Quand Panpi illuminait nos grottes

Eclaireur de grottes, un métier gratifiant. Interview de Pampi, qui réalise actuellement la nouvelle mise en lumière des grottes d’Isturitz et Oxocelhaya.

Panpi, expliquez-nous un peu en quoi consiste votre métier.
Mon métier… Disons que je suis électricien avant tout, mais c’est vrai que ces dernières années je me suis spécialisé dans un domaine peu connu du grand public : la mise en valeur du patrimoine, et surtout des grottes et des musées. Aujourd’hui c’est devenu une véritable passion !

Comment en vient-on à mettre en lumière des grottes ?
Et bien, j’ai presque envie de dire par hasard. Comme dans beaucoup de métiers, vous réalisez une mission pour un client qui vous donne envie de vous spécialiser.  Et au fil des années, vous acquérez une spécialisation qui devient recherchée. J’ai ainsi pu travailler l’éclairage des grottes d’Oñati, de Sare, de Posalagua, de Labastide (Hautes-Pyrénées), du gouffre d’Esparroz… Et aujourd’hui, j’ai  ça dans les tripes !

Concretions aux grottes d'Isturitz et OxocelhayaAlors, qu’est-ce que vous nous concoctez aujourd’hui aux grottes d’Isturitz et
Oxocelhaya ?
Joëlle Darricau m’a missionné pour penser une nouvelle mise en lumière des grottes. Vous savez, dans un lieu souterrain, c’est la lumière qui fait tout. Vous changez l’éclairage des concrétions et c’est toute une visite qui change ! Avec mon équipe (en fait ma fille et son gendre), nous mettons en place un nouveau scénario de visite, entièrement piloté de manière informatisée. Ce sont les guides qui piloteront la lumière, au fil de l’avancement de la visite dans la grotte.

Est-ce un peu le principe de son et lumière ?
Non, c’est différent. Le son et lumière guide de manière automatisée la visite dans la grotte. Aux grottes d’Isturitz et Oxocelhaya, c’est le guide qui est maitre de la lumière, qu’il gère à son rythme. Joëlle Darricau a souhaité privilégier le guide dans la nouvelle visite des grottes.

Alors, comment ça marche tout ça ? Quels sont vos secrets de fabrication ?
Ah, c’est tout un univers… Nous commençons par nous imprégner des lieux en restant plusieurs jours sous terre.  Ce métier est particulier car tout est basé sur la confiance de la propriétaire dans notre futur travail. Nous recensons tous les points d’intérêts de la grotte : stalactites, stalagmites, drapées, cascades, mais aussi peintures rupestres. Puis nous faisons plusieurs essais d’éclairages, jusqu’à trouver le meilleur. S’il devait y avoir un secret, ce serait celui de se mettre dans la peau des visiteurs et du guide. Nous essayons de nous projeter pour savoir ce que chaque visiteur va regarder dans la grotte.

Et vous ne vous trompez jamais ?
Et bien, jusque-là cette technique a toujours bien fonctionné ! Mais nous prévoyons toujours des câblages supplémentaires, au cas où. La durée de vie d’une visite est de 5 ans, et en 5 ans, les goûts des visiteurs changent. De l’exploitant aussi. Nous serons alors à même de programmer une nouvelle visite en changeant « simplement » les lumières.

Dernière question Panpi, quel type d’éclairage utilise-t-on pour éclairer des grottes ?
Nous utilisons des ampoules LED, qui ont l’avantage de durer 100 000 heures au lieu de 2000 avec une ampoule classique. Les ampoules LED n’émettent pas d’ultra-violets et permettent une grande variété de couleurs. Une bonne chose pour la mise en valeur d’un patrimoine naturel souterrain !

Merci Panpi, on a hâte de voir ça ! A partir de quand pourra-t-on voir la nouvelle mise en lumière ?
Nous aurons terminé fin mars 2012, dès la réouverture du site en avril, les visiteurs redécouvriront de nouvelles grottes !

Interview de Panpi Acheritogary (Heurocom), pour Sites et Musées en Pays Basque.
Mars 2012

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