély (1847-1919) qui a également photographié Biarritz et le Pays Basque, Lartigue n’exerce pas la photographie sociologique, il ne recherche pas le pittoresque. Il aime immortaliser les moments de bonheur qu’il partage avec ses proches au cœur d’un paysage, d’un décor qu’il apprécie. C’est sans doute ce qui rend ses images si personnelles et touchantes.

Contemporain de Ramiro Arrue (1892-1971), peintre basque emblématique dont il deviendra l’ami, Lartigue ne réalisera sa première exposition photographique qu’à l’âge de 69 ans. C’est à cette occasion que le directeur du MOMA le rebaptise accidentellement Jacques Henri Lartigue.

Avec beaucoup de simplicité et de spontanéité, comme des photos souvenirs, ses clichés témoignent d’une période où la Côte Basque construit son image de destination luxueuse et élégante. On y croise Jean de l’Espée, Robert Mallet-Stevens, Abel Gance. Les mondanités décontractées des vacances se jouent sur le green éphémère d’Abbadia ou encore sur le golf de Chiberta inauguré en 1927. En 1929, la piscine Art Déco de la chambre d’Amour à Anglet est construite par les architectes Paul Anatol et Charles Durruthy sur le rivage, en bordure du Golf de Chiberta. Selon la chronique mondaine, c’est la plus « up to date », « le bain le plus chic, le plus select que l’on puisse voir… ». Lartigue y fera de magnifiques photos avec sa compagne Renée.

Pour découvrir cette œuvre, un très beau livre recueil de photos « Jacques Henri Lartigue au Pays Basque » a été édité chez Atlantica. Il est commenté par Olivier Ribeton, conservateur du Musée Basque de Bayonne.

Retour sur l’histoire juive de Bayonne

Saviez-vous que la ville de Bayonne accueillait au 18ème siècle la plus importante communauté juive de France ?

A partir du 16ème siècle, en Espagne et au Portugal, l’Inquisition pousse les juifs sépharades à se convertir en devenant de « nouveaux chrétiens » ou à s’exiler.
Bayonne accueillent alors de nombreux juifs qui arrivent par la route ou par bateau. Elle n’est souvent qu’une étape vers Amsterdam où s’exerce alors une liberté de culte. Cependant parce qu’ils sont tolérés par l’Eglise catholique française, des familles vont se sédentariser à Bayonne dans le quartier Saint-Esprit. Ceux qui les accueillent sont des chanoines. Alors propriétaires fonciers, ils leur louent des logements et des échoppes. A contrario de Venise, le quartier juif de Saint-Esprit n’est pas un ghetto, il est mixte et les gens vont et viennent à leur guise. Des synagogues privées ou plutôt des oratoires sont aménagés dans les appartements. La synagogue actuelle, classée aux Monuments historiques depuis 2012 ne sera construite que trois siècles plus tard en 1835.
Pour Bayonne intra-muros, c’est une toute autre histoire. Les juifs ou « marchands portugais », on les désigne ainsi, ne sont pas autorisés à résider et à tenir des commerces dans la ville. Ils peuvent y travailler, mais le soir venu, ils repassent de l’autre côté du pont. Les marchands bayonnais voulant protéger leurs privilèges imposent des mesures discriminatoires. La vente de céréales leur est permise le samedi, jour de shabbat ! Les pharmaciens juifs enrobent leurs pilules de chocolat, la fabrication du chocolat leur est un temps interdite !

Cependant au fil du temps, la communauté va prospérer pour représenter au 18ème siècle la moitié de la population de Saint-Esprit avec 2500 à 3500 personnes.
Grâce au décret de Bayonne du 28 juillet 1808, Napoléon Bonaparte fait des juifs des citoyens à part entière. Des personnages importants vont participer à la vie locale. Parmi les plus connus Auguste Furtado qui sera par 2 fois Maire de Bayonne et les frères Gomez, des architectes qui exerceront leur art de la villégiature sur la Côte Basque et Landaise. La communauté connaitra ensuite un lent déclin.

Si vous voulez en apprendre davantage sur l’histoire de la communauté juive de Bayonne, vous pouvez visite la salle dédiée au patrimoine juif du Musée Basque et de l’histoire de Bayonne.

Euskara, la langue des basques

Parlée par près d’une personne sur trois, son origine reste pourtant énigmatique. Personne ne sait dire aujourd’hui d’où est originaire la langue basque, l’une des langues les plus anciennes d’Europe.

Chorale basqueFierté du Pays Basque, la langue basque, l’euskara, est aujourd’hui présente sur tout le territoire et dans tous les médias : télévision, radio, événements, presse, Internet, et littérature, y compris pour la jeunesse. Un patrimoine immatériel que les Basques s’appliquent à conserver, mais surtout à enrichir et à transmettre, au fil des générations.

Symbole d’une culture et d’une identité fortes, la langue basque a traversé les âges sans qu’on ne sache où elle a démarré son histoire, et l’euskara a, au fil des millénaires, donné naissance à une importante diversité de dialectes au sein même de la langue basque. Diversité source de richesse culturelle, mais aussi d’incompréhensions entre bascophones  ; une problématique souvent rencontrée dans les langues régionales. Diversité ayant donné naissance en 1960 au fameux basque unifié (euskara batua), langue basque basée sur un dialecte commun et standardisé, qui sera comprise par tous. Loin de se substituer aux différents dialectes existants, le basque unifié servira à mieux communiquer, notamment dans les média, dans l’enseignement et dans l’administration.

Aujourd’hui, les valeurs de la langue basque s’expriment grandement dans la création : littérature, chants, théâtre et bertsularisme (improvisation chantée et versifiée). Les artistes basques, investis autant d’une culture que d’une mission, passionnent les foules par la richesse et la qualité de leurs créations.

+ Pour en savoir plus sur la langue et la culture basques, vous pouvez vous rendre au Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne, visiter l’Ecomusée Basque à Saint-Jean-de-Luz, ou encore la maison basque de Sare Ortillopitz.