Vous êtes plutôt stalactite ou stalagmite ?

Reines des grottes d’Oxocelhaya, elles la transforment en véritable cathédrale du temps : stalactites et stalagmites aussi belles que variées ravissent les yeux des petits et grands explorateurs.

Vos enfants ont tendance à confondre leur nom, et pour cause, ils se ressemblent ! Petite leçon de sciences naturelles avant leur visite pratique sur le terrain :

Notre amie la stalactite… tombe (avec un « t » comme tombe !). Sorte de cône, la stalactite pend de la voûte, du plafond des grottes. Du grec stalaktos (« qui coule goutte à goutte »), elle se forme tout doucement, très lentement. Des centaines de milliers d’années sont nécessaires pour qu’une stalactite se forme, ce qui veut dire que les hommes préhistoriques Néandertal et Homo Sapiens d’Isturitz et Oxocelhaya ont dû voir ces mêmes paysages concrétionnés que ce que nous voyons aujourd’hui !

Mais comment ça marche ? Et bien, comme chacun sait les roches des grottes sont faites de calcaire. L’atmosphère de la grotte étant très humide, de l’eau y suinte en permanence sur les parois, qui du coup, se charge de calcaire. Or, avant de tomber, la goutte d’eau perd sa partie calcaire qu’elle laisse sur la paroi, un peu sous forme d’anneau. C’est l’accumulation de ces anneaux qui forment la stalactite !

A l’inverse, lorsque de l’eau tombe sur le sol en s’accumulant à un seul et même endroit, le cône se forme dans l’autre sens, vers le haut. On parle alors de stalagmite, (avec un « m » comme monte !). Du grec stalagmos (« écoulement »), la stalagmite se forme grâce à ce qu’on appelle l’ »effet splash », l’érosion du sol nu de la grotte provoqué par l’impact des gouttes d’eau calcaires.

Magie de la nature mais pas forcément hasard des choses, il arrive qu’une stalactite et qu’une stalagmite se rejoignent, formant ainsi une colonne stalagmitique !

Dorées, pailletées, argentées, brillantes, luisantes, scintillantes, les stalactites et stalagmites forment un décor naturel somptueux dans la grotte d’Oxocelhaya, dont la mise en lumière ajoute sa part de magie et de saut dans le temps, au milieu des entrailles de la Terre.

Prenez le temps d’admirer ces merveilles de la nature, mais aussi de comprendre et de vous projeter dans le temps, un privilège que vous offre cette superbe grotte au Pays Basque.

La corniche basque

La corniche basque… Quiconque la connaît n’y reste pas insensible. Elle est belle, majestueuse, naturelle, et le refuge d’une flore et d’une faune côtières remarquables. Présentation.

Elle s’étire de Saint-Jean-de-Luz à Hendaye, tourne le dos à la chaîne des Pyrénées comme pour mieux la protéger de l’assaut de l’océan. La corniche basque, c’est un paysage atypique qui s’est façonné à l’époque des lointains dinosaures, du temps où la dérive des continents a poussé la (future) Espagne contre la (future) France, créant des plissements titanesques que l’on admire encore aujourd’hui.

Ses hautes falaises de flysch, accumulations de sédiments de grès et de schiste, forment Dans le creux d'une baie de la corniche basqued’immenses strates, véritable piles d’assiettes comme à Saint-Jean-de-Luz par exemple. D’un point de vue géologique, les 6 km de la corniche basque sont ainsi un livre ouvert sur l’histoire du monde et de l’univers. Avec Bidart, la corniche basque fait partie des deux sites français (parmi les 95 recensés au monde) permettant d’étayer la théorie du choc d’une météorite géante de dix kilomètres de diamètre (!), exténuant il y a 95 millions d’années une partie de la vie sur terre, dont de nombreux dinosaures…

Au bas du Domaine Abbadia, la Baie de Loya est même qualifiée de « joyau géologique » grâce à son tombolo, une sorte de flèche de galets perpendiculaire à la côte que l’on peut relier à pied à marée basse (et par fort coefficient). Ce cordon littoral de sédiments relie le dôme de Loya (en fait constitué de deux petits îlots) à la côte. Si vous regardez bien, vous remarquerez qu’en hiver les goélands s’abritent du vent au pied de l’îlot. Mais l’érosion n’a pas fini son travail, et la côte rocheuse de la corniche basque recule chaque année de 50 centimètres sous l’effet des vagues ! En témoignent les fameux « Deux jumeaux » (Harroka Bizkiak »), ces tours de calcaire rose qui indiquent l’emplacement de l’ancienne côte à laquelle ils été autrefois rattachés.

Le Domaine d'Abbadia à Hendaye

Le Domaine d'Abbadia. Tout à fait à gauche, le dôme de Loya, et à droite, les deux jumeaux.


Corniche basqueAutres petits trésors de la Corniche Basque :

Les habitants dans ses rochers : les patelles (ou chapeaux chinois), crabes marbrés, pousse-pieds, anatifes (ou bernacles) dont on croyait au moyen-âge que la coquille donnait naissance aux canards et aux oies !

Ses minuscules grottes sous les rochers éboulés, dans lesquelles se cachent des crabes, crevettes, bernard-l’ermites, oursins, anémones et quelquefois des poulpes.

Le Domaine Abbadia, conservatoire du Littoral, 65 hectares de landes sauvage, prairies et vergers à flanc de falaise, surplombant l’océan. Dans les airs, goélands argentés, corbeaux, bécasseaux violets et tournepierres à collier s’offrent un panorama à couper le souffle sur la corniche basque, plus belle encore vue de la mer… Au gré des sentiers, chênes, merisiers, frênes, érables champêtre et même palmiers, ajoutent la touche finale à ce décor de toute beauté, où trône en son centre, fier, somptueux, l’oeuvre de pierre de l’ancien propriétaire des lieux, le célèbre Château Observatoire Abbadia.

 

Les Grottes préhistoriques de Sare ou les débuts du tourisme

Nous sommes au 19ème siècle. Le mouvement romantique prône un retour à la nature, aux sources, à l’authenticité (déjà!). Montagnes et cascades, forêts et grottes sont décrites par les grands auteurs dans la littérature et deviennent progressivement des buts d’excursion.

Réservé à une certaine classe sociale, le tourisme commence à cette époque dans les stations thermales des Pyrénées, ou encore sur la côte basque, grâce notamment à l’Impératrice Eugénie de Montijo. Mais vous le verrez, la Grotte de Sare s’est elle aussi vu intégrée à ce mouvement.

En 1847, Védel, lieutenant du génie et officier de Napoléon Ier, nous décrit son excursion dans la grotte : « Une chose qui nous a beaucoup étonné dans notre promenade souterraine, ç’a été de trouver des milliers de chauve-souris, que nous avons pris d’abord pour des points noirs, attachées à la voûte par les pattes de derrière et se laissant pendre la tête en bas et les ailes reployées [...] Nous en avons, pourtant, fait tomber quelques unes avec nos bâtons, elles se sont traînées d’abord péniblement, comme si elles se réveillaient, puis quelques-unes ont pris leur vol ». A cette époque les premières excursions s’apparentaient presque à de l’exploration !

Ancienne carte postale représentant les Grottes de Sare

Second Empire, Biarritz devient une station balnéaire prisée où séjournent régulièrement Napoléon III et Eugénie de Montijo. Si les bains de mer y sont mis à la mode par la jeune Impératrice, les balades dans l’arrière-pays s’inscrivent elles aussi dans la tendance romantique. Gravir la montagne de la Rhune en robe et talons hauts n’effrayant pas les dames de la cour. Le journal Mémorial des Pyrénées raconte en 1825 l’une des excursions du couple royal justement : « Leurs Majestés ont été visiter une grotte célèbre, connue dans le pays, sous le nom de grotte aux Ours*. Là, un spectacle fantastique, assez original, leur a été offert. Après avoir pénétré assez avant dans la grotte, leurs Majestés ont assisté à des danses nationales exécutées aux flambeaux par une cinquantaine de jeunes gens du pays, revêtus de l’élégant costume antique des Basques. » 

En 1882, Paul Perret publie le 1er tome d’un gros travail sur les Pyrénées. Il souligne à cette occasion l’importance de la grotte de Sare dans le tourisme pyrénéen de l’époque. De ce fait, une « industrie » du tourisme a commencé à s’organiser, pour amener les touristes voir les sites naturels remarquables dans les Pyrénées : c’est la naissance des guides. « Les torches des guides semblent donc nous inviter à pousser en avant ; mais ils agitent leurs cordes qui nous rappelleraient à la prudence si nous pouvions l’oublier dans un lieu naturellement si noir. Le chemin n’est point sans péril. »

Impossible de terminer cet article sans citer Pierre Loti. Dans son texte, « Les patiences souterraines » écrit en 1903, l’auteur perce le regret d’un aménagement touristique qui s’est fait entre-temps : « Aujourd’hui, de pauvres irresponsables ont complètement défiguré l’exquis village (NDLR : de Sare), en bâtissant juste au-dessus de la place du jeu de pelote [...] une villa moderne avec faïences polychromes. Aujourd’hui, hélas, on y va en auto ! A l’entrée de la grotte, on vient, hélas ! de construire, pour les touristes, une maison et un restaurant qui ont changé ces aspects millénaires. »

Plus d’un siècle a passé depuis cette déclaration (dont un extrait seulement est publié ici), et les Grottes de Sare n’ont pas changé. Elles sont l’un des sites touristiques les plus visités au Pays Basque.

* La Grotte de l’Ours est l’ancien nom des Grottes de Sare.

José Miguel de Barandiaran, patriarche de la culture basque

« Monsieur,
Les ossements humains que vous avez trouvé dans une grotte de Sare peuvent être intéressants pour l’étude anthropologique de l’ancienne population de notre pays… »

Dans cette lettre datant de 1966, José Miguel de Barandiaran s’adresse à Pierre Lamarque, résidant à Biarritz. Une preuve, s’il en fallait une, de l’insatiable et dévorante passion du Guipuzcoan pour le Pays Basque. Sites et Musées revient sur cette interview inédite de ce personnage local incontournable.

Père BarandiaranS&M : Prêtre, chercheur, scientifique, ethnologue, linguiste, anthropologue… quelle personne peut endosser autant de rôles dans sa vie ?
Vous savez, tout est question de volonté, mais surtout de passion ! Rien n’est incontournable dans la vie, mais restons modestes, ces rôles sont la plupart imbriqués les uns aux autres.

S&M : Vous voulez dire que votre travail de chercheur vous a progressivement amené à vous pencher sur l’ethnologie, puis l’anthropologie par exemple ?
Oui, c’est exactement ça. Faire des recherches sur un peuple implique de fouiller pour comprendre. Les humains, leur histoire, leurs coutumes, leur religion… C’est un travail très transversal, et il y a tant de mystères et d’incertitudes sur les origines du peuple basque que la mission de recherche est forcément très large. Plus vous découvrez de choses, plus vous voulez en savoir, c’est sans fin, ce qui implique de jongler avec les sciences !

S&M : Alors racontez-nous un peu, pourquoi cette passion pour le peuple basque ?
C’est une question que j’attendais ! Et vous faites bien de me la poser. Ecoutez, je suis né dans une ferme d’un petit village rural de Guipuzcoa. C’est un territoire, comme bien d’autres au Pays Basque, où les traditions et les superstitions ont toujours été très enracinées. Sans entrer dans les détails, je peux vous dire que certains événements dans ma jeunesse ont bouleversé ma façon de voir les choses, notamment concernant la religion et le christianisme. Petit à petit, j’ai entamé un vaste projet, celui de comprendre le monde dans lequel je vivais ! Une quête qui peut paraître impossible ou démesurée, mais qui m’a guidé tout au long de la vie. En 1913, le professeur Wündt de l’université de Leipzig m’enseigna que les cultures ne peuvent pas être intelligibles de façon adéquate si on ne les vit pas. Compte tenu de ces critères, j’entrepris de travailler sur le peuple basque, seule culture que je vivais à l’époque.

S&M : C’est donc de cette manière que tout a commencé ?
Oui, c’est un peu à partir de ce moment-là que j’ai laissé tomber le savoir théorique et les livres pour me lancer dans la recherche de terrain. C’était un peu comme une révélation !

S&M : Vous êtes devenu un personnage emblématique de l’histoire du peuple basque. Pensez-vous avoir accompli quelque chose d’important pour le Pays Basque ?
C’est une question compliquée… Ce serait mentir que vous dire le contraire, j’ai passé ma vie à chercher, à enseigner, à partager, à sensibiliser, et pas toujours dans des conditions faciles. Mais malgré toutes les découvertes, il reste encore beaucoup à apprendre, et notamment sur l’origine exacte du peuple basque qui reste décidément un mystère. J’espère en tout cas avoir motivé les troupes pour continuer les recherches !

S&M : Merci Père Barandiaran, et faut-il s’attendre un jour à une votre retraite ?
Ecoutez, il ne faut jamais dire jamais, mais honnêtement n’y croyons pas trop, je ne pense pas réussir un jour à m’arrêter de chercher, c’est en moi, c’est comme ça. Merci à vous.

NDLR : A seulement 30 ans, José Miguel de Barandiaran est à la tête d’une oeuvre immense. Non seulement il a mis en place le cadre d’étude permettant de développer une approche rationnelle du peuple basque, mais avec ses amis et collaborateurs, il a jeté les base conceptuelles de l’étude des origines du peuple basque. En 1958, Barandiaran avait déjà recensé ou étudié 340 dolmens, 19 tumuli, 687 grottes et une dizaine de baratz et cromlechs. Il faut ajouter à cela des monographies sur des villages basques, un corpus unique de contes et légendes… un travail prodigieux en matière d’ethnographie et d’ethnologie.

+ Complétez vos connaissances sur le père Barandiaran aux Grottes Préhistoriques de Sare.

Les Grottes de Sare célèbrent Txondorra, la charbonnière

Grâce à une initiative commune entre Patrick Artola (Société Arbolak), la commune de Sare et les Grottes de Sare, l’un des plus anciens métiers, celui de charbonnier, « ikazkina » en basque, retrouve un instant ses lettres de noblesse.

Le temps traçant son sillon, la légende et la réalité se confondent. Ainsi, le charbonnier n’est plus pour les enfants l’artisan familier de la montagne basque, mais Olentzero, ce personnage truculent qui, à l’approche de Noël, descend de la montagne pour distribuer cadeaux et friandises. La tradition qui, elle, n’a pas d’âge, l’a retenu comme un éloquent symbole du passage au solstice d’hiver.

Le charbonnierUn métier ancestral à redécouvrir
Mais qu’est-ce donc une charbonnière ? Comment est-elle confectionnée ? Quels sont les matériaux et les outils utilisés ? Comment est-elle allumée, entretenue et veillée ? Mais qui est donc Ikazkina qui surveille son ouvrage «  comme on veille un enfant, jour et nuit » ? C’est ce que les curieux sont invités à découvrir…

Une communion avec la nature
L’élaboration de la txondorra (charbonnière) traduit cette étroite relation entre la nature et l’homme basque, depuis la taille du chêne têtard, cet arbre remarquable dont la taille particulière des branches, permettait sans épuiser le végétal, d’en utiliser le bois pour la fabrication du charbon de bois.

Véritable sanctuaire du chêne pédonculé qui a, ainsi, traversé les siècles, la forêt de Sare entretient les traces de ce noble métier témoignant d’un souci de biodiversité avant l’heure. Aujourd’hui, il convient de sauvegarder ces arbres qui, non seulement arborent des formes fantastiques, mais dont les troncs tourmentés abritent de précieuses colonies d’insectes.

La transmission d’un patrimoine
Organisée tous les deux ans, cette nouvelle édition se déroulera du 23 au 28 octobre 2012, au lieu-dit « Garbala ». Emprunter la route des Grottes de Sare et suivre le fléchage. Le souci de la transmission d’un patrimoine auprès des écoles et du grand public est le moteur de cette initiative qui permettra de suivre les différentes étapes conduisant à l’élaboration du précieux charbon végétal, un inestimable combustible jusqu’au mitan du siècle dernier.

Une journée pédagogique
Les élèves iront à la rencontre d’un métier mais aussi, grâce à des ateliers, s’éveilleront aux secrets de la forêt : la vie des abeilles, des chauves-souris jusqu’à l’approche pastorale de la montagne, sans oublier pour autant cette interprétation traditionnelle de la nature qui utilise le conte et la mythologie. Ce jour-là, les élèves visiteront également les fameuses Grottes Préhistoriques de Sare. Une heure de visite guidée en Son et Lumière.

+ Découvrir les Grottes Préhistoriques de Sare

 

 

Grottes d’Isturitz et Oxocelhaya : 80 000 ans d’histoire de l’humanité

Il faut écouter les guides passionnés des Grottes d’Isturitz et Oxocelhaya pour comprendre  l’importance de ce site emblématique de la préhistoire, mondialement connu des archéologues, et ouvert au public depuis 50 ans déjà.

Vallée de l'ArberoueLa route qui nous mène à Saint-Martin d’Arberoue est un préliminaire à la visite des grottes. Le moyen de vous préparer à l’ambiance. Douceur, tranquillité, sont les mots qui viennent à l’esprit en roulant sur la petite route tortueuse qui sillonne cette vallée paisible, presque endormie, où paissent ça et là quelques troupeaux de brebis. A l’arrivée sur le site, sur cette petite colline où trois grottes se superposent, ciel bleu, dégradés de verts, et petite rivière en contrebas. Et puis cette entrée, où l’on a hâte de passer la porte pour prolonger l’enchantement. Mais avant cela, comme pour préparer le visiteur à la visite, quelques citations sur l’homme entament l’immersion dans le futur monde souterrain. Parmi elles, Yves Coppens nous rappelle que « La Préhistoire met l’Homme à sa place, elle sert à comprendre qui nous sommes, la manière dont nous sommes devenus ce que nous sommes (comment) et la raison pour laquelle nous le sommes devenus (pourquoi) ». 

Puis le moment de pénétrer dans la grotte arrive. La lumière du jour disparait pour laisser place à l’obscurité. Les guides sont depuis peu devenus maîtres de la lumière, qu’ils déclenchent lors de leur passage dans les différentes parties de la cavité. Isturitz, la première grotte. Dès les premiers instants les visiteurs sont captivés. Aude, préhistorienne de l’art et guide passionnée, retrace avec engouement les épisodes d’occupation humaine du site, preuves à l’appui. On réalise le vécu des grottes, on fait un bond sans précédent dans le temps, on se projette dans cette salle voici 43 000 ans, du temps où les premiers Cro-Magnon y avaient installé un atelier de fabrication de vêtements. Un choc pour les visiteurs, pantois : 43 000 ans que le concept de société organisée existe, régie par l’économie et la politique, où le troc et l’échange prédominent. Les propos d’Aude ne laissent pas indifférents. On pose des questions, on veut comprendre. Et puis, on réalise qui l’on est et d’où l’on vient. On reprend sa place.

Grotte d'IsturitzPlus loin et après plusieurs haltes où se succèdent l’Histoire et les histoires, la lumière s’arrête sur ce fameux pilier gravé, découvert dans les années 1920. Un autel ? La recherche n’a pas fini de parler… ni de chercher à comprendre pourquoi les hommes préhistoriques ont ici superposé trois animaux dans la roche, sur cette stalagmite monumentale ayant traversé les âges et résisté au temps. On veut prendre le temps nous aussi d’émettre des hypothèses, d’essayer de comprendre. On veut se projeter, participer, avant de poursuivre la visite dans la deuxième grotte, Oxocelhaya, où cette fois, on en prendra plein les yeux. A suivre…

+ Visiter les grottes d’Isturitz et Oxocelhaya
+ Lire l’article « Quand Panpi illuminait nos grottes »

 

Fête de la Corniche 2012

Voilà déjà 7 ans que la Corniche basque et le Château Abbadia accueillent le public pour la Fête de la Corniche. Dimanche 23 septembre sera placé sous le signe de la nature, de l’art, de l’environnement, des jeux et des rencontres. La route du littoral le long de la Corniche étant fermé pour l’occasion, les promeneurs sont invités à profiter de la nature à l’état pur, loin des pots d’échappement ! Musique, danse, balades en calèche ou en poneys, VTT, petit train, pique-nique géant… La corniche laisse place à la fête !

Fête de la CornicheProgramme de la Fête de la Corniche 2012 :
Les animations sont réparties en fonction de sites et points d’accueil tout au long de la Corniche et du Domaine Abbadia. Toutes les animations sont ouvertes à tout type de public, petits et grands.
Venez nombreux !

 

Du côté de la Maison de la Lande Larretxea (mais d’accueil du Domaine Abbadia) – Point N°1 :
- Exposition « Le Flysh de la côte basque » de 10h à 18h
- Projection d’un reportage France 3 « Grandeur nature : le Domaine Abbadia », de 10h à 18h.
- « Duo Baptiste Daleman » : chanson française, de 11h30 à 16h.

Du côté de Larrextaberri – Point n°2
- Atelier scientifique « Quand parlent les falaises… », à 11h30 et 16h.
- « Bons baisers de la Corniche » : atelier créatif en art postal, de 10h à 13h et de 14h à 18h

Du côté de la Ferme Nekatoenea – Point n°3
- EXposition de céramiques d’Eliane Monnin, de 10h à 13h et de 14h30 à 18h
- « Jeux d’antan » : animation avec des jeux en bois, de 10h à 18h
- Duo musique du monde » : chant malgache, à 11h, 15h30 et 17h

Du côté de Oihanttiki – Point n°4
- « Arbrassons », sculptures sonores de José Le Piez, de 10h à 18h.
- « Incertains-Concert » : musique-danse-sculpture sonore, par la Compagnie Syrtes, à 12h, 15h et 17h30

Du côté du Château Abbadia – Point n°5
- « Astronomo » : L’Astronome, sculpture de Blaise Guirao, de 10h à 18h.
- « Astronomie et Sciences » : expressions du public et restitution théâtralisée par la Compgnie « Les Cous Lisses », de 16h à 16h30
- « Calligraphie » : atelier ludo-créatif, de 10h à 18h
- « Euskal dantzak »:  danses basques par Mutxiko elkartea, pendant le pique-nique
- « Le zodiaque, pourquoi ? » : atelier scientifique, de 10h à 18h
- « Pourquoi les saisons ? » : atelier scientique, de 10h à 18h
- « Pourquoi la mer monte et descend ? » : atelier scientifique, de 10h à 18h
- « Y a t-il d’autres soleils dans l’univers ? » : atelier scientifique, de 10h à 18h
- « Les petites boites » : atelier scientifique pour les 3-6 ans, de 10h à 18h
- « La biodiversité dans tous ses états » : atelier scientifique à partir de 7 ans, de 10h à 18h
- « Jazz Flamenco Trio »: groupe musical de Ray Layzelle, à 11h, 14h30 et 16h45.

Du côté d’Asporotsttipi – Point n°6
- « Mais où sont les Txinbadiens ? » : atelier environnemental sur la géographie transfrontalière, de 10h à 13h et de 14h à 18h
- « Déchets aquatiques » : atelier environnemental par Surfrider Foundation, de 10h à 18h
- « Qualité de l’eau » : atelier environnemental par Surfrider Founndation, de 10h à 18h
- « Bouteilles, flacons, bidons : pas de discrimination » : cubes de déchets plastiques, animation par Bil Ta garbi, de 10h à 18h

Du côté des falaises d’Asporotsttipi – Point n°7
-   »Biodiversité marine : CopOeRa » : atelier ludo-environnemental : oeufs de raies, de 10h à 13h et de 14h à 18h
- « Transport maritime » : atelier environnemental par Surfrider Foundation, de 10h à 18h

Du côté d’Haizabia – Point n°8
- « Biodiversité marine microscopique et de l’estran » : atelier environnemental de 10h à 18h
- « Solo Gilles Belondrade » : à 11h, 14h30 et 17h
- « Ateliers cirque et maquillage », de 10h à 18h

Du côté des bois des pins – Point n° 9
- « Jeu de l’oie géant » : atelier ludo-environnemental de 10h à 13h et de 14h à 18h
- « Entre terre et mer, sauvegarde de la faune sauvage » : conseils et observation, de 10h à 18h

Du côté de Kauterekoborda – Point n°10
- « Artzain » : Le Berger, sculpture de Blaise Guirao, de 10h à 18h
- « Agriculture et élevage » : expressions du public et restitution théâtralisée par la Compagnie « Les Cous Lisses », de 14h30 à 15h
- « Txalaparta » : atelier musical, de 11h à 18h

Du côté du parking des viviers – Point n°11
- « La flore de la lande littorale » : visite guidée, de 10h à 18h
- « Biltzailea » : Le Pêcheur de poulpes, sculpture de Blaise Guirao, de 10h à 18h
- « Cueillette et biodiversité marine » : expressions du public et restitution théâtralisée par la Compagnie « Les Cous Lisses », de 11h à 11h30
- « Baleantzi » : le Chasseur de baleines, sculpture de Blaise Guirao, de 10h à 18h
- « Chasse à la baleine » : Exposition, de 10h à 18h
- « Peinture pour un géant » : performance du plasticien Bruno Aguerre et percussions de Nagy, de 12h30 à 13h puis par touches successives.

Du côté de la crique des viviers – Point n°12
- « Observatoire local de la biodiversité » : atelier ludo-environnemental sur les batraciens, de 10h à 13h et de 14h à 18h

Du côté des champs des viviers – Point n° 13 
- « Surflari » : Le Surfeur, sculpture de Blaise Guirao, de 10h à 18h
- « Patrimoine et vagues » :  expressions du public et restitution théâtralisée par la Compagnie « Les Cous Lisses », de 11h à 11h30
- « Artificialisation du littoral et Patrimoine et Vagues » : atelier environnemental par Surfrider Foundation, de 10h à 18h
- « Kortsario », le Corsaire, sculpture de Blaise Guirao, de 10h à 18h
- « Jetons moins, trions plus » : exposition et jeux environnementaux par Bil Ta Garbi, de 10h à 18h
- « Echo-gestes » : sensibilisation à l’environnement marin, de 10h à 13h et de 14h à 18h
- « Un papier, des formes » : animation par Izumi Boisseau, de 10h à 18h
- « Présentation du patrimoine fruitier ancien », de 10h à 18h
- « Otsailan » : chant choral par Otsailan, juste avant le pique-nique
- « PSID : pompiers solidaires » : Buvette, pendant le pique-nique
- « Poneys » : animation par les Etriers d’Aquitaine, de 10h à 13h et de 14h30 à 18h
- « Slow food » : dégustation de produits locaux, de 10h à 18h

Du côté du blockhaus – Point n°14
- « Vélodyssée », de 10h à 18h
- « Electric Experience », de 10h à 18h

Du côté de la route – Point n°15
- « A pas de géants » : rencontres contées.

Et enfin, en mer…
« Brokoa », animation navale par Itsas Begia. Horaires et durée selon l’état de la mer et les conditions météo.

Plan de la fete de la corniche

A noter également : samedi 22 septembre, intervention de Claude Labat sur la mythologie basque à 20h15 (Salle des Récollets à Ciboure) et diffusion de films à 20h30.

 

Portrait de star : la chauve-souris

Le saviez-vous ? Je suis le seul mammifère au monde à savoir voler ! Adepte du noir, j’ai élu domicile dans les Grottes Préhistoriques de Sare.

Bon, d’abord, un peu de culture. La chauve-souris est également appelée chiroptère. En grec kheir = main et pteron = aile. Je vous laisse deviner… Chiroptère = « mains ailées ». Et là je vous vois entrain d’essayer de vous souvenir des mains de Batman… non, non, mais c’est normal, prenez votre temps !

Reprenons. Il existe 1001 espèces de chauve-souris au monde (1002 avec Batman), dont 33 recensées en France, et 25 au Pays Basque ! La plus grande peut atteindre 50 centimètres d’envergure (oups), c’est la Grande noctule ! La plus petite d’entre nous, la Pipistrelle Pygmée ne fait que 20 centimètres d’envergure (ouuufff). Elle est plus légère qu’un morceau de sucre ! Et oui.

Bon, qu’est-ce que vous savez de nous ? On vit la nuit, on se cache (ou pas, attention), on émet des ultrasons, on mange des insectes, on est adaptes de l’acrobatie aérienne ! Quelques anecdotes supplémentaires pour épater vos amis :
- nos ultrasons nous permettent de repérer un fil d’un diamètre inférieur à un 10ème de millimètre !
- on mange en vol, à la vitesse de l’éclair, en attrapant nos proies (des ailes de papillon par exemple, miam !) directement avec la bouche, ou avec nos ailes, dont on se sert d’épuisette. Ingénieux, non ?
- la petite Pipistrelle peut capturer jusqu’à 3000 insectes en une nuit !

Nous sommes 12 espèces de chauve-souris dans les Grottes Préhistoriques de Sare, venez donc nous rendre visite ! Mais levez bien les yeux, si vous ne nous voyez pas forcément, nous par contre, nous vous observons…

Quand Panpi illuminait nos grottes

Eclaireur de grottes, un métier gratifiant. Interview de Pampi, qui réalise actuellement la nouvelle mise en lumière des grottes d’Isturitz et Oxocelhaya.

Panpi, expliquez-nous un peu en quoi consiste votre métier.
Mon métier… Disons que je suis électricien avant tout, mais c’est vrai que ces dernières années je me suis spécialisé dans un domaine peu connu du grand public : la mise en valeur du patrimoine, et surtout des grottes et des musées. Aujourd’hui c’est devenu une véritable passion !

Comment en vient-on à mettre en lumière des grottes ?
Et bien, j’ai presque envie de dire par hasard. Comme dans beaucoup de métiers, vous réalisez une mission pour un client qui vous donne envie de vous spécialiser.  Et au fil des années, vous acquérez une spécialisation qui devient recherchée. J’ai ainsi pu travailler l’éclairage des grottes d’Oñati, de Sare, de Posalagua, de Labastide (Hautes-Pyrénées), du gouffre d’Esparroz… Et aujourd’hui, j’ai  ça dans les tripes !

Concretions aux grottes d'Isturitz et OxocelhayaAlors, qu’est-ce que vous nous concoctez aujourd’hui aux grottes d’Isturitz et
Oxocelhaya ?
Joëlle Darricau m’a missionné pour penser une nouvelle mise en lumière des grottes. Vous savez, dans un lieu souterrain, c’est la lumière qui fait tout. Vous changez l’éclairage des concrétions et c’est toute une visite qui change ! Avec mon équipe (en fait ma fille et son gendre), nous mettons en place un nouveau scénario de visite, entièrement piloté de manière informatisée. Ce sont les guides qui piloteront la lumière, au fil de l’avancement de la visite dans la grotte.

Est-ce un peu le principe de son et lumière ?
Non, c’est différent. Le son et lumière guide de manière automatisée la visite dans la grotte. Aux grottes d’Isturitz et Oxocelhaya, c’est le guide qui est maitre de la lumière, qu’il gère à son rythme. Joëlle Darricau a souhaité privilégier le guide dans la nouvelle visite des grottes.

Alors, comment ça marche tout ça ? Quels sont vos secrets de fabrication ?
Ah, c’est tout un univers… Nous commençons par nous imprégner des lieux en restant plusieurs jours sous terre.  Ce métier est particulier car tout est basé sur la confiance de la propriétaire dans notre futur travail. Nous recensons tous les points d’intérêts de la grotte : stalactites, stalagmites, drapées, cascades, mais aussi peintures rupestres. Puis nous faisons plusieurs essais d’éclairages, jusqu’à trouver le meilleur. S’il devait y avoir un secret, ce serait celui de se mettre dans la peau des visiteurs et du guide. Nous essayons de nous projeter pour savoir ce que chaque visiteur va regarder dans la grotte.

Et vous ne vous trompez jamais ?
Et bien, jusque-là cette technique a toujours bien fonctionné ! Mais nous prévoyons toujours des câblages supplémentaires, au cas où. La durée de vie d’une visite est de 5 ans, et en 5 ans, les goûts des visiteurs changent. De l’exploitant aussi. Nous serons alors à même de programmer une nouvelle visite en changeant « simplement » les lumières.

Dernière question Panpi, quel type d’éclairage utilise-t-on pour éclairer des grottes ?
Nous utilisons des ampoules LED, qui ont l’avantage de durer 100 000 heures au lieu de 2000 avec une ampoule classique. Les ampoules LED n’émettent pas d’ultra-violets et permettent une grande variété de couleurs. Une bonne chose pour la mise en valeur d’un patrimoine naturel souterrain !

Merci Panpi, on a hâte de voir ça ! A partir de quand pourra-t-on voir la nouvelle mise en lumière ?
Nous aurons terminé fin mars 2012, dès la réouverture du site en avril, les visiteurs redécouvriront de nouvelles grottes !

Interview de Panpi Acheritogary (Heurocom), pour Sites et Musées en Pays Basque.
Mars 2012