En pays basque, la transmission de l’etxe a quelque chose de sacré

Au Pays Basque, la maison ou l’etxe, a un petit quelque chose de sacré. Comme le dit si bien M.Lagarde : « Dans ce pays, la maison est bien plus qu’un bien, une architecture : c’est une mémoire et une histoire. » Alors vous vous doutez bien que quand il s’agit de transmettre la maison familiale, il faut bien plus qu’une poignée de main au léguant. La passage de l’etxe de père en fils/filles s’effectuait dans des circonstances spécifiques régies par le système juridique basque de l’époque. Tout cela dans le but d’assurer avec précision la conservation et la transmission du patrimoine familial. Revenons donc sur ce patrimoine oh combien précieux et ses conditions de transmission.

Qu’est-ce que l’etxe ?
On ne peut comprendre avec exactitude ce qu’implique la transmission de l’etxe sans expliquer ce qu’elle représentait dans la culture basque. Il s’agissait de la maison de famille composée de l’habitation en elle-même et de terres dites cultes (jardins où les femmes cultivaient les fruits et les légumes pour l’alimentation familiale) et d’autres dites incultes (terres non cultivées). Elle représentait une unité économique permettant de faire vivre une famille de deux couples et leurs enfants mineurs ou célibataires. Sa possession donnait lieu à différents droits : droit d’usage des terres communales, droit de disposer d’une place prédéfinie dans l’église, et droit de bénéficier d’une sépulture.

Il existait deux principaux modes de transmission de l’etxe : 
- L’aînesse absolue en faveur d’un seul héritier. Cela consistait à faire hériter l’aîné de ses enfants sans distinction de sexe. Si le couple transmetteur n’avait pas d’enfants, le bien revenait à l’aîné des frères et des sœurs à la mort des transmetteurs. La distinction de sexe n’apparaissant que s’il s’agissait de transmission de biens nobles, qui étaient, à l’époque, encore réservés aux garçons. En plus d’être fondamentale, cette règle était perçue non seulement comme un droit pour l’héritier mais surtout comme une obligation. A noter que les renonciations restaient exceptionnelles :  la sauvegarde du patrimoine familial primant sur toute autre considération.

- La coseigneurie.Typiquement basque, cette institution consistait à faire bénéficier de la jouissance de l’etxe au conjoint de l’héritier, si celui-ci apportait une dot suffisante (destinée à entretenir le domaine). Ce mode de transmission était, dans la majeure partie des cas, automatique et présentait l’avantage d’assurer la continuité de la possession de la maison familiale sans inter règne.  En cas de mésentente, l’héritier initial pouvait exiger un partage des biens.

Devoirs de l’héritier
Deux principaux modes de transmission existants mais un seul et même devoir : celui de gérer, de défendre et de conserver le domaine ancestral de la meilleure manière qui soit.

Principales raisons de renonciation à la transmission
Les enfants basques étaient tellement conscients et respectueux de leurs obligations envers la conservation de la maison familiale qu’ils étaient peu nombreux à abdiquer sans raison valable. L’héritier désigné ne pouvait renoncer à la maison que si l’intérêt de l’habitation l’exigeait : maladie, infirmité, incapacité d’assumer ses responsabilités, désir d’entrer dans les ordres, ou de rester célibataire à vie. Dans ce cas, le premier des cadets se voyait attribuer le précieux bien. Dans l’éventualité où l’héritier n’avait pas de raisons valables de renoncer à administrer la maison familiale, la décision n’était prise qu’après vaste consultation des parents et des voisins.

Et de nos jours, comment se passe la transmission de la maison familiale au Pays Basque ?

Pour le savoir et en savoir bien plus encore, tournez la poignée et venez explorer les coins et les recoins d’Ortillopitz, la maison basque à remonter le temps.

 

La fête, au coeur de la vie des basques

D’aussi loin que remonte la mémoire collective, la fête a toujours été fièrement ancrée dans la tradition basque. Faire la fête, c’est un peu dans les gênes ici bas. Et, culture et tradition obligent, les coutumes festives n’ont pas de frontières.

Qu’elles soient au nord ou au sud, les sept provinces basques rythment l’année avec des évènements qu’elles ont su rendre incontournables pour la population, comme les fêtes de village. On peut attribuer ces dernières aux origines rurales du Pays basque et au catholicisme prégnant sur le territoire, mais aussi au développement plus récent du tourisme dans la région. Ainsi, plusieurs festivals et grands rendez-vous comme les Fêtes de Bayonne ont dépassé les frontières du Pays Basque ; aujourd’hui, on vient quelquefois de toute l’Europe faire la fête avec les basques.

Au Pays basque, la fête est l’occasion de renouer avec la tradition, et si certaines ne sont pratiquées qu’à Bayonne, à Pampelune ou dans quelques villages (la course de vaches ou le lâcher de taureaux par exemple), d’autres sont l’essence même de la fête. Pas de réjouissances sans danses basques, chants basques, parties de pelote et force basque. Grands amateurs de gastronomie et fiers des produits de qualité présents sur le territoire, chaque fête de village est aussi l’occasion de repas pantagruéliques mémorables. A l’honneur, spécialités de viande, de produits de la mer, de vins ou de condiments comme le fameux piment d’Espelette !

Quelques traditions festives ne sont présentes qu’au Pays Basque. C’est le cas de la pastorale, représentation théâtrale jouée en plein air dans un village différent chaque année. On la trouve plus particulièrement dans la province de la Soule. Dans la même veine, la mascarade, fête de carnaval, associe les chants, les danses et les prêches, le tout dans un esprit très festif. La Fête-Dieu quand à elle marque la fin de la saison printanière ; on croise au village les hommes vêtus de costumes de sapeurs-pompiers ou encore de soldats en armes cousus par les femmes du village.

Rapprochez-vous de chaque village pour connaître les dates prévues de chaque fête ; cette dernière est un excellent moyen de mieux connaître la culture et la tradition basques.

+ Pour en découvrir davantage sur les traditions basques, nous vous invitons à visiter l’Ecomusée Basque  à Saint-Jean-de-Luz, le  Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne, et la Maison basque Ortillopitz.

Euskara, la langue des basques

Parlée par près d’une personne sur trois, son origine reste pourtant énigmatique. Personne ne sait dire aujourd’hui d’où est originaire la langue basque, l’une des langues les plus anciennes d’Europe.

Chorale basqueFierté du Pays Basque, la langue basque, l’euskara, est aujourd’hui présente sur tout le territoire et dans tous les médias : télévision, radio, événements, presse, Internet, et littérature, y compris pour la jeunesse. Un patrimoine immatériel que les Basques s’appliquent à conserver, mais surtout à enrichir et à transmettre, au fil des générations.

Symbole d’une culture et d’une identité fortes, la langue basque a traversé les âges sans qu’on ne sache où elle a démarré son histoire, et l’euskara a, au fil des millénaires, donné naissance à une importante diversité de dialectes au sein même de la langue basque. Diversité source de richesse culturelle, mais aussi d’incompréhensions entre bascophones  ; une problématique souvent rencontrée dans les langues régionales. Diversité ayant donné naissance en 1960 au fameux basque unifié (euskara batua), langue basque basée sur un dialecte commun et standardisé, qui sera comprise par tous. Loin de se substituer aux différents dialectes existants, le basque unifié servira à mieux communiquer, notamment dans les média, dans l’enseignement et dans l’administration.

Aujourd’hui, les valeurs de la langue basque s’expriment grandement dans la création : littérature, chants, théâtre et bertsularisme (improvisation chantée et versifiée). Les artistes basques, investis autant d’une culture que d’une mission, passionnent les foules par la richesse et la qualité de leurs créations.

+ Pour en savoir plus sur la langue et la culture basques, vous pouvez vous rendre au Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne, visiter l’Ecomusée Basque à Saint-Jean-de-Luz, ou encore la maison basque de Sare Ortillopitz.

