La Rhune : repaire préféré des petits et grands êtres magiques

Le Train de la Rhune est entouré d’êtres fabuleux et d’animaux fantastiques qui vivent, évoluent et se cachent dans sa montagne. Qui sont-ils et quelles histoires fascinantes ont-ils à nous raconter ? C’est ce que nous allons vous faire découvrir.

Le Basajaun
Le Basajaun ou seigneur sauvage, est une créature imaginaire corpulente et poilue tout droit sortie de la mythologie basque. Sa carrure ainsi que son côté mythologique inspire aux habitants du Pays basque à la fois une certaine crainte et un profond respect. La légende raconte que cette créature imposante et robuste aurait été la première à cultiver la terre. Les êtres humains obtinrent le droit de faire de même en remportant le pari lancé par le Basajaun. Suite à sa victoire, le vainqueur du pari aurait volé les graines du Basajaun et serait reparti chez lui pour apprendre à son peuple à cultiver la terre.

Le berger Bettiri
Le berger Bettiri serait à l’origine du grand feu qui aurait embrasé les forêts de la Rhune. L’histoire raconte qu’il aurait été amoureux transi d’une jeune fille qui refusa de le suivre dans la montagne à cause de sa pauvreté. Pour se faire aimer de sa belle, cet amoureux déçu décida d’offrir son âme au Diable en échange d’immenses richesses. Pour ce faire une seule solution, que le serpent à 7 gueules crache tout le brasier contenu dans son corps et embrase les forêts de la Rhune. Le brasier engendré par le serpent donna naissance à des rivières d’or et d’argent qui coulèrent sur les flancs de la Rhune. Le berger trop heureux de pouvoir disposer de ses richesses, se serait précipité pour les recueillir mais termina brûlé par les flammes.

Le serpent de Feu
Le serpent de Feu est l’un des symboles forts du Pays basque de l’époque. Sa légende est comme son nom  : flamboyante  ! On raconte qu’à l’époque un feu brûlait dans les entrailles d’un serpent doté de sept têtes qui dormait sous la Rhune. Un sommeil plutôt agité, car chacun de ses soubresauts soulevait la montagne entière. De ses 7 gueules grandes ouvertes s’échappaient 7 volcans. Le feu issu de ces volcans finit par tout détruire, ce qui purifia puis vivifia la terre basque. On dit que le Pays basque serait issu de ces torrents de feux mythiques.

Mari
Mari est l’un des génies féminins les plus importants de la mythologie basque. Elle posséderait à la fois le pouvoir du feu, de la foudre, de la pluie et de la sécheresse. Très belle, cette divinité est souvent représentée avec un fil et un fuseau en main, ce qui lui vaut l’appellation de maîtresse du fil de la vie.

Les Laminak
On dit que les Laminak seraient des génies bons et bienfaisants qui habiteraient près de crevasses ou cours d’eaux comme celui de Lamuzin qui descend de la Rhune à Sare. La légende raconte que si les paysans laissaient quelques aliments près des terres à cultiver, ces créatures venaient la nuit et s’occupaient des travaux des champs en guise de remerciement. Parmi leurs activités nocturnes préférées ils compteraient aussi la construction de ponts.

Les Jentilak
Sorte d’hybrides entre les Laminak et le Basajaun, les Jentilak auraient été des bergers païens et les héros d’une légende évoquant les enterrements des derniers païens dans des dolmens et cromlechs. Et les derniers à vouer un culte aux pierres.

Ametza (le Chêne Tauzin)
Arbre basque magique par excellence, le chêne accueillait des assemblées locales sous son ombre. Les cochons de l’Antiquité se nourrissaient de ses glands, ce qui participa à développer l’excellente réputation du goût et de la qualité des jambons de Bayonne. La légende raconte que cet arbre serait une des clés de l’accession à la connaissance : sous ses feuilles nous pourrions recueillir la sagesses des anciens.

Pour en savoir plus et tenter d’élaborer une stratégie imparable pour débusquer ces petits et grands êtres magiques, rendez-vous à partir du 15 février 2014, date de la réouverture du Train de la Rhune !

 

Le train de la Rhune selon Pantxo, chef de train.

Le petit train à crémaillère rencontre un grand succès (350 000 visiteurs/an). Mais ce petit bijou que renferme l’aussi bel écrin qu’est la Rhune, n’aurait pas autant d’éclat sans la passion quotidienne qui anime ses employés. Nous avons rencontré l’un d’eux Pantxo, 21 ans, chef de train à la Rhune.

Bonjour Pantxo. expliquez-nous en quoi consiste votre métier au train de la Rhune.
Je suis chef de train. Cela consiste globalement à observer les rails et guetter s’il n’y a pas quelque chose qui pourrait bloquer le cheminement du train, et dans les cas les plus graves provoquer un accident. Comme un caillou ou encore un pottok qui se trouverait en travers. Si cela se produit, je tire la sonnette au dessus de ma tête, le train s’arrête, et je vais régler le problème. En plus de cela je dois accrocher les wagons entre eux. Et enfin j’aide les gens à descendre et monter du train, et je réponds à tout type de questions.

Que préférez-vous dans ce métier ?
L’approche avec les touristes. Rencontrer des gens qui viennent de la France entière et du monde entier pour nous voir, ça me fascine. J’aime aussi le fait de pouvoir travailler dans ma région.

Et hors saison, les périodes hivernales durant lesquelles le train ne circule pas, que faites-vous ?
L’Hiver je reste dans l’univers de la montagne. Je suis moniteur de ski.

Selon vous qu’est-ce qui différencie le petit train de la Rhune de tous les autres train, ce petit plus qui fait qu’il est unique ? 
Je dirais que la particularité de ce train est que c’est un véritable train à crémaillère. Il est ancien (89 ans) et conçu pour monter de fortes pentes (jusqu’à 48%). Même si, ici, le pourcentage maximum de pente tourne aux alentours de 27% c’est déjà beaucoup pour un train « normal ».

Est-ce que pour vous, ce train a une odeur caractéristique?
Je dirais qu’il a une odeur d’huile. Quand je m’en approche, je sens cette odeur qui flotte dans l’air. Je la sens aussi sur mes vêtements après avoir travaillé. Le soir quand je renifle mes affaires, je la sens encore. Et au delà de ça, cette odeur est parfaitement mêlé à celle de la nature.

Et l’image qui vous reste après une journée de travail ?
La vue imprenable sur le pays basque que l’on découvre petit à petit, quand le train prend de la hauteur.

Pour en finir avec les principaux sens : quel est le bruit qui représenterait en quelque sorte la marque de fabrique du petit train de la Rhune ?
Indéniablement le bruit de la crémaillère. Il est omniprésent. C’est la chanson du petit train de la Rhune en quelque sorte.

C’est la deuxième fois que nous vous voyons faire l’aiguillage. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce processus ?
Bien sûr. Nous le manipulons beaucoup. A chaque fois qu’un train part d’en bas, un autre train part d’en haut. Il y a donc un croisement inévitable sur une voie unique. Donc à mi-parcours, le train qui monte s’arrête, et nous procédons à l’aiguillage.

Vous êtes plutôt seul, là à l’avant du train, à quoi pensez-vous pendant ces demi-heures de route?
Je pense beaucoup. J’essaie de penser en priorité à mon métier, mais quelquefois j’observe certains éléments de la nature en détails. Par exemple, j’imagine des petites histoires avec les animaux de la Rhune, et je me pose quelques questions, du genre : pourquoi ce caillou a cette forme bizarre ? Qu’est-ce qui a pu faire que cette autre pierre ait un trou en plein milieu…

Depuis que vous travaillez ici, avez-vous tissé des liens avec la faune locale ? Par là nous voulons dire : avez-vous un petit préféré ? 
Je dirais que j’ai un faible pour le troupeau de Pottok qui se trouve souvent au sommet. Quand ils sont là je ne peux m’empêcher de les observer. Et c’est devenu comme un petit jeu, à chaque fois je me demande s’ils seront là. Et si je ne les vois pas j’imagine où ils pourraient bien être.

Avez-vous quelques anecdotes croustillantes à nous confier qui se sont passées depuis que vous êtes en poste ? (On est curieux)
Oui ! Celle qui me revient immédiatement est celle du troupeau de mouton qui aime bien, très tôt le matin ou en fin de journée, venir jouer sur les rails. Alors à notre approche, soit ils s’en vont naturellement, soit ils restent plantés à nous regarder. Le train doit alors s’arrêter et nous les bougeons un par un ! Toute une histoire !

Ces moutons doivent sûrement considérer qu’ils sont sur leur territoire et trouver normal de prendre leurs aises. En avez-vous d’autres concernant les voyageurs ?
Certaines fois, les voyageurs montent en train et veulent redescendre à pied. Mais ils s’imaginent que cela est facile. Alors on en voit qui descendent la Rhune en tongs. On entend souvent l’hélicoptère pour des entorses de cheville. Même pour descendre la Rhune, il faut le faire équipé ! D’autres fois, les parents perdent leurs enfants car il sont souvent distraits par les panneaux. Il faut donc partir à leur recherche.
J’en ai une autre. Des fois, nous avons des remarques des voyageurs un peu…insolites. Quand nous contrôlons les billets, au cours de la montée ou de la descente, et que nous prenons sur le fait une personne qui n’a pas de titre de transport valide, elle nous rétorque : vous allez faire quoi… me jeter dans le vide ?

Depuis que vous travaillez au Train de la Rhune qu’est-ce qui vous surprend le plus ?
Avant je pensais que tout était automatisé, notamment au niveau des mécanismes. C’est ce qui m’a surpris quand je suis arrivé, le nombre de choses qui se fait manuellement. Mais cela est finalement une bonne chose, c’est ce qui conserve l’authenticité de ce train.

Dernière question: si vous deviez expliquer ce que représente une expérience au Train de la Rhune à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler (nous ne savons pas si ça existe encore, mais imaginons) que lui diriez-vous?
Je dirais qu’ici la nature est accessible à tout le monde. Ce que je veux dire par là c’est que tout le monde peut y venir à tout âge, et même les personnes en situation de handicap peuvent se rendre au sommet. Le plaisir réside dans le fait qu’ici, on voit tout différemment, et on apprend de nombreuses choses, sur la géographie, l’histoire, la faune, la flore… c’est très complet. Et en plus, une fois au sommet on en prend plein les yeux grâce à ce panorama d’exception. C’est un véritable délice ! Moi en tout cas, je ne m’en lasse pas !

Propos recueillis le 21/08/13

Le pays qui parlait à l’oreille des chevaux

Les traditionnelles foires annuelles aux chevaux et pottoks qui se tiennent chaque hiver au Pays Basque sont l’occasion de découvrir de nombreuses races, chevaux de trait, de selle, ânes et même lamas que des éleveurs viennent proposer à la vente, mais également de vivre l’ambiance de ces événements qui relèvent de la tradition populaire.

Hélette en Novembre et Espelette en Janvier sont les deux foires les plus anciennes et les plus courues. Si Espelette est bien connue pour sa foire et ses célèbres piments, Hélette plus confidentielle mérite également le détour. Son nom signifie « lieu de troupeaux » en basque. Elle se situe à environ 300 m d’altitude au pied du Mont Baïgura sur l’antique voie romaine qui mène les pélerins de Bayonne à Saint-Jean-Pied-de-Port pour rejoindre Saint-Jacques de Compostelle. L’église d’Hélette possède d’ailleurs une statue de Saint-Jacques et de belles stèles discoïdales ainsi que des croix navarraises qui ornent son cimetière. Pour la foire qui a lieu les 24 et 25 Novembre à l’occasion de la Sainte-Catherine, éleveurs, maquignons et animaux investissent le  village. Les transactions se font évidement en basque et on conclue les affaires en se tapant dans la main.

Une place à part est évidement réservée au pottok (prononcer pottiok), ce petit cheval rustique (moins de un mètre trente au Garrot) typique du Pays Basque dont l’origine remonte à plus d’un million d’années. On peut d’ailleurs trouver des représentations de petits chevaux très similaires dans les peintures rupestres des grottes préhistoriques d’Isturitz et d’Oxocelhaya.

A cause de croisements, ce petit cheval primitif à la robe noire ou brune a bien failli disparaître et fait l’objet d’une conservation. Aujourd’hui des pottoks vivent en semi-liberté dans les massifs de la Rhune, d’Artzamendi, du Baïgura et de l’Ursuya. Il n’est pas rare d’en croiser lors de promenades en forêt. Docile, le pottok de prairie à robe pie qui nait en élevage, intéresse particulièrement les cirques et les clubs équestres car il plait beaucoup aux enfants. Il est même devenu la mascotte du club de rugby l’Aviron Bayonnais.

Si vous êtes passionné par les chevaux et si vous souhaitez découvrir le Pays Basque autrement, il existe de nombreux centres équestres ainsi que des sentiers de randonnée aménagés.

Ciel du Pays Basque : de vautours, de gypaètes et autres milans royaux

Vautour fauve, gypaète barbu, percnoptère d’Egypte, milan royal… Nous sommes les rapaces survolant les massifs montagneux du Pays Basque. Venez nous observez au-dessus des Gorges de Kakuetta et sur le massif de la Rhune… Vous serez conquis !

Vautour_FauveMon nom est Saia, je suis un vautour fauve. Après m’avoir longtemps persécuté, je suis enfin tranquille, et surtout, protégé ! Observez les petites plumes duveteuses rases de mon cou, elles sont idéales pour dénicher un bon repas dans les entrailles de mes proies. Miam ! Vous l’avez deviné, je suis plutôt gourmand. Je passe d’ailleurs la majorité de la journée à voler et surtout à planer, en quête de cadavres de moutons ou de pottoks. On a rien sans rien ! Mes ailes sont immenses, c’est tout du moins l’effet qu’elles donnent, ma tête et ma queue paraissent toutes petites à côté. Cela dit, j’atteins tout de même jusqu’à 2,65m d’envergure. Qui dit mieux ?

Percnoptère d'Egypte : Crédit Photo Bruno Berthémy Observez-moi bien car vous ne me verrez pas toute l’année. Je ne survole le Pays basque  que de mars à début septembre. Après cela, direction l’Afrique et les pays chauds, à 3500 km de là ! Je suis le Percnoptère d’Egypte, le plus petit des vautours d’Europe. Si mon grand frère est gourmand, moi aussi je le suis, mais pas forcément de la même chose… Je me régale d’excréments d’animaux divers et variés de la montagne basque ! Et bien quoi ? Tous les goûts sont dans la nature… Au Pays basque, on aime à m’appeler Behibideko andere xuria (Dame Blanche du chemin des vaches), sans doute à cause de ma silhouette noire et blanche. Les Béarnais, eux, m’appellent quelquefois Marie Blanque, comme le col. Bon, pourquoi pas.

gypaete-barbu-credit-richard-bartz-munichJe suis beau et je le sais. Je suis rare aussi, et c’est pour toutes ces raisons que l’on me protège, qu’on me chouchoute. Admirez ma petite barbichette typique sous mon bec. N’est-elle pas… classe ? Ah, j’ai oublié de me présenter. Je suis le Gypaète barbu. Ben oui, barbu… vous comprenez maintenant ? Donc, je disais que j’étais beau, rare, ah et j’ai un surnom : le casseur d’os. Ah oui, ça fait froid dans le dos. Mais n’ayez crainte, je ne m’attaque qu’aux carcasses, et surtout celles abandonnées par mes collègues charognards. Mon truc, c’est de monter haut, très haut, et de laisser tomber les os sur des rochers, pour mieux les briser… et les ingurgiter ! Astucieux, non ?

Milan Royal - Photo : Christian AussaguelMa longue queue rousse échancrée et mon plumage roux taché de blanc fait de moi un oiseau plutôt séduisant, il faut l’avouer. Mais j’avoue aussi que j’ai tendance à effrayer ! J’entends qu’on dit de moi que je suis un pirate de l’air… c’est vrai que je me nourris de manière assez opportuniste ! Je la joue un peu perso quand j’ai faim, et si j’y parviens, je n’hésite pas à piquer leurs proies aux plus petits que moi ! Mais bon, de là à dire que je suis sans foi ni loi… Je parle, je parle, mais savez-vous au moins qui je suis ? Et oui, vous avez vu juste, je suis le milan royal. Enchanté de faire votre connaissance.

+ Venez observer ces superbes rapaces dans les plus belles zones sauvages du Pays Basque : dans les Gorges de Kakuetta, et sur le massif de la Rhune.
+ Jusqu’au 31 octobre 2012, la Rhune vous invite à découvrir les secrets de la migration.

 

Le pottok, petit cheval basque

Petit, mais mignon ! C’est comme cela qu’on a envie de définir le pottok, ce petit cheval semi-sauvage que l’on croise partout dans les montagnes du Pays Basque. Mais qui est-il vraiment ? Faisons connaissance…

Petit cheval ressemblant à un pottok aux grottes d'Istuitz et OxocelhayaLe pottok (s’écrit aussi pottock) a une origine très ancienne. Il possèderait des similitudes morphologiques avec les chevaux peints sur les parois de grottes retrouvées au Pays Basque  (grottes d’Ekain mais aussi d’Isturitz et Oxocelhaya). Tandis que certains chercheurs lui attribuent des origines dans le Sud-Ouest de l’Europe datant de plus d’un million d’années, d’autres lui garantissent des liens de parenté évidents avec le cheval mongol de Przewalski. Mystère…

Avec sa robe noire, bai ou alezane, le pottok vit le plus souvent en montagne à l’état sauvage, en semi-liberté. Vous le croiserez facilement lors de vos balades et randonnées dans les provinces du Labourd, sur les pentes de la Rhune par exemple.

Pottoks au Pays BasqueAvec son petit gabarit, il est plutôt attachant. En montagne, il ne dépasserait pas les 1,32 mètres, ce qui en fait plus un poney qu’un cheval, bien que pottok veuille dire « petit cheval » en basque. Doté d’une grande rusticité et d’une endurance à toute épreuve, il monte et descend les montagnes basques tout au long de l’année en s’adaptant parfaitement à son environnement.

Mais le pottok n’a pas toujours été en liberté dans les montagnes. Son gabarit a incité autrefois les paysans à l’utiliser pour les aider dans leurs travaux d’agriculture, avant d’être envoyés dans les mines de charbon au 19ème siècle et même dans les cirques ! Heureusement aujourd’hui les pottoks ont retrouvé une fonction plus saine : entretenir naturellement la montagne en jetant, quand le temps le permet, un coup d’œil sur la mer…

+ Pour croiser des pottoks, vous pouvez vous rendre sur la montagne de la Rhune, ou faire une randonnée du côté des monts Ursuya, Baigura, Artzamendi, Mondarrain… et dans bien d’autres coins !

 

Mythique montagne de la Rhune

Premier contrefort des Pyrénées, on la contemple depuis l’océan, on y grimpe à pied ou en petit train. Découverte de la Rhune, incontournable au Pays Basque !

Il y a très très longtemps, La Rhune était recouverte de forêts
Des forêts de hêtres, comme dans de nombreux endroits au Pays Basque, mais de chênes également. On parle d’il y a 8 à 10 000 ans… Aujourd’hui, elles ont disparu ! Le climat océanique chargé d’humidité a eu raison des forêts et de leur sous-bois. Autrefois tapissés de mousse et parsemé de lichens, le sous-bois abritait des espèces appréciant la fraîcheur telles que la salamandre tachetée ou l’armillaire couleur de miel.

Larrun vient de « larre », qui veut dire « lande »
Suite de l’histoire… Les hommes (et oui, il faut bien qu’ils arrivent à un moment dans l’histoire) ont modifié le paysage originel de la Rhune. Ils y ont planté des boisements artificiels de pins, de mélèze et de cyprès. Partout ailleurs, c’est la lande, propice au pâturage, qui s’est installée. Cette dernière doit son existence à l’association de l’homme, du feu et de la brebis. Depuis des milliers d’années, pour faire reculer la forêt et entretenir les pâturages, les éleveurs incendient les pentes du massif à la fin de l’hiver. C’est l’écobuage, qui peut impressionner lorsqu’on se balade au printemps aux abords des montagnes basques.

Mais que reste-t-il alors ?
Des fougères, de la bruyère, des ajoncs et des graminées… la végétation typique de la lande, qui s’accomode d’un sol pauvre et érodé, issu de la déforestation. La lande a remplacé les arbres et pris le pas sur les anciennes forêts. Et comme on peut s’en douter, les brebis se chargent de maintenir cette végétation basse, où se cachent le tarier pâtre et la fauvette pitchou.

 

 

Des dolmens et des cromlechs constellent la Rhune !
Et oui, peu de gens le savent. Les éleveurs habitants du site érigeaient autrefois ces monuments de pierre pour pratiquer leurs enterrements. Avec ses 24 dolmens, le massif de la Rhune est le plus riche de tout le pays basque ! Le cromlech est plus récent (-2000 à 0 av. J.C.). On trouve encore sur la Rhune 11 de ces anciens cercles de pierre destinés à déposer des restes d’incinération.

Revenons un peu à nos moutons… 
Oui, enfin à nos brebis plutôt. Sur la montagne de la Rhune, le pastoralisme est roi, tant sur le plan économique que culturel. Tout le monde connaît le fameux fromage labellisé Ossau-Iraty, qui fait vivre nombre d’agriculteurs locaux. Sur la montagne, les troupeaux de brebis manex côtoient de petits groupes de pottoks. Vous en apercevrez partout sur la Rhune. Descendant peut-être du cheval de Przewalski, cette race de poneys rustiques paisse en semi-liberté sur les pentes de la Rhune.

Les « faceries », des farces de bergers ?
Non, pas tout à fait. Il s’agit plutôt d’accords ancestraux qui perdurent encore entre les bergers des deux cotés de la frontière, destinés à partager les sources et les estives de la montagne. Le saviez-vous ?

La Rhune propice à l’imagination et aux légendes
Comme partout au Pays Basque ! On est presque sûr que les rochers de la Rhune reçoivent encore la visite de la déesse Mari. Celle-ci aurait un pouvoir permettant de commander des tempêtes et les forces de la nature. Au sommet de la Rhune, laissez-vous un instant bercer par le vent et laissez libre cours à votre imagination… Vous entendrez à coup sûr Heren Suge, le serpent qui traverse les airs dans un tourbillon incandescent pour se jeter dans l’océan en rasant les crêtes du massif (brrrr). Et puis si l’envie vous prend de visiter la Rhune de nuit, surveillez chaque bosquet, derrière l’un d’entre eux se cache souvent un laminak, petit être bienfaisant adepte des virées nocturnes au Pays Basque !

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+ Pour visiter la montagne de la Rhune, empruntez le petit train.
+ Pour voir des dolmens et des cromlechs en marchant, promenez-vous sur le massif de la Rhune.
+ Pour voir des dolmens et des cromlechs sans vous fatiguer, visitez le musée archéologique des Grottes de Sare
+ Pour en savoir plus sur les légendes et la mythologie basque, visitez les grottes de Sare, la maison Ortillopitz, l’Ecomusée Basque ou le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne.