Le plus célèbre des corsaires basques se livre en exclusivité aux journalistes de Sites et Musées!

Inédit! Le corsaire le plus célèbre du pays basque revient sur l’épisode de sa vie qui l’a rendu célèbre: celui du village de Barios.

Depuis 1961, le nom du Coursic est sur toutes les lèvres. D’où vous vient ce surnom?
Morbleu! C’est évident! C’est le surnom affectueux que me donnent les gens d’ici. Ça signifie le petit corsaire. Petit… c’est mal me connaître!

A qui, ou à quoi, devez-vous cette célébrité?
A moi d’abord, parce que je suis loin d’être un marin d’eau douce! Et puis, il faut avouer, à Louis XIV et au Duc de Gramont qui, après avoir entendu partout que j’étais un vaillant militaire et un prudent marin, ont fini par me donner ma chance. En 1691, je suis donc passé de simple marin de la marine marchande à capitaine de la frégate La Légère. Suite à cela, je reçus l’autorisation de faire la course contre les ennemis du roi. Et voilà devant vous, ce vieux loup de mer de Johannes de Suhigaraychipis, dit Coursic, le corsaire que les Espagnols et les Hollandais ont en terreur.

Et comment avez-vous bâti cette réputation terrifiante auprès de vos ennemis?
De par mes multiples prises, d’une part, et surtout, grâce à la plus jolie action du monde (c’est pas moi qui le dit, c’est le Duc de Gramont). Ce jour où, je parvins à ramener une flûte hollandaise chargée de fer, de piques d’armes et de safran. Selon les dires des experts, il y en avait, en tout et pour tout, pour plus de cent mille francs. On peut dire que je siphonnais toutes leurs richesses, sans forcer.

Dites nous-en plus sur l’épisode dont tout le monde parle, celui du village de Barios.
Ah celui là! Ben il se trouve que l’on faisait route vers Saint-Jean-de-Luz pour nous ravitailler en eau et en biscuit après un long périple. Tout se passait bien, nous longions tranquillement les côtes portugaises, jusqu’à ce qu’une terrible tempête éclate. Nous étions dans l’impossibilité de continuer notre voyage et les réserves diminuaient à vue d’œil. Nous en arrivâmes même à un stade, où nous devions maintenir notre hydratation à coup de boujaron (ndlr: ration d’eau de vie). Nous n’eurent plus le choix, il fallut se rapatrier de toute urgence chez ces gibiers de potence espagnols. Et obtenir des vivres de gré ou de force!

Une aventure palpitante! Et que s’est-il passé ensuite?
Nous y avons envoyé des éclaireurs. Notre demande était simple. Des vivres, et en échange, nous leur laissions la vie sauve. Ce à quoi, étrangement, ils répondirent favorablement. Nous y envoyâmes donc quelques mathurins supplémentaires (ndlr: matelots) afin de pouvoir se ré-approvisionner. Mais je me méfiais tout de même.

Et votre pré-sentiment s’avéra juste?
Je ne me trompe jamais. A peine les canots débarqués, ils accueillirent les nôtres à coup de pétoire (ndlr: mauvais fusil). Et comme vous me connaissez, je ne pouvais pas en rester là. Voyant de mon bateau ce qui se passait, je rappelai mes hommes, et après nous être concertés, nous débarquâmes à 80, sous couvert de notre canon. Je leur donnai ordre de ne tirer qu’à bout portant. Tout se passa comme prévu, et l’on ne fit qu’une bouchée de ces capons (ndlr: poltrons, lâches).

Et comment se finit l’histoire?
Nous ne fîmes pas de quartier! (ou presque). Et nous nous apprêtions à mettre le feu à tout ce qui restait pour leur faire payer à ces gredins! C’est alors que le curé du village  débarqua, armé d’un crucifix et accompagné des femmes éplorées et des enfants criants. Ils me supplièrent, et à genoux s’il vous plaît, d’épargner leurs vies. Ce que je fis. Je suis un corsaire certes, mais il me reste un peu de compassion. Je n’ai cependant pas perdu le nord et me suis empressé de faire signer un traité au curé, et aux principaux notables du lieux, qui les obligeait à fournir assistance, en termes de subsistance, à un navire français, à chaque fois qu’il se trouverait bloqué à Barios à cause du mauvais temps (ou pour toute autre raison d’ailleurs). Et ça les obligeait à aller à l’encontre du principal commandement du roi d’Espagne: « ne jamais donner assistance à un Français ». Je crois que je les ai bien eu, foi de Coursic!

Pour en savoir plus sur ce célèbre corsaire, rendez-vous au Musée Basque et de l’histoire de Bayonne. Et pour avoir plus d’informations sur son principal outil de travail: rendez-vous à la Cité de l’Océan.

 

 

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