La maison basque Ortillopitz remonte le temps

Elle est l’âme de tout un peuple, elle est la pierre angulaire de la vie sociale au Pays Basque, la maison basque, l’etxe. A Ortillopitz, on y entend battre le coeur des hommes. Visite guidée.

La maison basque OrtillopitzCe n’est pas un hasard si Jean Elie Tapia, gardien des lieux, reçoit ses visiteurs sous le lorio. Si le porche permettait de travailler à la lumière sans craindre les intempéries, il était également l’entrée officielle de la maison, une signification importante au Pays Basque. Il faut au visiteur quelques secondes d’adaptation en passant la lourde porte d’entrée, dû au contraste de lumière. A Ortillopitz, c’est dans une maison d’armateur que l’on entre, l’homme est sans doute au port de Saint-Jean-de-Luz pour affaires… C’est sa maison qu’on découvrira au fil des pas, au fil des pièces, et notamment son bureau, où trônent encore ses compas, ses livres de compte et sa carte.

C’est par le chai que commence la visite. Intact, en l’état. Petit détail, ou pas, on a oublié d’y refermer le saloir. C’est ici qu’on entrepose les tonneaux de cidre de la production maison, issus des 12 hectares de pommiers d’Ortillopitz. Un bon cidre qui partira sur les navires à quai à Bayonne, où à raison de deux litres par jour et par homme, les marins seront protégés des mauvaises maladies.

A l’étage, que l’on atteint en gravissant de grandes marches de chêne usées par le temps, la sukalde. La cuisine, pièce maîtresse de la maison basque, organisée autour du foyer. En son centre le zuzulu ou zizailu, le banc traditionnel basque dont le dossier protège des courants d’air, quelquefois affublé d’une petite tablette pour le repas. Tout autour, la cheminée, le four à pain, l’évier haut et le vaisselier habillent la sukalde, dont les fenêtres laissent passer quelques rais de lumière qui viennent magnifier ces objets du passé.

Le bureau de la maison basque OrtillopitzIl ne faut pas aller bien loin pour découvrir le bureau de l’armateur. Attenant à la cuisine, comme pour être proche des siens, le propriétaire a opté pour une pièce simple, mais fonctionnelle. Un bureau, une malle, et un peu de décoration, avec cette ancre posée au sol qui n’est pas sans rappeler le métier de l’homme de la maison.

Il faut suivre le couloir pour entrer dans les chambres de la maisonnée. On se projette quelques siècles en amont, en 1630, du temps où les draps de lit étaient faits de lin, tendus sur des matelas de laine. Un vrai bond dans un temps qu’on a du mal à imaginer, et qui pourtant a bien existé.

Il reste encore un étage à gravir avant de quitter cette belle etxe. Pour s’immiser dans le large grenier baigné de lumière. Là-haut l’histoire des hommes est posé à même le sol, suspendu aux poutres de chêne, entassé sous les mansardes. Un passé de culture du piment et du maïs, de travail dans les champs, de dur labeur, les outils sont là pour en témoigner. Mais avant de rebrousser chemin, jetons un oeil à travers les basses ouvertures. Comme pour ajouter à ce tableau paisible et intemporel, le cheval de la maison, couché, confiant, se repose dans l’herbe fraiche du jardin. Un tableau enchanteur ? Pas forcément, un tableau basque, tout simplement.

+ Visiter la Maison Basque de Sare Ortillopitz.
+ Voir les articles du blog liés à la Maison Basque Ortillopitz.

Mythologie basque : de déesses, de laminak et de géants

La mythologie a de tout temps passionné les basques. Nombreux sont les personnages qui ont façonné l’histoire de lieux devenus emblématiques. Les Grottes de Sare, haut lieu de croyances au Pays Basque, vous fournissent les clés pour découvrir quelques-uns des personnages de la mythologie basque.

Mari : entité centrale de la mythologie basque
Déesse basque MariMari est certainement le personnage clé sinon emblématique de la mythologie basque. Malheureusement, seuls les écrits du début du siècle produits par le prêtre Barandiaran nous apportent quelques éclaircissements sur cette légende. Depuis son apparition, la société basque a été confrontée à une succession de nombreuses cibilisations (Ibères, Celtes, Romains…). Témoin de toutes ces rencontres, le personnage de Mari apparaît donc très diversifié. Les aspects et pouvoirs de Mari sont nombreux. Mari est la « Nature », on lui attribue jusqu’au rôle de déesse, d’où l’offrande de sacrifices d’animaux et d’argent. Mais avec le temps, le personnage de Mari est devenu de plus en plus flou. Peut-être dû au conflit dans lequel elle est entrée avec la religion qui la rejetée dans un monde différent de celui où elle régnait autrefois sans partage. C’est sous terre que vit Mari, dans une caverne en montagne. Chaque vendredi (la nuit de l’Akelarre ou le rendez-vous des sorcières) elle donne rendez-vous à son mari Sugaar pour provoquer les orages qui apporteront la fertilité à la terre et au peuple.

Lamin à ArrasateLes laminak  : génies de la mythologie basque
Ils sont certainement les plus populaires et tout le monde connaît au moins une anecdote ou une légende liée à ces petits êtres fantastiques féminins. Attachés à l’eau et à l’obscurité, ils entretiennent souvent de bons rapports avec les hommes. Dans la plupart des histoires, on leur attribue la construction de ponts et de maisons, mais l’une des particularités des laminak, c’est qu’ils ne peuvent achever les travaux qu’ils commencent. C’est la nuit que ces êtres fantastiques décident de sortir pour mettre à profit leurs talents de bâtisseurs. On leur attribue notamment le pont de Licq-Atherey, en Soule. Quelques récits relatent également des idylles avec des bergers, mais les laminak ne peuvent conclure de mariage avec les humains… Vivant sous terre et dans des grottes, les femmes laminak sont souvent décrites en train de peigner leur longue chevelure, auprès d’une source ou à l’entrée de leur maison, à l’aide d’un peigne d’or. D’une grande beauté, leur aspect n’est jamais totalement humain de part des éléments associés aux animaux : pieds palmés, pattes de poules, sabots de chèvre ou queue de poisson.

SorginSorginak, les assistantes de Mari 
Sorgin désigne un sorcier ou une sorcière. A l’origine il s’agit d’un être surnaturel exerçant des fonctions hors du commun, au service de Mari. Mais comme partout ailleurs en Europe, au Pays Basque Sorgin désigne également des personnes ensorcelées, généralement des femmes, pratiquant divers maléfices et se rendant la nuit à des assemblées présidées par le diable, représenté lui-même sous forme de bouc. Ces légendes ne sont pas sans rappeler le tristement célèbre procès des sorcières de Zugarramurdi en 1609, ayant causé la mort de nombreuses femmes basques.

TartaroTartaro : le cyclope géant cruel
Longtemps confondu avec Basajaun, le Tartaro est un géant vivant dans des cavernes et se nourrissant de moutons qu’il vole aux hommes. La légende raconte qu’un jour un petit malin s’étant caché dans ses moutons a eu le courage de l’attaquer et de lui crever un oeil, d’où sa représentation de cyclope. La tradition basque lui oppose souvent un jeune garçon déluré surnommé le fou ou l’imbécile : Mattin Ttipi (le Petit Martin), ou Mattin Txirula (Martin le joueur de flûte). Tartaro fait partie d’une série de géants cyclopes que l’on attribue aux légendes pyrénéennes, comme le Bécut par exemple.

BasajaunBasajaun, le seigneur sauvage
Vivant avec sa femme, le seigneur Basa Jaun est un homme imaginaire, corpulent et poilu occupant les forêts et les grottes du Pays Basque. On le trouve plus particulièrement du côté de la forêt d’Iraty. Impressionnant, il entre quelquefois dans les maisons pour voler de la nourriture sans que les hommes n’osent intervenir. Mais ce génie rural et montagnard prévient également des orages en criant pour avertir le berger ; on raconte qu’il empêche aussi les loups d’approcher les troupeaux. Selon certains récits, le Basajaun aurait été le premier à cultiver la terre ou à exercer les métiers de meunier et de forgeron.

 

+ Les Grottes préhistoriques de Sare sont un haut lieu de la mythologie basque, offrez-vous une petite visite pour en apprendre plus…
+ La mythologie basque est un sujet également abordé au Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne, ainsi qu’à la maison basque de Ortillopitz à Sare.
+ Articles lié : Des sorcières au Pays Basque ?

 

 

Etxe, la maison basque où bat le coeur des hommes

Etxe. Au Pays Basque plus que nulle part ailleurs, la maison a une âme, une signification. Au-delà du simple cadre architectural, la maison basque fut de tout temps la pierre angulaire de la vie sociale traditionnelle.

Les Basques ont placé la maison rurale au sommet de leurs icônes de la tradition. Labourdine, souletine ou de Basse-Navarre, l’etxe c’est l’histoire d’une famille, repère dans la vie quotidienne, racine de l’organisation sociale, politique, juridique et économique au Pays Basque.

La maison basque porte le nom de celles et ceux qui l’habitent, elle résonne en ceux qui Maison Basquelui ont donné vie. L’etxe n’appartient pas à ses propriétaires, ce sont eux qui lui appartiennent. D’ailleurs, elle n’est jamais vendue. Elle se transmet de génération en génération. Un héritage familial qui sous l’Ancien Régime était transmis obligatoirement à l’aîné des enfants, le « Maître de Maison », qu’il soit fille ou garçon. A son tour il devait assurer la gestion de ce patrimoine familial dont il avait l’usufruit. Depuis 1789, le Code civil a assoupli les règles, désormais le patrimoine est fragmenté entre les enfants.

Preuve et symbole de pérennité, la maison basque hébergeait jusqu’au 20ème siècle trois générations sous le même toit : grands-parents, parents et enfants, parfois même des frères et soeurs célibataires. Tous intimement liés à la terre et à cette propriété, tous missionnés pour la protéger. Alors que les hommes se consacrent aux travaux extérieurs, la maitresse de maison dirige la vie du foyer. L’entraide et le partage sont ainsi au coeur du cercle familial, mais ils s’étendent généralement au-delà. Car le cercle étroit des voisins proches eux-aussi jouent un rôle essentiel dans la vie quotidienne de la maison basque. Par la rencontre, l’entraide, le soutien en cas de deuil et la participation à tous les événements familiaux. Une charge lourde, mais sacrée. Un devoir fondamental, ciment de la société rural auquel autrefois nul ne se dérobait.

En savoir plus sur la maison basque
+ Visiter l’Ecomusée Basque à Saint-Jean-de-Luz
+ Visiter le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne
+ Visiter la maison basque de Sare Ortillopitz

Le makila, symbole d’honneur au Pays Basque

Au Pays Basque, le makila ou makhila, bâton de néflier, est plus qu’un compagnon de marche intemporel, qu’un objet de décoration ou de défense.

Il faut remonter à 1784 pour parler des premières générations d’hommes à avoir fabriqué La makila, canne du Pays Basquele makila. Si aujourd’hui les rondeurs des collines du Pays Basque évoquent la douceur et la sérénité, il en a pas toujours été ainsi. A l’époque, le bâton de marche robuste, creusé dans le bois de néflier, était une arme de défense redoutable en cas de mauvaise rencontre. Dans ce temps-là, les Basques avaient dit-on, un goût prononcé pour les lances, piques et dards divers. Le Basque marchait avec sa canne à la main ou caché dans la jambe de son pantalon, prêt à intervenir en cas de coup dur. Les pélerins sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle ont utilisé le makila, mais aussi les bergers et les contrebandiers, tous confrontés à de nombreux dangers.

Si dans des temps plus anciens le makila était offert aux jeunes hommes pour leur entrée dans la vie adulte, aujourd’hui, il est un bâton d’exception. On n’acquiert pas un makila. On l’offre. Pour honorer quelqu’un de reconnu au sein des hommes, et de respecté. Au-delà d’une tradition, c’est tout un emblème du Pays Basque ; le makila symbolise une façon de vivre et de penser, transmet une sensibilité.

Le makila se mérite, et pour cause ! Sa fabrication dure des années. Elle commence au printemps, par le repérage en forêt du fameux bois de néflier, une essence rare, qui sera Pommeaux de makilas au Musée Basque et de l'Histoire de Bayonneutilisé pour la réalisation de la canne. La branche d’arbre choisie est alors scarifiée à la main avec un outil tranchant qui laissera des cicatrices en relief : des formes serpentiformes et du pointillisme, future décoration de la canne. A l’automne, lorsque la sève s’est retirée, il faut revenir pour la coupe du bois, qui a poursuivi sa croissance. C’est en écorçant et en chauffant le bois qu’on découvrira les incisions décoratives. Enfin, la période de séchage peut commencer. Pour plusieurs années. Dix à douze ans sont nécessaires pour obtenir un bâton de qualité. Le makila est alors teinté et habillé avec des pièces confectionnées sur mesure pour la personne à qui il est destiné. Viroles, poignée, trèfle, pomme de corne ou de métal y sont ajustés. Avant la phase finale, et non des moindres : l’inscription du nom et du prénom du destinataire, quelquefois d’une devise, des initiales et un blason.

En savoir plus sur le makila
+ Visiter l’Ecomusée Basque à Saint-Jean-de-Luz
+ Visiter le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne
+ Visiter la maison basque de Sare Ortillopitz

 

Des sorcières au Pays Basque ?

L’histoire du Pays Basque recèle quelques épisodes intrigants… Avez-vous entendu parler de cette histoire de chasse aux sorcières ?

1609. D’étranges phénomènes se déroulent dans la province basque du Labourd. Des rumeurs circulent… C’est une dénonciation qui fera basculer le destin et marquera à jamais l’histoire du Pays Basque.

A ce moment-là, tout s’enchaîne très vite. Plusieurs dizaines de personnes, des femmes en grande partie, sont accusées de sorcellerie. On leur attribue de mauvaises tempêtes en mer qui provoqueraient la perte de bateaux de pêche. On les accuse de maléfices contre les bêtes, les récoltes et même les habitants ! Certaines des femmes, soit disant possédées par le diable, sont accusées de vampirisme…

Dans le petit village de Zugarramurdi, à deux pas de la frontière, près de 300 personnes sont pointées du doigt pour des actes de sorcellerie dans les grottes. On raconte que les sorcières se seraient adonnées à des rituels païens, le fameux Akelarre, mêlant banquets effrénés présidés par le diable, danses autour du feu et orgies au clair de lune ! De quoi faire jaser tout le Pays Basque !

La fin de l’histoire est loin d’être rose. En 1609, à Saint-Pée-sur-Nivelle, alors que règne le bon roi Henri IV, on envoie au bûcher plusieurs centaines de femmes ! En 1610, le procès des « sorcières de Zugarramurdi » en fera de même. Brrrr.

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+ Pour en savoir plus sur les histoires de sorcières au Pays Basque, visitez Ortillopitz La Maison Basque de Sare, ou le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne.
+ Pour devenir incollable sur le sujet des sorcières, lisez « Procès de sorcellerie en Labourd, 1609″ aux Editions Elkar ou « Coup de balai sur les idées reçues à propos de la sorcellerie » de Lauburu.
+ Pour en savoir plus sur les légendes et la mythologie basque, visitez les grottes de Sare, la maison Ortillopitz, l’Ecomusée Basque ou le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne.